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Cout du travail

Publié le 11 mars 2017 par Malesherbes

Régulièrement, je rencontre dans les médias l’expression « le coût du travail », expression qui m’irrite profondément. En effet, avez-vous jamais entendu parler du coût du pétrole ? Sans doute pas. Pourquoi ? Parce qu'on ne connaît que le prix du pétrole. On considère qu’il s’agit d’un fait de nature, dont il faut s’accommoder, tandis qu’il appartient au salarié de s’accommoder de son salaire. On observera que les entreprises font face à des variations du simple au double du prix du pétrole sans sourciller tandis qu’une augmentation minime des salaires menace leur rentabilité, voire leur existence.

Pour exercer son activité, une entreprise doit utiliser des ressources : des matières premières, de l’électricité, du gaz, du pétrole, des outils, des machines, etc. Mais, aussi, dans la plupart des cas, un entrepreneur ne peut rien produire tout seul. Il lui faut s’adjoindre des personnes qui lui fourniront leur force de travail. Il y a quelque temps, j’entendais Charles Beigbeder se flatter d’avoir donné du travail à de nombreuses personnes. Erreur,  il n’avait rien donné. Il avait tout simplement acheté du travail. Dans le monde marchand, c’est le plus souvent le vendeur qui fixe les prix, pas l’acheteur. Mais pas pour le travail.

Les mots ne sont pas innocents : le coût est une chose que l’on subit, c’est l’arrachement, du cœur et du foie de celui qui l’acquitte. Un prix, c’est le résultat d’un équilibre entre les besoins des deux parties. Remarquons toutefois que le vendeur n’a pas une totale liberté pour fixer ses prix. Ceux-ci sont déterminés par la loi de l’offre et de la demande

C’est ici qu’on peut observer un curieux phénomène. Pour améliorer les résultats d’une entreprise, deux voies sont disponibles : augmenter les recettes ou diminuer les dépenses. La première est malaisée, lente, réclame du talent, en un mot cet esprit d’entrepreneur, si répandu chez ceux qui exercent ce beau métier. La seconde, plutôt que de s’attaquer aux prix des ressources, consiste à tailler dans les effectifs, d’où une réduction immédiate des dépenses. Et comme, pour un repas, quand il y en a pour dix, on peut manger à onze, dix salariés menacés dans emploi peuvent facilement abattre le travail de onze, voire de douze. 

L’intérêt de ces pratiques est que, le chômage raréfiant le travail disponible, la loi de l’offre et de la demande fait baisser le prix du travail et favorise la docilité des salariés. Tout bénéfice !


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