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Apple Pay, un désastre pour le paiement mobile

Publié le 29 août 2017 par Patriceb @cestpasmonidee
Apple Pay Je n'y ai pas prêté grande attention en janvier dernier mais j'imagine que les oracles prédisaient alors qu'arrivait l'année du paiement via mobile (en France), comme ils la promettent depuis plus de 10 ans. A quelques mois de l'échéance, il faut probablement admettre que ce sera encore raté et Apple a sa part de responsabilité dans cet échec.
À l'instar des autres marchés développés, dans l'hexagone, l'univers des paiements est principalement régi par les grandes banques. Elles imposent donc, consciemment ou non, leurs choix technologiques, ce qui se traduit par une focalisation quasi exclusive sur le « sans contact », porté par les cartes et les terminaux des commerçants. Et quand les régions émergentes, Chine en tête, se « contentent » de QR codes, elles tentent de nous convaincre que ce serait une solution inférieure, indigne de notre statut.
Bien sûr, le fait qu'elles mettent des années à sortir un produit est un inconvénient mais c'est un modeste prix à payer pour bénéficier du meilleur service, n'est-ce pas ? Passons sur quelques retours peu flatteurs vis-à-vis de l'expérience utilisateur de Paylib (toujours meilleure que celle de feu Cityzi), le principal point de blocage est l'indisponibilité d'une version pour les téléphones d'Apple, le constructeur restant fermement décidé à conserver le monopole de l'accès aux fonctions sans contact de l'iPhone.
Or la plupart des grands établissements français (BPCE est la seule exception) préfèrent n'avoir aucune offre à proposer aux (environ) 20% de la population équipée de la marque à la pomme que de céder aux conditions drastiques et coûteuses d'Apple. Dans les pays où les taux d'adoption atteignent les 40%, tels que les États-Unis et la Grande-Bretagne, la question ne se pose évidemment pas dans les mêmes termes et les banques plient (après tout, c'est le principe même de la position dominante !).
Ces dernières semaines, une poignée d'acteurs supplémentaires a rallié Apple Pay, aux côtés de BPCE (et les plus modestes Carrefour Banque et Edenred). Mais le Crédit Mutuel Arkéa, N26 et Lydia n'ont clairement pas la dimension nécessaire pour rendre le paiement par mobile universellement crédible auprès des consommateurs. Alors, l'attentisme s'installe, car tout en étant minoritaire dans les poches de nos compatriotes, l'iPhone reste une référence incontournable pour leurs choix d'applications.
La situation en est là, bloquée entre un Paylib pas très convaincant et réservé à une partie des utilisateurs, un Apple Pay aux conditions inacceptables dans les grandes banques et un écosystème peinant à envisager d'autres approches technologiques (bien que le QR code revienne actuellement en force, par exemple chez Visa et Mastercard, pour les mêmes motifs). Sans qu'elle soit seule en cause, il ne fait pas de doute que la stratégie d'Apple a un impact négatif sur le développement du paiement via mobile.
Apple Pay

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