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La PEAU, un organe qui parle – Jean-Michel Lecerf / Chef du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille

Publié le 02 avril 2017 par Santelog @santelog

Combien de fois avons-nous entendu des patients, en demande par rapport à leur poids, confier : " Je suis mal dans ma peau " . Bien sûr il faut le prendre au figuré, au même titre que les rhumatologues ont l'habitude d'entendre leurs lombalgiques s'écrier " J'en ai plein le dos " . Cependant, dans les deux cas, ce message témoigne du lien fort qui existe entre le somatique et le psychique, dans les deux sens somatique / psychique. Avec les dermatoses (des parties découvertes du corps), l'obésité est une des rares maladies où le secret professionnel n'existe pas. La peau s'affiche, le poids s'étale, malgré les manœuvres de camouflage. Ainsi le regard des autres, s'il est peu bienveillant, participe à la souffrance de celui qui est " mal dans sa peau " et s'expose.

La PEAU, un organe qui parle – Jean-Michel Lecerf / Chef du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille
La peau de l'obèse n'est pas seulement vue, c'est aussi l'organe de l'interface, du contact et donc du toucher. Or un grand nombre de patients, des femmes surtout, en obésité morbide notamment, se sont forgées une carapace, objet de défense, mais surtout de protection. Tout un travail de réhabilitation psychique pour se laisser toucher, c'est-à-dire pour s'accepter et retrouver confiance en soi est nécessaire.

C'est pourquoi soins esthétiques et corporels, voire chirurgie plastique et réparatrice, font partie du traitement. Cette dimension physique et corporelle, du toucher et du soin, est un des bienfaits du thermalisme.

Mais la peau de l'obèse reflète aussi l'intérieur métabolique et nutritionnel.

Mais le stigmate le plus caractéristique de l'insulinorésistance est l'acanthosis nigricans (étymologiquement " écailles noires " ) : il s'agit d'une hyperkératose hyperpigmentée des plis (aisselles) et de la nuque, ressemblant à de la crasse. La rechercher et l'identifier signent à coup sûr une insulinorésistance sévère, en partie ou totalement génétique (par mutation du récepteur de l'insuline ou présence d'anticorps antirécepteurs à l'insuline).

Enfin l'hydranite suppurée, constituée de lésions nodulaires des grands plis, siège des glandes sudorales apocrines, et évoluant vers des abcès est également associée à une insulinorésistance.

Tout un travail de réhabilitation psychique pour se laisser toucher est nécessaire.

Cet inventaire non exhaustif montre l'importance de l'examen clinique car la peau est vraiment un organe qui parle !

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