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Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Echos" (texte intégral)

Publié le 13 avril 2017 par Sylvainrakotoarison

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Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Echos"
Le temps des simples " déclics " est malheureusement passé pour l'économie française : ce dont la France a besoin, c'est d'une transformation profonde, je dirais presque d'une révolution. Mon projet est le seul qui soit suffisamment radical pour nous sortir de l'ornière économique creusée par le quinquennat de François Hollande et de son inspirateur, Emmanuel Macron. Nous n'avons plus une minute à perdre. La conjoncture économique mondiale est favorable, nos voisins ont su en tirer profit - en 2016, la croissance allemande a atteint 1,9%, celle de l'Espagne devrait être de 3,2%, celle du Royaume-Uni de 1,8%. La France, elle, peine à atteindre 1,1%. Les socialistes vont laisser le pays dans une situation catastrophique. Le déficit public n'est pas maîtrisé, la dette s'envole à près de 2 200 Mds€ et le taux de chômage stagne autour de 10%. Les normes s'ajoutent aux normes, les taxes s'ajoutent aux taxes pour asphyxier petit à petit nos entreprises et décourager nos travailleurs. Sur le plan économique comme sur beaucoup d'autres, le quinquennat qui s'achève est un immense gâchis, une succession d'opportunités manquées et d'errements politiques coupables. Il n'y a jamais eu de cohérence au sommet de l'Etat, sinon celle d'une synthèse molle qui restera la marque de fabrique du hollandisme. Son héritier, Emmanuel Macron, a pour seule ambition de plaire à tout le monde. Cette politique de l'immobilisme paralysera le pays pour cinq années de plus. Nos concitoyens le ressentent, la France ne peut pas se permettre un quinquennat de plus pour rien : notre mode de vie lui-même est menacé par la concurrence internationale et l'attrition de notre tissu industriel. Quant aux autres candidats, ils ont des projets économiques plus fous les uns que les autres. Madame Le Pen souhaite une sortie de l'Euro, qui serait catastrophique pour le pouvoir d'achat des Français et appauvrirait considérablement le pays. Messieurs Hamon et Mélenchon se complaisent dans les rêveries irresponsables de la gauche française : toujours plus de dépense - donc plus de dette -, et toujours moins de travail.
Face à ces folies ou à ces renoncements annoncés, je me présente devant les Français avec le seul projet économique responsable et crédible pour redresser le pays. Ma priorité est de rendre à l'Etat des marges de manœuvre, pour remettre notre économie sur le chemin de la croissance et, surtout, rendre aux Français pouvoir d'achat et emplois.
Tous les pays qui réussissent le montrent : une réforme énergique de l'Etat et des finances publiques permet de baisser les impôts et de libérer les acteurs privés. Dès les premiers mois du quinquennat, j'engagerai la réduction du déficit public avec l'objectif d'atteindre l'équilibre en 2022 et de commencer à résorber une dette qui a atteint des niveaux insupportables. C'est une question de souveraineté : je ne supporte pas que notre pays soit à ce point à la merci des banques et des marchés. Pour sortir de cette situation intenable, je baisserai immédiatement les dépenses publiques et ordonnerai une revue complète du rôle et des missions de l'Etat et des administrations publiques.
Cette nécessaire refonte de l'Etat s'accompagnera d'une libération de nos travailleurs et de nos entreprises du carcan normatif qui les étouffent. Je ferai sauter les principaux verrous aux initiatives et aux embauches : fin des 35 heures, refonte du code du travail, relèvement des seuils sociaux, plafonnement des indemnités prudhommales, suppression du compte pénibilité, encouragement du dialogue social avec de nouvelles règles pour les élections professionnelles... Il faut donner de l'air à ceux qui créent de la richesse, remettre l'initiative privée au cœur de notre modèle économique, renouer avec le plein emploi.
Libérer les énergies c'est également alléger le poids de la fiscalité, qui n'a jamais été aussi lourd dans l'histoire récente de notre pays. Mon projet est aussi celui de la rupture fiscale. Pour les entreprises, d'abord, afin de leur rendre la compétitivité dont elles ont besoin pour croître et embaucher. Je baisserai les charges de 25 milliards d'euros et je ramènerai progressivement l'impôt sur les sociétés vers la moyenne de l'Union Européenne c'est-à-dire 25%. Je mettrai en place un taux unique d'imposition à 30% sur les revenus du patrimoine. Je supprimerai l'ISF, cet impôt qui n'existe dans aucun autre pays, car c'est un préalable indispensable pour rétablir l'attractivité de notre économie ! Pour les ménages ensuite, par la diminution des charges salariales qui redonnera du pouvoir d'achat aux salariés, par le développement de l'intéressement dans les petites entreprises, par le relèvement du plafond du quotient familial et par le rétablissement de l'universalité des allocations familiales.
Cette refondation fiscale de grande ampleur ne pourra être menée que si nous avons le courage de faire les réformes que toutes les grandes économies du monde ont faites il y a des années. Le passage à 65 ans de l'âge légal de la retraite est à la fois juste et indispensable pour maintenir la soutenabilité de notre modèle et le pouvoir d'achat des retraités. Le passage progressif aux 39 heures dans les fonctions publiques permettra de revoir leur organisation avec un seul objectif : une meilleure efficacité et un meilleur service public. Le redressement des comptes de l'assurance chômage et la maîtrise des dépenses de santé, enfin, assureront la pérennité de notre modèle social et une protection efficace pour tous les Français.
Mon projet pour la France est à la fois ambitieux et crédible. Il a fait l'objet d'une consultation large avec des professionnels de tous les secteurs. Et il est financé à l'euro près. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec un projet qui ne fera pas porter à nos enfants demain le fardeau intolérable de nos dépenses d'aujourd'hui. Je suis le seul qui se présente devant les Français avec la détermination d'en finir avec une fiscalité punitive, qui étouffe les entreprises et les travailleurs. Je suis le seul, enfin, qui se présente devant les Français avec le courage de réformer vraiment, contre les outrances dangereuses des extrêmes et les demi-mesures du hollando-macronisme.
François Fillon, le 13 avril 2017 dans "Les Echos".
Source : www.fillon2017.fr


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