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La smart city de demain sera verte et durable

Publié le 25 avril 2017 par Pnordey @latelier

À mesure que les populations prennent conscience de la nécessité de sauvegarder l’environnement, les start-up apportent leur pierre à l’édifice et proposent des solutions technologiques vertes. Focus sur celles qui ont pitché à South by Southwest (SXSW).

La smart city de demain sera verte et durable

L’initiative pour lutter contre le changement climatique, de l’Administration Obama, avait comme objectif de réduire les émission de CO2 de 32% en-dessous du niveau de 2005, d’ici à 2030. Utiliser des énergies vertes est le meilleur moyen d’y parvenir. Ce plan a été remis en cause par l’actuel président américain qui privilégie des énergies traditionnelles et polluantes comme le charbon. Mais certains États se sont fixés des objectifs plus ambitieux et ont bien l’intention de s’y tenir coûte que coûte.

La Californie en fait partie. 50% de son électricité devra provenir d’énergies propres d’ici à 2030, un but facilement atteignable d’après plusieurs scientifiques. Le président de l’assemblée législative locale (California State Senate), a même récemment proposé d’aller plus loin : il voudrait que 100% de l’électricité de l’État soit produite par des énergies vertes comme le vent ou le solaire, d’ici à 2045.

Et pour atteindre cet objectif écologique, la Californie peut compter sur les start-up. Dans le domaine de l’eau, de l’énergie ou du recyclage, elles sont de plus en plus nombreuses à proposer des solutions innovantes et propres. Tour d’horizon de start-up prometteuses dans le secteur des cleantech, dont certaines ont pitché au festival Interactive de South by Southwest (SXSW) à Austin (Texas).

De l’utilité du recyclage pour une smart city durable

Il y a quelques années déjà, San Francisco est devenue la ville modèle du “zéro déchet” - cette pratique qui consiste à ne rien gaspiller et donc tout recycler ou composter - en s’imposant de le devenir pleinement d’ici à 2020. Certaines jeunes pousses se sont inspirées de cette idée pour innover.

Présente au SXSW, Smarter Sorting propose une solution intelligente pour trier ses déchets et plus particulièrement les produits d’entretien. La start-up originaire d’Austin ambitionne de faire économiser beaucoup d’argent aux villes avec sa technologie destinée aux centres de tri. Le logiciel permet d’affecter avec une grande précision les produits ménagers jetés et de récupérer ce qui peut être réutilisé par des entreprises intéressées. Le robot lit le code-barre du produit et passe en revue la composition chimique pour déterminer les réglementations qui s’y attachent et les applications possibles.

D’après les chiffres partagés, l’incinération de déchets contenant des substances chimiques coûte aujourd’hui 1,4 milliards de dollars aux municipalités. Réduire la quantité revient à réduire la facture et contribue à protéger l’environnement.

La start-up Smart Sorting améliore le tri des déchets

La start-up Smarter Sorting améliore le tri des déchets. Source : Smarter Sorting

 

Le problème du tri des déchets étant (au minimum) national, le marché est important et la jeune pousse prometteuse. Plusieurs pilotes sont en cours aux Etats-Unis et le lancement national est prévu pour le mois d’août.

Autre technologie du recyclage, Spoiler Alert. L’objectif de cette jeune pousse est d’éviter le gaspillage alimentaire. Et il y a du travail puisqu’aujourd’hui près d’un tiers de toute la nourriture produite dans le monde serait jetée ou gaspillée, d’après un rapport de l’UNEP et du World Resources Institute. Ce gaspillage s’élèverait à un milliardbillion de dollars.

Pour y remédier, la start-up met donc en relation les producteurs, fermes, supermarchés, restaurants, entreprises de logistique, banques alimentaires et ONG grâce à sa plateforme, pour leur faciliter la gestion de stocks de nourritures. Les donateurs (ou vendeurs à moindre coût) et les receveurs s’accordent et chacun est gagnant. Les premiers aussi puisqu’ils bénéficient de réduction de taxes pour les dons de nourriture et économisent les dépenses qu’ils auraient engagé pour se débarrasser du surplus. Les producteurs peuvent aussi cibler les personnes susceptibles d’être les plus intéressées si leurs produits sont abîmés comme les vendeurs de jus ou de soupe pour qui l’apparence des fruits n’a que peu d’intérêt.

Les cofondateurs se sont rencontrées pendant leurs études au MIT, et ont depuis gagné le MassChallenge et ont été sélectionné par l’accélérateur Techstars Boston à l’été 2016. Depuis, ils poursuivent sur leur lancée et envisagent d’élargir les options des donateurs en intégrant d’autres entreprises sur leur plateforme. Potentiellement des producteurs d’énergie propre dérivés des plantes par exemple.

Outre le recyclage, l’utilisation d’énergie propre peut aussi être synonyme d’économie et d’écologie.

L’eau, le feu, le soleil… maîtriser les éléments pour une smart city plus verte

La Californie est friande d’énergie solaire. Pour la première fois cette année, pendant quelques heures le 11 mars, la moitié de l’électricité utilisée provenait d’énergie solaire, selon US Energy Information Administration. Une étape importante sur la route du tout-solaire.

Si l’on en croit Solstice Initiative, près de 90 millions de foyers américains ne peuvent pas avoir accès à l’énergie solaire aujourd’hui, parce qu’ils sont locataires de leur logement, n’ont pas les moyens ou n’ont pas de toit ensoleillé. C’est justement à eux que s’adresse la  jeune pousse. Sa solution ? Un panneau solaire partagé par une communauté.

La start-up identifie une organisation susceptible d’héberger les panneaux solaires et d’en partager les fruits avec les personnes avoisinantes intéressées, moyennant finance, comme une école, un lieu de travail ou de culte. Solstice administre le “jardin solaire” et fait le lien avec la compagnie d’électricité pour s’assurer que chacun en profite. La jeune pousse était finaliste au concours de pitch du SXSW.

Des panneaux solaires accessibles à tous

Solstice administre les “jardins solaires”. Source : Solstice

Le soleil est source d’énergie mais peut parfois provoquer des incendies en cas de sécheresse comme en a souvent connu la Californie jusqu’à cette année. Le feu est désastreux pour les forêts et produit une quantité importante de gaz à effet de serre. Pour éviter qu’il ne se déploie, la fondatrice de Miraculum défend un produit miracle. La start-up - qui a également pitché au SXSW - propose un aérosol qui s’applique de manière préventive et peut être utilisée de manière active pour éteindre un feu. À la différence de produits concurrents, celui de Miraculum est certifié bon pour l’environnement. La start-up a déposé une demande de brevet et est en attente d’attribution. La démonstration réalisée sur scène était en tout cas concluante.

Autre élément important dans la sauvegarde de l’environnement : l’eau. La jeune pousse Crystal Clear Technologies s’est spécialisée dans le traitement de l’eau (notamment issue des centrales électriques) en cherchant à imiter la nature. Sa mission : proposer une technologie abordable pour éliminer les contaminants chimiques et biologiques et notamment les métaux. Pour cela Crystal Clear s’appuie sur une solution créée à partir de coquilles de crevettes et de crabes pour filtrer l’eau. Le CEO évalue le marché à deux milliards de dollars.

Ces technologies qui préservent l’environnement ont donc résolument de l’avenir… même et surtout dans une smart city technologique. Parler de smart city durable, n’est rien d’autre qu’un pléonasme.


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