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ALCOOL : Pourquoi les hommes et les femmes réagissent différemment

Publié le 05 septembre 2017 par Santelog @santelog
ALCOOL : Pourquoi les hommes et les femmes réagissent différemment

La consommation excessive d'alcool altère le fonctionnement du cerveau différemment chez les jeunes hommes et les femmes, conclut cette recherche finlandaise présentée au 30è Congrès de l'European College of Neuropsychopharmacology (Paris). Et les risques pourraient être plus sévères chez les hommes...

Les scientifiques de l'Université de l'Est de la Finlande et de la Kuopio University (Finlande) confirment ici que les fonctions du cerveau chez les jeunes hommes et les jeunes femmes sont modifiées par la consommation d'alcool à long terme, mais que ces changements sont significativement différents selon le sexe. L'étude confirme que les jeunes dont le cerveau est toujours en développement, risquent davantage des dommages cérébraux à long terme mais révèle aussi que les risques sont probablement différents chez les hommes et chez les femmes, les hommes étant peut-être plus à risque.

L'étude a été menée sur 11 jeunes hommes et 16 jeunes femmes, âgés de 23 à 28 ans, avec une histoire de forte consommation d'alcool sur les 10 années précédentes, ces participants étant comparés à 12 jeunes hommes et 13 jeunes femmes du même âge, peu ou non-consommateurs d'alcool. Les chercheurs ont examiné les réponses du cerveau à la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), qui active les neurones du cerveau. L'activité cérébrale a été mesurée par électroencéphalogramme. Les observations montrent :

  • une plus grande réponse électrique dans le cortex du cerveau chez les buveurs vs non-consommateurs, ce qui suggère des changements à long terme de la réponse cérébrale ;
  • une réponse très différente chez les jeunes hommes et les jeunes femmes, les hommes présentant une augmentation accrue de l'activité électrique dans le cerveau en réponse à une impulsion TMS : " Nous constatons de plus grands changements dans l'activité électrique du cerveau chez les sujets masculins que chez les femmes, ce qui constitue une surprise, car nous nous attendions à ce que ce soit l'inverse. Cela signifie que le fonctionnement électrique du cerveau masculin est plus profondément modifié que le cerveau féminin par une consommation d'alcool à long terme ", explique le Dr Kaarre, auteur principal de l'étude.
  • les cerveaux masculins présentent une activité électrique plus élevée associée à la neurotransmission GABA (acide gamma-amino butyrique) vs le cerveau féminin : l'alcool entraîne des changements plus prononcés dans les neurotransmissions électriques et chimiques chez les hommes que chez les femmes. La consommation excessive d'alcool à long terme affecte la neurotransmission par les deux types de GABA (A et B) chez les hommes, mais un seul type de neurotransmetteur GABA, GABA-A, est affecté chez les femmes.

Le rôle " des " GABA : GABA est un neurotransmetteur fondamental dans l'inhibition de nombreuses fonctions du système nerveux central et du cerveau central. Il est impliqué dans de nombreux processus neurologiques et joue un rôle clé dans l'anxiété et la dépression. Généralement, il semble calmer l'activité cérébrale. L'activité des récepteurs GABA-A semble affecter les habitudes de consommation, alors que les récepteurs GABA-B semblent être plutôt impliqués dans le désir global d'alcool. Ces nouvelles données pourraient ainsi contribuer à expliquer pourquoi les hommes et les femmes réagissent différemment à l'alcool.

La consommation d'alcool à long terme peut être dangereuse pour les jeunes : c'est le rappel essentiel de cette étude, même si la consommation d'alcool à long terme affecte les hommes et les femmes très différemment. Ici en effet, aucun des participants de l'étude ne répondait aux critères de diagnostic des troubles liés à l'alcool et pourtant des changements importants ont été constatés dans le fonctionnement du cerveau.

Enfin, cette découverte de modèles cérébraux différents chez les hommes et les femmes consommateurs " lourds " d'alcool pourrait avoir des implications pour un traitement plus personnalisé de l'alcoolisme. L'un des nouveaux médicaments les plus récents pour le traitement de la dépendance à l'alcool est le Baclofène, un agoniste de GABA-B, qui a montré des résultats mitigés qui peuvent probablement être expliqués par cette étude.

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