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Une première mouture a bande au nez

Publié le 24 juin 2017 par Fabianus
UNE PREMIÈRE MOUTURE A BANDE AU NEZ L’association Annaud-Dewaere ne fut pas immédiatement anneau de verre, une alliance transparente. Entre les deux hommes le torchon brûla. On est en 1978, Dewaere est déjà un grand acteur. Il vient de tourner Préparez vos mouchoirs (de Bertrand Blier) sponsorisé par Kleenex et où il partage la vedette avec Depardieu, Serrault et Carole Laure. Un film trépidant qui laisse le mou choir et où l’on ne sent guère Dewaere lent ni d’art gothique. Annaud, lui, n’a qu’un seul film à son actif La victoire en chantant, réalisé en 1976. Annaud voit bien Dewaere dans son prochain film et lui présente le synopsis. Il s’agit de parler d’un mec, footballeur violent, et avant-gardiste du coup de boule à la Zidane. Sur le coup, franc comme il est, Dewaere refuse : il ne peut interpréter le rôle d’un violent ! -   Il ne faut pas qu’à sa folie Annaud m’allie, s’insurge Patrick ! Annaud insiste, lui tend les feuillets et dit : Lis les ce week-end et on en reparle !  Alors Patrick patraque, pas trop pitre à troquer son image de mâle contre celle d’une brute épaisse, se met difficilement dans la lecture. Le début lui apparaît effrayant : le scénario prévoit une voix off pour décrire l’éclosion du monstre. Elle dit : L’allée Thiers – Dewaere, maire ! Oui, maire d’un village qui s’ennuie ! Quel tableau ! Patrick est furieux : le héros porte son nom et on se permet de faire des jeux de mots sur son patronyme (encore qu’il s’appelle réellement Patrick Bourdeaux mais voilà Bourg d’eau ça faisait trop régime de Vichy). Pourtant il poursuit : Maire qui se souvient de ses jeunes années, quand il était footballeur professionnel ! A l’époque, on le craignait : qui affrontait Dewaere balisait ! Dans la vérité des plaintes déposées il n’y avait que Dewaere à citer ! Son entraîneur l’admettait : Mais avec Dewaere sain j’ai tôt rixes, alors, vous imaginez, quand il boit ! D’un coup de boule il vous fracasse un nez vite fait ! Ce n’est pas pour rien que son expression favorite est « néanmoins… » ! Patrick n’en peut déjà plus : Annaud le campe dans un personnage de verres ! De verres à boire ! Un alcoolo ! Lui ! Il n’empêche : il veut savoir la suite… Les propos de l’entraîner son corroborés par le curé qui a suivi le jeune homme, de manière assidu et qui déclare : c’était la soupe à la grimace quand on donnait à Dewaere missel ! Ca me laissait sans son de voir Dewaere aux niques ! Patrick n’en peut plus ! Il n’ira pas plus loin ! Déchire les feuillets qui retombent comme des valseuses dans la corbeille. Il téléphone à Jean Jacques : - Hé, dis donc ? Tu crois que je vais jouer dans un tel navet ? Un torchon qui me décrédibilise ? - Mais, heu, ça ne te plaît pas ? - Non ! Je veux bien joueur un footeux mais ni alcoolique et ni violent ! Revois ta copie ! Et c’est ainsi que Monsieur Annaud, sur ces précieux conseils, réécrivit tout le scénario, lui conférant un gage d’adhésion de la part de l’acteur. Il était mûr Annaud pour Dewaere, confia un vénitien qui les avait connus tous les deux à la Mostra. La preuve : le film se créa et connut un certain succès ! Surtout sur le long terme, à l’aide du petit écran. Pour les besoins du film, Dewaere s’appela François Perrin pour faire comme Pierre Richard dans les films de Veber ou de Robert.  Il endossa le rôle d’un footballeur injustement accusé de viol, emprisonné, puis repêché pour jouer dans une équipe diminuée à la suite d’un accident  routier. Un gentil héros qui menace de se venger : se faire faucon, l’heureux Perrin peut ; se faire faux : qu’on le repère un peu ! Mais finalement il ne fait rien et laisse les méchants se punir eux-mêmes ! On est loin du film casse-gueule initial qui aurait donné de vilaines idées à des footballeurs ! Encore que, Zizou, en 2006…

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