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Le docteur Pascal Grellety-Bosviel a refermé son dernier carnet de mission

Publié le 03 avril 2017 par Frédéric Joli

Le docteur Pascal Grellety-Bosviel a refermé son dernier carnet de missionPascal Grellety-Bosviel est mort hier, serein, sans douleur et entouré des siens m’a textoté son fils, Emmanuel. « Babou Pascal », « Pascalou », « Docteur Pascal » est passé de l’autre côté. Il était un pur, pas un dur, un engagé, pas un enragé. Il a incarné la geste humanitaire, la main tendue à la victime, la passion de l’autre, l’affection du médecin pour son patient, la médecine ancillaire, domestique palliant souvent l’absence de moyens par l’imagination, le Système D. « L’important sur le terrain, c’est d’être heureux, heureux de ce que l’on fait, heureux du combat que l’on mène ». C’est ainsi qu’il tenait le coup pour tutoyer l’enfer du Biafra, du Timor, du Cambodge, du Liban ou encore du Rwanda.

Le docteur Pascal Grellety-Bosviel a refermé son dernier carnet de mission

Pascal, tu es l’un des rares médecins humanitaires a avoir consacré autant de temps au terrain et à la guerre. 50 ans à partir de 1964 avec le CICR, avec Médecins Sans Frontières (dont il est l’un des fondateurs), avec Médecins du Monde mais aussi avec la Croix-Rouge Française, Action contre la Faim ou encore Première Urgence-Aide Médicale Internationale…

Et puis, il nous reste tes carnets, les fameux carnets de « Babou Pascal ». 70 recueils, collection unique d’aquarelles, de dessins, de photos et de textes manuscrits couvrant 50 années de conflits armés…

Le docteur Pascal Grellety-Bosviel a refermé son dernier carnet de mission
Il nous reste aussi tes mémoires (*) parues grâce au CICR, les sujets vidéos tourné dans ton salon, tes carnets audio sur France Culture, les soirées apéros à refaire le monde et défaire celui d’un humanitaire que tu ne comprenais plus car trop empreint de chiffres et de technocratie, cet humanitaire que tu aurais tant aimé « réhumaniser ». Pascal, merci d’être venu, toi le modeste et l’enthousiaste, le tolérant et le courageux, le poète et l’opiniâtre à l’indéfectible humanisme. Merci aussi de m’avoir permis d’être l’un de tes kornaks tout au long de ces 10 dernières années.

Bon vent à toi camarade et comme on plaisantait à chacun de nos au revoir : « On les aura ! »

(*) Tout une vie d’humanitaire – Pascal Grellety-Bosviel – Sophie Bocquillon – 2013 – Editions Elytis.


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