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HORLOGE BIOLOGIQUE : Lumière de nuit, tabac et cancer du sein

Publié le 17 août 2017 par Santelog @santelog
HORLOGE BIOLOGIQUE : Lumière de nuit, tabac et cancer du sein

La lumière nocturne extérieure associée à un dérèglement de l'horloge biologique et à un risque accru de cancer du sein chez les femmes, ce n'est pas un résultat nouveau, cependant cette large recherche de la Harvard T.H. Chan School of Public Health précise l'association et les groupes particulièrement à risque. Cette large analyse de données de la Nurses' Health Study II, présentée dans la revue Environmental Health Perspectives, alerte sur une augmentation particulièrement élevée du risque de cancer du sein chez les femmes pré-ménopausées, fumeuses actuelles ou passées, et, à nouveau, chez les femmes qui travaillaient à la nuit.

" Dans nos sociétés industrielles modernes, l'éclairage artificiel est presque omniprésent. Nos résultats suggèrent que cette exposition généralisée aux lumières extérieures pendant les heures de nuit constitue un nouveau facteur de risque de cancer du sein ", explique l'auteur principal Peter James, professeur au Harvard Pilgrim Health Care Institute. Ce lien entre l'exposition à la lumière, l'horloge biologique et le cancer du sein, a déjà été documenté à de nombreuses reprises : ainsi, les femmes qui travaillent de nuit, comme certaines infirmières, présentent ainsi un risque accru de cancer du sein. Une étude récente, présentée à la réunion annuelle de l'Endocrine Society, ENDO 2016, a déjà contribué à expliquer ce risque plus élevé de cancer chez les femmes qui subissent des niveaux élevés d'éclairage nocturne. Plus largement, la perturbation du rythme circadien est impliquée dans nos " pandémies modernes ", que sont les cancers, les troubles métaboliques ou encore la dépression. Ce dérèglement de nos cycles sommeil-éveil perturbe le fonctionnement normal du corps et représente un risque pour notre santé. Sur le risque de cancer du sein précisément, il semble que la glande mammaire chez la femme soit sensible aux variations de l'exposition à la lumière et aux dérèglements de l'horloge biologique induit par ces variations.

Un lien fort chez les femmes ménopausées et fumeuses : cette nouvelle étude, une des plus larges à ce jour, précise encore les liens possibles entre la lumière nocturne et le cancer du sein, à partir des données de près de 110.000 femmes participant à la Nurses' Health Study II (1989-2013). Les chercheurs ont lié les données des images satellites de la Terre prises de nuit aux adresses du domicile de chaque participante et ont également pris en compte les horaires de coucher, via, par exemple le travail de nuit ou par quarts. Les facteurs de santé et socio-économiques ont également été pris en compte. Cette analyse confirme que :

-les participantes exposées aux 20% de niveaux de lumière nocturne les plus élevés présentent un risque accru de 14% de cancer du sein pendant la période de suivi, vs les femmes exposées aux 20% de niveaux de lumière nocturne les moins élevés.

-Ce lien est dose-dépendant : le risque de cancer du sein augmente avec le niveau d'exposition.

-Cette association entre la lumière nocturne et le cancer du sein est néanmoins retrouvée uniquement chez les femmes pré-ménopausées et chez les femmes fumeuses actuelles ou passées.

Ce lien apparait plus fort chez les femmes qui travaillent par quarts de nuit, ce qui suggère que l'exposition à la lumière nocturne et le travail de nuit contribuent conjointement au risque de cancer du sein.

Équipe de rédaction Santélog


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