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Man in an Orange Shirt (Mini-series) : aimer ou ne pas être aimé

Publié le 19 août 2017 par Delromainzika @cabreakingnews


Créée par le romancier Patrick Gale, Man in an Orange Shirt est avant tout une série sur l’homosexualité de deux points de vue différents. Le premier lors de la Seconde Guerre Mondiale et le second de nos jours. L’alliance de ces deux points de vue permet de créer un vrai parallèle sur l’évolution de l’homosexualité et de sa perception dans notre société. Man in an Orange Shirt nous permet donc surtout de voir comment dans les années 40 on vivait le fait d’être gay et cachés. Dans cette mini-série de BBC Two, cette histoire de famille prend un chemin émotionnellement riche, à la fois avec des émotions touchantes et quelque chose de très romantique. Man in an Orange Shirt est donc avant tout là pour nous parler de l’impact que l’amour impossible peut avoir. Être gay à cette époque n’était pas possible comme cela peut l’être aujourd’hui. Il n’y avait pas de moyens de vivre librement son amour. Si l’histoire en elle-même reste assez familière et classique, elle parvient malgré tout à rester raffinée et intelligente pour nous toucher et nous émouvoir du début à la fin. On retrouve alors les aventures de deux militaires, Michael (incarné par Oliver Jackson-Cohen) et Thomas (incarné par James McArdle) qui se sont rencontrés sur le front et sont tombés amoureux.

1944. Les aléas de la Seconde Guerre Mondiale provoquent la rencontre du capitaine Michael Berryman et d'un artiste, Thomas March, dans le sud de l'Italie. Bien qu'il soit fiancé à Flora, Michael tombe sous le charme de Thomas. Quelques décennies plus tard, Adam découvre le secret amour de son grand-père...

Si deux épisodes cela peut sembler court pour raconter une histoire aussi riche que celle de Man in an Orange Shirt, cela reste suffisant pour ne pas perdre de temps et s’attarder sur l’essentiel : la rencontre, le premier baiser, la relation complexe. Et les conséquences que cela peut avoir par la suite. A cette époque, être gay était illégal (ou plutôt l’acte d’amour). Et Michael a alors choisit de se marier à sa fiancée, Flora (incarnée par Joanna Vanderham) sans qu’il n’y ait de véritable amoureux en tant que tel. Ce qui fonctionne aussi très bien dans Man in an Orange Shirt c’est le fait que ce n’est pas qu’une histoire d’amour terrible, c’est aussi la tragédie de Flora qui n’a pas eu la chance d’être aussi heureuse qu’elle n’aurait probablement pu le souhaiter. Tout cela jusqu’à ce qu’elle découvre la vérité bien entendu. Coincée dans un mariage sans véritable amour, Flora a elle aussi connu une vraie tragédie de vie. Je me demande si au fond Man in an Orange Shirt n’est pas la série de Flora plus que de la rencontre entre Michael et Thomas (ou encore d’Adam, le petit fils). Vanessa Redgrave incarne la Flora à notre époque dans un style qui colle parfaitement à l’univers de Man in an Orange Shirt. La série utilise le temps de l’actrice de façon intelligente et soignée, sans jamais laissé de côté toutes les émotions du passé.

Nous avons aussi Frances de la Tour dans le rôle de Mrs March qui a elle aussi pas mal de belles propositions à faire et je trouve que la série sait très bien se servir de ses personnages pour créer de vrais moments. Man in an Orange Shirt n’est pas une série sexuelle mais une série romantique. C’est peut-être ce qu’il y a de plus beau là dedans alors que généralement les drames gays sont condamnés à parler de la sexualité gay et de tout ce que cela peut avoir de perturbant pour d’autres. Ici, Man in an Orange Shirt veut démontrer à quel point l’acceptation de l’homosexualité dans les années 40 a fait des ravages et a créé des mariages sans amour à travers le monde. De plus, Man in an Orange Shirt cherche à nous rappeler que tout cela est très récent et que même si être gay aujourd’hui reste plus facile à vivre que dans les années 40, il y a toujours une certaine problématique. Notamment quand dans le présent, Man in an Orange Shirt parle de la difficulté d’aimer (alors que Thomas et Michael se sont aimés profondément) et cette solitude qui ronge la communauté. Il y a de vrais propos là dedans et les messages sont forts sans jamais tomber dans tous les gros clichés du genre que l’on a l’impression de voir assez souvent ailleurs. Finalement, Man in an Orange Shirt est une agréable petite réussite que je n’attendais pas du tout et qui m’a ému comme il se doit dans la plus grande tradition des dramas de BBC.

Note : 7/10. En bref, une jolie mini-série.


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