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"Adorable Rouge-Gorge", par Robert W. Service

Publié le 01 septembre 2017 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Rédacteurs et stagiaires: cliquez sur cette barre pour vous connecter en back-office de la rédaction! Recherche par tags (mots-clés) Recherche d'évènements (agenda) Mon rouge-gorge règne sur le pommier,
De son refrain perçant et joyeux.
Il est si appliqué à chanter,
Qu’il trouve à peine le temps de manger.
Et comme il imbibait son bec de rosée
Il vit sa couvée s’envoler,
Du gai Printemps jusqu’à l'Été,
Il ne cessa jamais de chanter.

Mon rouge-gorge perché sur le mur
Trille l’Automne avec entrain,
Aucune feuille rubis de l’été indien
N'était aussi éclatante que son jabot.
Il me saluait avec la rosée du matin,
Le soir faisait écho à sa joie:
Comme il s’approchait au plus près de ma porte
Je savais qu'il chantait pour moi.

Mon rouge-gorge se tient sur le rebord
Et tape aux carreaux de la fenêtre.
Hélas! la maison était sombre et silencieuse,
Et toute son ardeur fut vaine.
Puis, quand la neige fouettait
Sous des cieux hostiles et froids
Mon petit rouge-gorge cessa de chanter
Et ferma les yeux.

Cher esprit de joie personnifiée,
Tu as rythmé pour nous les saisons,
Et maintenant que les dieux ne te laissent plus chanter
Je fredonne pour toi une chanson.
Oui, mon sentiment peut sembler idiot
Peut-être saugrenu,
Mais s’il n’y a pas de Paradis pour un oiseau
Qu'il n’y en ai pas pour moi non plus.

Observateur de talent, Robert W. Service poétise sur un petit oiseau commun dans nos jardins: le rouge-gorge dont le chant résonne avec force, mais dont la silhouette à la gorge flamboyante est bien plus difficile à apercevoir.
Le poète sensible à la création fait l'éloge des joies qu’un oiseau peut apporter si seulement les hommes daignent prêter attention à ses trilles mélodieuses. Dans la philosophie du poète, tous les êtres vivants doivent avoir leur place au Paradis pour les joies qu'ils ont procurées aux hommes sur la terre. De plus, les oiseaux tiennent une place privilégiée dans la culture anglo-saxonne, notamment les rouges-gorges dont leurs pépiements vigoureux sont un heureux présage.
Néanmoins, le poème possède une tonalité tragique s'articulant autour des quatre saisons; une structure circulaire et évocatrice de la Nature implacable: face à la cruauté de l'hiver, le fragile petit oiseau ne pourra pas survivre.

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