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Tout ce qui est excessif est insignifiant

Publié le 06 juillet 2017 par Nicolas007bis

LucetteOn se doutait bien qu’Emmanuel Macron allait bouleverser les usages et autres vieilles habitudes de la République, il a même été élu en grande partie pour cela. On aurait également dû se douter que ça n’allait pas plaire à tout le monde et notamment aux opposants rancuniers, aux journalistes perturbés dans leurs vieux schémas de pensée et d’une manière générale à tous les conservateurs qui n’ont pas encore compris qu’on ne pouvait plus faire de la politique comme au 19éme siècle.

Je passe sur l’appellation de « Jupiter » reprise dans une belle unanimité par toute la Presse et la classe politique. Surnom qui n’a évidemment aucun sens !

Parti du qualificatif plus ou moins pertinent de « président jupitérien », la formule a plu aux journalistes qui l’ont allègrement raccourcie en « Jupiter », décalage sémantique qui fait passer ce qui n’était qu’un comportement en un état. Cette transformation n’est évidemment pas neutre puisqu’autant se comporter comme un Dieu même romain peut être favorablement perçu, autant se prendre pour un Dieu, dans une démocratie égalitariste comme la France, c’est déjà beaucoup moins positif !

Mais peu importe aux journalistes qui, dans un parfait comportement moutonnier, répètent la formule à l’envie.

Mais surtout, que n’a-t-on pas entendu lorsque le Président de la République a émis la drôle d’idée de s’exprimer devant le Congrès, c'est-à-dire devant les représentants de la Nation. Qui plus est, juste avant l’intervention de son premier ministre pour son « Discours de politique générale »

le premier à vociférer fut évidemment inénarrable Mélenchon: « Le choix du Président est-il républicain ? Il opère un coup de force institutionnel en s’exprimant sans débat et sans vote, la veille du discours de politique générale du Premier ministre et du vote de l’Assemblé »
« Un coup d’État social s’annonce avec la loi travail par ordonnances et un coup de force institutionnel avec ce Congrès. La pratique pharaonique d’Emmanuel Macron crée une situation asphyxiante pour tout le monde, y compris ses propres partisans et surtout son Premier ministre. »
Emmanuel Macron a « franchi un seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle en ravalant son Premier ministre au rang de "collaborateur" »

La haine et la rancœur transpirent de toutes les phrases de celui qui n’a toujours pas accepté sa défaite à la Présidentielle.

Mais d’autres ne sont pas en reste. Sans surprise le PCF ou du moins ce qu’il en reste s’est fendu d’un communiqué rageur justifiant leur refus d’être représenté au Congrès par un « Nous n'irons pas adouber le monarque présidentiel » !

Sans surprise également, quand on connait la subtilité du personnage, Eric Ciotti considère que Macron a décidé de « dissoudre son Premier ministre »…rien de moins !

Ajoutant qu’il lui faisait subir une « humiliation totale » !

Toute cette agitation est parfaitement grotesque et relève, encore une fois, de la petite politique politicienne dont nous sommes tous lassés !

Tout d’abord, en convoquant le Congrès, Emmanuel Macron n’a fait qu’appliquer une des prérogatives du Président de la République prévu dans l’article 18 de la Constitution Française, et non pas américaine, qui spécifie clairement que le Président de la République « peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès. Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote. »

Ensuite, et surtout, il est tout à fait dans l’esprit de notre constitution que le Président de la République élu, fixe le cap de la politique qu’il entend mener pendant les 5 années de son mandat et que son Premier Ministre nommé la mette en musique. La répartition des rôles est claire.

Dans ce cadre, ou est le scandale dans le fait que le Président de la République souhaite s’exprimer, et de manière solennelle, devant les chambres réunies pour rappeler et affirmer ce cap, et faire un point d’étape une fois par an sur ce qui a été fait …ou pas fait. Que veulent tous ces contestataires, que le Président de la République, une fois élu, se retranche dans son Palais de l’Elysée, sans rien dire, en regardant son Gouvernement œuvrer ?

Ou à l’inverse, qu’il fasse comme Sarkozy, omniprésent dans les médias et à s’agiter sur tous les fronts petits ou grands. Ou comme Hollande, à s’occuper personnellement du cas d’une jeune roumaine renvoyée dans son pays ou à subir des conférences de presse dont la moitié des questions portent sur sa vie privée ?

Que n’a-t-on critiqué l’un et l’autre de ses prédécesseurs pour avoir rabaissé la fonction Présidentielle, le premier avec son côté bling-bing s’agitant dans tous les sens et l’autre avec sa présidence « normale » et molle.

Alors, certes, cette forme d’expression est solennelle, on est loin des conférences de presse ou des interviews par 3 journalistes triés sur le volet qui prétendent poser les questions au nom des citoyens alors qu’elles n’intéressent que leur petit monde politico-médiatique.

Mais pour annoncer, comme il l’a fait, un changement de la Constitution, ne vaut-il pas mieux qu’il s’adresse à tous les parlementaires de la Nation dans une occasion solennelle ! et une fois par an, est-ce vraiment en abuser !

Quant à l’accusation qui lui est faite d’avoir humilié son Premier ministre et « collaborisé » la fonction, ce n’est que pure hypocrisie. On le sait depuis toujours, et Sarkozy c’est bien chargé de le rappeler avec sa délicatesse légendaire, le premier ministre exécute la politique dictée par le Président de la république, qui des deux, rappelons-le, est le seul qui a été élu.

Et dans ce cadre, l’ordre des interventions est parfaitement logique. Le Président a exposé devant le Congrès les grandes lignes de sa politique et ses objectifs et ensuite le Premier ministre à travers son discours de Politique générale se charge d’indiquer les mesures qui seront prises pour la mener à bien.

C’est d’ailleurs tout à fait comme cela que ça s’est passé, les deux discours étaient bien chacun à son niveau, sans redondance mais en cohérence.

En bref, on voit là, encore une fois, la manifestation d’une tare française dont on espérait pourtant s’être débarrassé. Tous les prétextes même les plus futiles sont bons pour l’opposition pour pousser des cris d’orfraie et crier au despotisme. C’est ridicule et excessif et, comme l’aurait dit Talleyrand, tout ce qui est excessif est insignifiant !


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