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La Malédiction de Rowans

Par Hectorvadair @hectorvadair
La Malédiction de Rowans
La mode est un peu à la sorcellerie et aux esprits ces dernières années : comics « Harrow County », « Rachel Rising », diverses séries franco-belges, films ou séries « Penny Dreadful », en ce moment « L'Autopsie de Jane Doe »… et ce comics one shot surfe un peu sur la vague. Néanmoins, son rapport à la jeunesse rappellera davantage le célèbre « Scream » du réalisateur Wes Craven. Voyons ce qu'il en ressort…
Katy, jeune étudiante américaine, cherche un appartement à partager afin de passer ses vacances d'été. Elle trouve une opportunité inespérée grâce à Emily, une jeune anglaise qui vit dans une belle maison ancienne. L'échange opère et Katy débarque comme prévu à Rowans Rise, sur la commune de Stratford. Mais rapidement, alors que les deux filles échangent par messagerie électronique, Katy se rend compte de choses anormales dans la vieille maison. Elle sent la présence de spectres, et la chambre qu'elle ne devait pas visiter a été étrangement emménagée de gris gris. Elle se met à enquêter sur la vie d'Emily, qui lui cache apparemment un grave secret…
La Malédiction de Rowans
Ce prologue sert de prétexte à l'auteur pour présenter la vie d'une petite commune du centre de l'Angleterre, ce qui n' est pas si courant dans les comics. (1) Mike Carey aborde aussi le sujet des traditions ancestrales et de la sorcellerie. Pourquoi les habitants du XIIe au XVE siècle cimentaient des os de coquelets sur leur linteaux, ou plaçaient des branches de chêne (arbre Dule de la connaissance) dans leur chambre ? On se croirait dans le très bon « Harrow County » de Tyler Crook et Cullen Bunn. (Glénat Comics, trois tomes 2016-2017)
Seulement, là où ces deux autres auteurs américains ont choisi de développer leur scénario en série, nous immergeant dans un univers original, complexe et riche, Mike Carey se contente de 88 pages d'une histoire un peu téléphonée. Mais ne soyons pas trop dur : même si l'idée d'une maison accueillant une jeune femme quelque peu isolée, se faisant agressée par une ambiance ou des éléments extérieurs, ne date pas d'hier (2) « Rowans Ruins » (son titre original) ne joue pas tout à fait sur le même fil conducteur. Le sentiment cependant, en se rapprochant du dénouement, est que l'auteur hésite tout du long entre récit d'horreur et chronique sociale. Il nous fait part de la communication mail entre les jeunes femmes, entre Katy et ses parents... On visite avec elle les archives de la bibliothèque de Stratford, on partage sa relation naissante avec le bobby du coin… Mais ce qui se passe à la maison n'est finalement pas si important que ça, semble t'il. Pourtant un drame est en train de se jouer.  La Malédiction de Rowans L'auteur mixe donc bien toutes les références précédemment citées, mais sans apporter suffisamment d'éléments narratifs neufs. On aurait apprécié un peu plus de personnalité, un peu plus d'horreur, et je ne vends pas la mèche pour la conclusion, que je vous laisserai juger. Le suspens est pourtant maîtrisé, un certain charme opère, et les dessins de Mike Perkins, que l'on avait pu apprécier au préalable sur la série adaptée de Stephen King « Le Fléau » (12 tomes chez Delcourt, avec Roberto Aguirre-Sacasa) sont tout à fait pertinents, mais plutôt classiques dans ce genre de comics.
Une demi réussite malheureusement, d'un éditeur : Boom Studios (3), pourtant pas en manque de talents dans son catalogue.
(1) Je me plais à rappeler souvent l'antécédent superbe de « Spider-Man esprits de la terre », par Charles Vess, qui se déroule dans les landes du nord de l'Angleterre.
(2) « Halloween la nuit des masques » nous avait introduit à ce suspens, et « Scream », dans les années quatre vingt dix a recyclé le genre, l'adaptant aux adolescents d'une époque plus permissive.
(3) Boom Studios est une jeune maison d'édition américaine de comics spécialisée en horreur et science-fiction, créée en 2005 par Ross Richie et Andrew Cosby. Le célèbre auteur Mark Waid a aussi fait partie du conseil administratif, qu'il a abandonné depuis 2011 pour se consacrer uniquement à ses histoires. Boom Studios publie ou a aussi publié, entre autres, les licences « Adventure Time », « Warhammer », « 28 Days Later » « Hellraiser » et « Planet of the Apes »
« La Malédiction de Rowans » par Mike Perkins et Mike Carey
Éditions Delcourt (15,95 € ) - ISBN 978-2-7560-8296-7

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