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La fin du jour ...

Publié le 04 septembre 2017 par Acouphene

C’est l’appellation d’une œuvre d’un ami, le sculpteur belge André Willequet (1).
La fin du jour ...
Deux vieux, assis sur un banc, semblent avoir infiniment de temps intérieurement. On pourrait penser qu’ils attendent ... sans rien attendre.

Cette œuvre, commande d’une commune des environs de Bruxelles, avait pris place dans un jardin face à une maison pour personnes âgées. A peine ai-je le temps de dire à André Willequet combien je suis touché par le calme que diffuse son œuvre qu’il me dit : « Je viens d’apprendre que les personnes qui vivent dans cette maison ont fait une pétition pour qu’on retire cette sculpture qui, disent-ils, les dépriment ... »

Les vieux ! Un mot choquant auquel on préfère l’euphémisme : « senior ! ».

Dans la plupart des internats pour séniors sont proposées des activités d’encouragement et des thérapies d’exhortation qui cherchent à convaincre la personne âgée qu’il lui est encore possible, de vivre comme ... avant. Ce genre de système thérapeutique me paraît suspect. D’autant plus que le centre d’intérêt de la personne âgée ne devrait pas se situer dans des domaines où inévitablement elle va régresser mais dans ce domaine où, jusqu’à sa fin de vie elle pourra croître : la maturation intérieure, l’accomplissement intérieur. Le sens de la vieillesse n’est plus d’accéder à des performances extérieures mais à la maturité intérieure.

C’est pourquoi la pratique de la méditation de pleine attention attire de nombreuses personnes qui abordent le troisième âge.

60 ... 70 ... 80 ans ! Voilà le moment de s’éveiller à cet état de santé fondamental, le calme intérieur, trop souvent négligé au cours de l’âge adulte. La paix intérieure fait partie des virtualités que réveille l’exercice du « non-agir », du « rien faire ».

La sculpture d’André Willequet représente deux personnes âgées qui semblent libres de cet état d’être tourmenté, agité, inquiet, qui conduit à la consommation surabondante des anxiolytiques.

Immobiles, les mains croisées, elles demeurent — assise en silence — dans ce domaine trop souvent dédaigné par l’homme adulte, — le moment présent —.

« Quel mystère, quel miracle (s’exclamait un vieux moine zen après une demi-heure d’exercice de la méditation), par la pleine attention au simple va-et-vient du souffle ... tout en moi se calme ! ».


Jacques Castermane
(1) André Willequet sculpteur belge (1921 – 1998)
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