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Critique Ciné : 120 battements par minute (2017)

Publié le 31 août 2017 par Delromainzika @cabreakingnews

120 battements par minute // De Robin Campillo. Avec Nahuel Perez Biscayart, Adèle Haenel et Arnaud Valois.


Parler du SIDA n’a jamais été un sujet très facile… Grand Prix au Festival de Cannes 2017, 120 battements par minute est un film étonnant, qui nous plonge au coeur du militantisme organisé par Act Up-Paris afin de faire bouger les choses et permettre aux malades de ne plus mourir dans l’indifférence générale. Car 120 battements par minute c’est un film au coeur vif et battant, avec ses moments tragiques et riches en émotions. Tout ce qui est compté durant plus de deux heures de film est toujours passionnant et mélange alors plusieurs sujets afin de faire un film qui rassemble autour de questions politiques, romancées ou militantes. On sent l’envie de se battre de ces personnages, cette rage de vivre qu’ils ont malgré leurs conditions. En donnant la parole à des gens qui ne l’avaient pas autant que maintenant au début des années 90, 120 battements par minute parvient à parler d’un problème qui a rongé la France durant pas mal d’années, entre lobby pharmaceutique et question politique sur la reconnaissance de l’homosexualité, non pas comme une maladie, mais comme une sexualité à part entière. Ce qu’a fait Act Up peut parfois être préjudiciable mais Robin Campillo (Eastern Boys, Les Revenants) tente de faire un truc étonnant avec la beauté du message.

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Le film sait aussi bien être fort que touchant, comme si derrière cette armure que 120 battements par minute cherchait à bâtir se cachait des petites âmes sensibles qui tentent de vivre leur vie et de s’aimer malgré la difficulté. L’histoire de Nathan et Sean est par exemple un élément essentiel dans cette histoire qui permet de mettre en exergue un problème de l’époque. Très dialogué, 120 battements par minute ne veut pas pour autant nous donner la tête lourde et parvient à apporter alors des moments de vie étonnants (la Gay Pride en est un par exemple, l’espoir en est un autre) mais la vie et la maladie vient toujours rattraper les personnages au bout du tunnel. La fin du film est d’ailleurs terrible, tout en sachant que 120 battements par minute est inspiré de faits réels et que tout cela a très bien pu se passer. Si 120 battements par minute pourrait passer pour un cas d’étude, ou même une sorte de documentaire, il n’en est rien. Le film sort alors des sentiers battus afin de raconter son histoire en montrant la dure réalité des choses. Robin Campillo n’a réalisé que trois films dans sa carrière mais chacune de ses oeuvres est marquante pour plusieurs raisons. Derrière 120 battements par minute se cache un film qui joue l’action militante certes mais qui rappellera à tout le monde que sur cette Terre, il faut se battre pour avoir ce que l’on désir.

Note : 10/10. En bref, brillant à chaque plan et au casting soigneusement choisi, 120 battements par minute est une étonnante plongée au coeur du militantisme LGBTQI afin de faire reconnaître le problème du VIH, que la France n’assumait pas totalement à cette époque…


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