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Députés battus en quête de kit de compréhension

Publié le 27 juin 2017 par Rolandlabregere

« Je n’ai plus de travail, je vais tâcher d’en trouver un, ce n’est pas forcément la chose la plus évidente quand on a 57 ans», a déclaré François Lamy, sur le plateau de France 2, le mercredi 14 juin. Un brin lucide, l’ex élu ajoute que cela « fait partie des risques du métier ». Métier ? Comme plombier, professeur, coiffeur ou mécanicien ? Sans doute, François Lamy a appris beaucoup de choses, a développé des compétences durant les quelque 20 années de mandat(s). A ceux qui demandaient un renouvellement automatique de leur mandat, beaucoup d’électeurs n’ont pas voulu signer un nouveau chèque en blanc. François Lamy n’est pas le seul envoyé au tapis par la force conjuguée de l’abstention et de la nouveauté d’un produit à la mercatique bien éprouvée. Benoît Hamon fait presque figure de martyr. Plus jeune que de nombreux dégagés, il se rêvait tout en haut de l’affiche après être sorti major de l’excellentissime primaire socialiste. Sans aucun mandat, il compte rebondir avec la création d’un courant à sa dévotion. En visant 2022, voire 2027, il montre qu’il est en recherche d’opportunités nouvelles. Interrogé, le 13 juin, dans le Gros Journal de Canal +, il répond toutefois qu’il ignore comment il va sortir de cette malencontreuse contre-performance. « Comment allez-vous gagner votre vie ? », lui demande-t-on. « Je ne sais pas encore. J’ai des petites idées, il faut que je réfléchisse ». « A 57 ans, il faut que je cherche du travail, ça ne va pas être simple », note lui aussi Kader Arif, député sortant de Haute-Garonne. NKM, quant à elle, met carte sur table ses difficultés en précisant qu’avec « mon seul mandat parisien, je vais devoir trouver un autre emploi pour vivre ».

Il est inutile de multiplier les exemples. On aurait pu penser que les plus éclairés auraient eu un mot solidaire et pour celles et ceux qui, chaque jour, perdent un emploi, qui voient leur projet de vie mis à terre, dans la Creuse, à Paris ou ailleurs en province. Certains battus, pudiques et sonnés, préfèrent garder le silence et se préparer pour la suite. On note au passage que les recalés de la démocratie n’affichent, semble-t-il, aucune commisération pour les quelque mille collaborateurs d’élus, toutes tendances confondues, qui sont immédiatement balancés dans la concurrence de l’emploi.

Ce qui vient à l’esprit à la suite de la réussite du projet d’Emmanuel Macron est la confusion entretenue par de nombreux élus sur la qualité de leur charge. Réussir à une élection, quel que soit son contour, procure la capacité d’exercer une activité au service de l’intérêt général pour un temps limité, celui de la durée du mandat. Celui-ci peut éventuellement être  renouvelé. Le mandat confie une charge à un citoyen pour une durée connue à l’avance. Il en résulte des contreparties et des avantages que le récipiendaire doit être en mesure d’apprécier pour ce qu’elles représentent. Une démocratie harmonisée par des principes simples (non cumul strict, mandat non reconductible ou reconductible une fois, indemnités identiques au salaire précédent et remboursement des frais afférents au réel…) ne pourrait que favoriser  l’idée que le mandat s’inscrit dans un projet de vie sociale et citoyenne. Chaque carrière politique à la française, étalée, étirée sur quarante ou cinquante ans, alimente le désaveu et le désarroi populaires vis-à-vis des charges électives. La vision monarchique de l’exercice du mandat politique ne pouvait que produire de drôles de cocos. 


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