Magazine Poésie

Egyptologie

Par Vertuchou

Je suis le Sphinx.
Je suis la femme enterrée dans les sables jusqu’au menton
J’attends l’archéologue qui m’arrachera à cette tombe
Mettant à nu mon cou, mes seins aigus, mes doigts griffus
Sans oublier la clé de mon énigme.
Car jamais on ne l’a plus résolue depuis Œdipe.
Je regarde les pyramides pareilles à des seins anguleux et durs
Debout sur le corps tari de l’Egypte.
Mes eaux fertiles coulent dans les profondeurs adorables enfers.
Toute femme devrait posséder un delta de ce riche limon
Du même brun mordoré que les fesses des reines de Nubie
O mon amie, qu’es-tu venue faire en Egypte ?
Entre Aton et Yahvé la vieille haine n’est pas morte
Moïse marche en tête de son peuple et parle de remords
La voix qui jaillit du volcan refuse de se taire
Religion de la mort
Et femme enterrée vive
Durant des millénaires
Des océans de sable ont passé sur ma tête
Mon sexe n’est qu’un désert
Mes cheveux étaient plus poreux que la ponce
Et nul ne me tétait les lèvres
Pour en tirer le lait de la parole
Ces seins pyramidaux, malgré leur démesure
Ne connaîtront jamais la flétrissure
Au cœur de chacun d’eux gît un monarque mort
Au cœur de chacun d’eux
Dort une chambre noire …
Tunnel, ossements d’homme
Or maléfique


Erica Jong

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