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572_ Simone Veil, Tamazgha, la loi d’arabisation, 1998…

Publié le 01 juillet 2017 par Ahmed Hanifi

Nous sommes nombreux à être peinés par la disparition de Simone (Jacob) Veil. Nous sommes nombreux à avoir quelque raison d’aimer cette grande dame. Nous sommes nombreux à se souvenir d’une anecdote, d’une petite histoire qui nous en rapproche. Voici la mienne. Durant les années 90, alors que l’Algérie vivait dans la terreur, « les Décideurs » avaient fixé le 5 juillet 1998 comme date buttoir pour l’application de la « Loi 91-05 du 16.01.1991 portant généralisation de la langue arabe » qui excluait les autres langues nationales et risquait de marginaliser une partie des Algériens.
A Paris nous avons créé un groupe de travail (avec notamment Abdou E, Ahcène T., Sid-Lakhdar B., Mouhoub N-M, Ferhat M., Ahmed H…) pour l’abrogation de cette loi, dans les locaux de Tamazgha (rue Bénard), sachant qu’un groupe de personnalités allait bientôt se rendre en Algérie, sous l’égide de l’ONU. Nous avons préparé un texte en trois parties détaillant notamment les conséquences de cette loi.
Le 20 juillet, notre BookPress étant prêt il nous fallait le remettre à des membres du dit groupe de la mission onusienne. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés Sonia X., Naït-M. Mouhoub, Ferhat M.(1) et moi-même au siège de l’Unesco, place Fontenoy. Nous avons été reçus par un responsable de la sphère Maghreb, monsieur Sayyad, un Yéménite et son adjoint l’Algérien Rahmani auxquels nous avons expliqué notre démarche en leur remettant un exemplaire du Mémorandum. Nous avons été reçus également à l’ambassade du Portugal par madame Pilar ( ?) qui nous a promis de remettre le document à monsieur Mario Soares. Enfin nous nous sommes rendus rue Bixio dans le 15° pour remettre ce même BookPress à madame Simone Veil. Nous avons été accueillis par sa secrétaire qui a excusé l’absence de madame Veil, en rendez-vous. Là aussi, nous avons expliqué (plus en détail qu’au téléphone) la raison et l’importance de nos travaux. La dame qui nous a longuement entretenus nous a promis elle aussi de remettre le document à qui de droit. Madame Veil faisait partie de la Mission d’information de l’ONU présidée par Mario Soares. Cette mission s’est rendue en Algérie deux jours plus tard avec dans les bagages d’autres documents comme ceux relatifs aux milliers de Disparitions forcées (niées par le pouvoir algérien et la presse). Elle y est restée 13 jours. Nous avons gardé les contacts avec ces personnalités (individuellement très à l’écoute) pendant quelques semaines, jusqu’à la réaction de la LADDH. J’ai écrit ce texte, hier soir, dès que j’ai appris la nouvelle de la disparition de Simone Veil, spontanément, juste pour dire mon affection, mon émotion à la suite de sa disparition.
--------------- (1) : Ferhat M. : le chanteur qui a perdu tout sens de la raison, de la mesure et de l’éthique, celui-là même qui pousse les Algériens à l’extrémisme. Celui-là même (j’en avais parlé ici il y a quelque temps) qui un jour de décembre de cette année-là, dans la Brasserie Le Brabant à Paris – alors que venaient de nous quitter Hocine Zahouane, et Da El Mouhoub – me raconta des histoires scabreuses et incroyables, et d’un irrespect total contre Matoub Lounès, contre Saïd Sadi, contre le MCB…)
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