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Cravate à l’Assemblée : le nœud du problème

Publié le 27 juin 2017 par Delanopolis
Une tribune élégantissime de Serge Federbusch pour FigaroVox ! Cravate à l’Assemblée : le nœud du problème
On connaît les noces de coton, célébrées au bout d’un an de mariage, à un moment où l’amour est encore crissant et frais, prêt à s’embraser à la moindre étincelle. On est loin du chêne robuste et du diamant éternel.

Le mélenchonisme est à l’insurrection ce que le coton est au mariage : léger, froissable, facile à imprimer de motifs criards. Sa contestation, les vocalises de son tribun ont quelque chose de peu consistant. Elles se focalisent sur des symboles, le dernier en date étant le refus du port de la cravate à l’Assemblée nationale. Puisque Chavez avait col ouvert, ce serait inconvenant pour eux de le refermer.

Loin de nous l’idée de récuser toute importance du vestimentaire en politique. La barbe et la chemise rouge faisaient le socialiste au dix-neuvième siècle. Le crâne rasé et la chemise brune signaient le fasciste au vingtième. Mais il y avait là acte positif. On arborait le veston comme une idée. Il ne s’agissait pas de retrancher à l’existant.

Combattre la cravate en pensant qu’on affronte ainsi la bourgeoisie c’est partir à l’assaut de l’ordre établi avec un pistolet à bouchon, comme le disait naguère, au sujet de Hollande, un opposant du nom de Mélenchon. On pourrait tout aussi bien parler de pompiers qui voudraient éteindre un incendie en chiquant ou de politiciens qui entendraient lutter contre le terrorisme en allumant des cierges.

Décidément, l’heure est à une révolution des apparences. Après Macron qui, tel le chœur d’opéra, met les Français en marche sans qu’ils avancent d’un pas et prétend tout changer pour rien ne change, son opposition néo-communiste invente la rébellion au ras du cou. La résistance pendouille.

Mais pourquoi en veulent-ils donc à cet appendice costumier ? La cravate introduit en réalité une forme d’égalité vestimentaire. Tous ceux qui la portent sont tenus de respecter un code fondé sur l’usage de la chemise boutonnée. A une époque où triomphe, pour ne pas dire plastronne, le LGBTQIA, la cravate écarte tout risque que le poil du torse, cette excroissance typiquement masculine et donc réactionnaire, ne s’affiche indécemment à la vue de tous.

La cravate, nom hérité d’un accessoire utilisé par des soldats Croates en visite en France sous Louis XIV, est également symbolique de cette ouverture à l’autre, à cet étranger, à ce migrant si chers au cœur de la gauche authentique.

Et puis sa fabrication fait quand même vivre un bon nombre d’employés du textile, ces sans dents mais pas sans élégance que les Frontogauchistes sont censés défendre.

Allons camarades, encore un effort pour rester dignes ! Ne faites pas la tête à cause d’un nœud ! Et qu’à jamais le nom glorieux de notre leader Brummellenchon, qui en fixa les règles de pose aux temps jadis, serve de phare à l’émancipation du député prolétaire. En un mot, soyez Ruffin, ne soyez pas ruffians !



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