Titre: Le
Jaridn Des Souvenirs
Auteurs :
Mark Waid (scénario), Paul Azaceta (dessin) et Nick Filardi
(couleurs)
Editeur :
Delcourt
collection
: Comics
Année :
2017
Pages
: 128
Résumé :
Des
morts anonymes qui s'entassent chaque semaine dans un cimetière
spécifique où leurs tombes sont gravées de numéro, faute de noms.
Voilà comment ça se passe à New-York. Sauf que quelqu'un refuse de
laisser courir, quelqu'un veut rendre à ces victimes au moins leur
identité, voire le repos. Un homme qui se dresse devant l'injustice
et agit avec l'aide de plusieurs petites mains, infiltrées de droite
et de gauche, ouvrant de petites portes pour trouver une info, une
piste, un lien. Cet homme mystérieux, que tout le monde connaît de
réputation mais que peu ont croisé, se nomme John Doe !
Et
ce cimetière d'anonymes se nomme le jardin des souvenirs...
Mon
avis :
Un
polar noir, donc ! Car John Doe va devoir descendre souvent dans les
bas-fonds pour trouver ce qu'il cherche. Les ambiances sombres, la
nuit, le crime, autant d'éléments qui attirent de prime abord
l'amateur de mystères. Sans oublier bien sûr ce personnage
principal entouré d'une étrange aura, un anonyme qui défend les
anonymes. Qui est John Doe ? Nous n'aurons pas la réponse dans ce
recueil. On en apprendra plus sur les victimes qu'il retrouve que sur
sa propre vie. Malgré son réseau d'informateurs qui parfois
s'interrogent pour se rendre finalement compte qu'ils n'en savent
guère plus que nous !
Mais
si le personnage est mystérieux, je ne l'ai pas trouvé forcément
attachant. Se heurtant au gros calibres de la pègre, je s'inquiète
un peu pour lui mais cet anonymat, cette absence de caractère fort,
à part l'obsession d'arriver à ses fins, a tendance à l'éloigner
de moi. Et en tant que lecteur, j'ai du mal à me retrouver dans ce
héros. Je suis plus enclin à ressentir le stress, les remords, les
inquiétudes des gens qui l'entourent, des membres de son réseau,
personnages plus humains.
Le pauvre John oscille entre deux extrêmes, l'enquêteur que rien n'arrête et qui surpasse tout le monde et le détective qui se fait toujours avoir par plus malin que lui. J'ai le curieux sentiment que Mark Waid a du mal à trancher. Finalement, John commet des erreurs que j'anticipe à la lecture, et d'autres fois, il me bluffe par ce qu'il avait préparé. Cela le rend peut-être moins parfait mais du coup, je m'attache difficilement à ce personnage.
L'autre souci qui m'éloigne de ce brave John est la mise en scène. Les scènes d'action sont confuses, je me perd sur qui a le dessus, comment il passe d'ici à là. Bon, tout cela est peut-être également un peu confus. Je vais prendre un exemple : John pourchasse un coupable, il le rattrape en lui sautant dessus et les deux hommes roulent au sol. Là, notre héros maîtrise son adversaire au milieu de la foule, dans un grand hall style centre commercial. Et soudain, des flics entourent John et le menacent de leurs armes – et quand je dis des flics, c'est pas deux ou trois, mais plutôt sept à huit -. Case d'après, John court dans l'escalator, tous les flics à ses trousses ! Mais comment a-t-il fait pour se sortir de là ? Sans doute comme Rocambole... J'ai du mal à suivre les différentes scènes d'action car je me perds entre les protagonistes d'un combat. Tout cela me complique la tâche et m'empêche rester immergé dans l'histoire. A côté de ce petit souci de mise en scène, heureusement, il y a quand même le trait âpre et rugueux de Paul Azaceta qui impose vraiment cet univers sombre. Les mises en image des virées nocturnes de John sont fascinantes. Ces ombres, ce noir, ce jeu de reflet de lumière dans les lunettes du héros, autant d'éléments qui vous posent une belle ambiance. Les couleurs aussi sont à la hauteur du trait. Elles semblent presque épaissir la page ! La collaboration Paul Azacta et Nick Filardi donnent un beau résultat. Le style graphique n'opte pas pour un réalisme poussé. Des traits épais, des visages stylisés, des corps un peu massifs conviennent tout à fait à l'histoire mais leur mise en scène rejoint ce que je disais plus haut. On suit mieux l'action quand les gens restent en place. Quand ça bouge, la confusion prend le dessus. Enfin, pour moi en tout cas. Visiblement, ce recueil propose le début des aventures de John et relève plus du pilote que du one-shot. Si l'ambiance sombre vous tente et que vous ne vous intéressez pas à lire des scènes d'action claires, vous pouvez toujours tenter votre chance avec ce Jardin des souvenirs (titre que j'adore, ceci dit en passant) ! Zéda et John Doe en pleine enquête !
David
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