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Le marxisme et l'art. 3/ Du mythe à l'art. Par Roger Garaudy

Par Roger Garaudy A Contre-Nuit

Le marxisme et l'art. 3/ Du mythe à l'art. Par Roger Garaudy

In "Comment l'homme devint humain", Roger Garaudy, Ed JA


Le mythe ainsi conçu n'est donc pas le contraire du concept. Il est le concept en train de naître. Parce que l'art, par la construction de mythes, est une forme exemplaire de l'acte créateur de l'homme bâtissant l'avenir de l'homme, l'élaboration d'une esthétique n'est pas pour le marxisme un luxe. C'est pourtant une entreprise difficile, car les fondateurs du marxisme, Marx et Engels, n'ont pas élaboré systématiquement les principes d'une esthétique. L'on peut seulement trouver dans leurs oeuvres des jugements sur telle ou telle oeuvre d'art en particulier et, chemin faisant, quelques remarques de méthode. Ce sont là des éléments précieux mais il ne suffit pas de les mettre bout à bout pour constituer une esthétique marxiste. Cette méthode scolastique d'accumulation de citations reliées par des déductions selon les lois de la logique formelle ne nous permettrait pas de nous orienter à l'étape actuelle du développement des arts. Il faut donc procéder autrement pour donner au marxisme, dans le domaine des arts, un développement créateur. Une brève indication de Marx nous rappelle seulement que pour aborder ce problème dans une étude systématique il comptait partir de l'esthétique
de Hegel en lui appliquant la même méthode
de critique qu'il a appliquée à la philosophie hégélienne en général. Le point de départ de nos réflexions ce ne peut être que les principes de la philosophie marxiste pour y découvrir le point d'insertion d'une recherche en esthétique. Il ne s'agit pas d'une question subalterne, mais

Le marxisme et l'art. 3/ Du mythe à l'art. Par Roger Garaudy

Idem ci-dessus

d'une réflexion sur l'esprit même du marxisme et dont les conclusions ont des conséquences capitales en ce qui concerne son interprétation fondamentale. Le problème de l'art est avant tout celui de la création, et c'est pourquoi toute déformation mécaniste ou idéaliste, toute conception dogmatique de l'acte créateur aura en esthétique des conséquences immédiatement perceptibles. La conception de l'esthétique est ainsi la pierre de touche de l'interprétation du marxisme.
Roger Garaudy
Extrait de "Marxisme du 20e siècle"   A SUIVRE
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