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Les étrusques étaient d'habiles apiculteurs

Publié le 24 août 2017 par Jann @archeologie31
Les restes carbonisés de nids d'abeilles vieux de 2.500 ans, ainsi que d'autres artéfacts apicoles, ont été découverts dans un atelier étrusque dans le nord de l'Italie.
Les trouvailles comprennent les restes uniques d'un miel de vigne produit par les apiculteurs itinérants le long des fleuves. "L'importance de l'apiculture dans le monde antique est bien connue à travers l'abondance de sources iconographiques, littéraires, archéométriques et ethnographiques" rapporte Lorenzo Castellano, étudiant diplômé de l'Institute for the Study of the Ancient World à l'Université de New York, et auteur principal de l'étude, "cependant, comme les nids d'abeilles sont périssables, des traces fossiles sont extrêmement rares" ajoute-t-il.
Les étrusques étaient d'habiles apiculteurs Un morceau d'un des nids d'abeilles trouvé dans l'atelier étrusque; on distingue clairement la structure hexagonale. Photo: Credit: Lorenzo Castellano
Castellano et ses collègues de l'Université de Milan et le laboratoire de Palynologie et de Paléoécologie de l'Institut pour la Dynamique des Processus Environnementaux du Conseil de Recherche National d'Italie (CNR-IDPA) à Milan, ont découvert plusieurs nids d'abeilles carbonisés, des abeilles conservées et des produits dispersés relatifs aux abeilles sur le sol d'un atelier d'un centre de commerce étrusque. Il s'agit du site de Forcello, près de Bagnolo San Vito dans la province de Mantoue.

Les traces d'un miel de vigne


Datée aux alentours de 510 à 495 avant JC, la construction fut détruite par un violent incendie et fut plus tard scellée par une couche d'argile afin de pouvoir reconstruire par dessus. "Les trouvailles ont donc été préservées in situ, bien que très fragmentées et souvent déformées par la chaleur du feu" rapportent Castellano et son équipe.
Les chercheurs ont examiné du pain d'abeille (un mélange de pollen et de miel), des fragments de nids d'abeilles carbonisés, des restes d'Apis mellifera (abeille européenne) et une grande quantité de matériels résultant des nids d'abeilles qui ont fondu et se sont agglomérés ensemble.
Les étrusques étaient d'habiles apiculteurs Les restes d'une abeille adulte (Apis mellifera) incorporée dans un morceau carbonisé de nid vitrifi. Photo Credit: Lorenzo Castellano
Les analyses chimiques et l'étude du pollen et des spores collectés sur le site ont confirmé la présence de cire d'abeille et de miel dans une grande partie de la pièce. De plus, ils ont constaté que le pollen provenant d'une vigne (Vitis vinifera) était abondant dans les échantillons de miel fondu et dans les fragments de nids d'abeilles, ce qui indique la présence d'un miel de vigne unique produit à partir de variétés de vignes pré-domestiquées ou anciennement domestiquées.
"Le pollen de vigne n'apparait pas dans le pain de miel, cela suggère que nous avons affaire à un miel de vigne préservé par carbonisation, ce qui est sans précédent." rapportent les chercheurs.
Aujourd'hui, le miel de vigne n'a rien à voir avec le miel produit par les abeilles, c'est une sorte de sirop produit en faisant bouillir le jus de raisin.

Pline l'Ancien en parlait déjà


Les analyses ont révélé d'autres aspects uniques concernant l'apiculture étrusque. La composition du pollen montre que les abeilles se nourrissaient de plantes, dont la vigne et le nénuphar frangé, dans un paysage aquatique, dont certaines n'étaient pas connues pour se développer dans la région.
Un tel scénario n'aurait été possible que si les apiculteurs avaient rassemblé les abeilles le long d'une rivière pour les transporter en bateau, amenant les abeilles et leurs ruches à des ateliers pour en extraire le miel et la cire d'abeille.
En effet, cette découverte confirme ce que l'érudit romain Pline l'Ancien a écrit plus de quatre siècles plus tard sur la ville d'Ostiglia, à environ 32 kilomètres du site. Selon lui, les villageois d'Ostiglia plaçaient simplement les ruches sur les bateaux et les transportaient à 8 km en amont pendant la nuit: "À l'aube, les abeilles sortent et se nourrissent, revenant chaque jour sur les bateaux, ce qui change leur position jusqu'à ce que, lorsqu'elles tombent dans l'eau sous leur propre poids, il est entendu que les ruches sont pleines, elles sont alors reprises et le miel est extrait" écrivait Pline.
Ces découvertes ont aussi montré le haut niveau de spécialisation en apiculture des étrusques. "Cela a également fournit des informations uniques sur l'environnement de l'ancienne plaine du Po et sur le comportement des abeilles dans un paysage pré-moderne" concluent Castellano et ses collègues.
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