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Johanna Wagner, la nièce du compositeur, la première Elisabeth dans Tanhhäuser

Publié le 08 septembre 2017 par Luc-Henri Roger @munichandco

Johanna Wagner, la nièce du compositeur, la première Elisabeth dans Tanhhäuser

Johanna Jachmann-Wagner ou Johanna Wagner, nacquit le 13 octobre 1828 à Seelze et décéda à Wurtzbourg le 16 octobre 1894. Enfant naturel, elle fut adoptée par Albert Wagner, frère aîné de Richard et son épouse Elise.Elle fut actrice, mezzo-soprano et professeur de chant. Nièce de Richard Wagner, elle est la créatrice du rôle d'Elisabeth dans Tannhäuser. Tichatschek y chantait le rôle-titre. Ils restèrent amis pour la vie.

En 1859, elle interpréta Ortrud dans la création berlinoise de Lohengrin. que son père avait mis en scène.

En mai 1872 Johanna tint une promesse faite à son oncle Richard Wagner. Elle chante la partie d'alto dans la 9e symphonie de Beethoven lors de la pose de la première pierre du Festspielhaus de Bayreuth. Elle participa également à la première édition du Festival de Bayreuth en 1876, dans les rôles de Schwertleite dans Die Walküre et de la première Norne dans Götterdämmerung dans la première production complète de Der Ring des Nibelungen.

Elle habita Munich à partir de 1882 où elle travailla en collaboration étroite avec le Théâtre Royal de Cour. Elle accepta le poste de professeur de chant au Conservatoire royal de musique et le titre de professeur. Louis II de Bavière lui accorda une place permanente à l'opéra de Munich et lui fit l'honneur de l''inviter à une représentation privée de Parsifal.

Johanna Wagner vue de France en 1852

Voici comment J-lL- Heughel évoquait la carrière de la nièce de Richard Wagner dans Le Ménestrel du 16 mai 1852 (extrait de la page 2):

"[...] Mlle Johanna Wagner, fille d'Albert Wagner, chanteur qui eut quelque réputation en Allemagne, comme ténor dramatique, et nièce du compositeur Richard Wagner, compositeur et maître de chapelle à Dresde, vint à Paris, il y a quelques années, et y prit des leçons de chant de Manuel Garcia. Avant que sa voix de contralto n'eût acquis le développement remarquable qu'elle possède aujourd'hui, ses parents lui avaient fait faire des études pour la tragédie, à laquelle la majesté de sa taille et la noblesse de ses traits semblaient la disposer. A son retour en Allemagne elle fut engagée au Théâtre de Dresde, où ses débuts n'eurent pas le retentissement que l'avenir réservait à cette cantatrice. Son intonation était douteuse, et les notes élevées de sa voix presque nulles. A Hamburg commença pour la jeune artiste la réputation que Berlin confirma deux ans après : le rôle de Fidès dans le Prophète fut surtout pour elle comme une révélation de sa puissance dramatique. En effet, après le départ de Mme Viardot, qui avait laissé dans ce rôle de grands souvenirs, Mlle Wagner s'en empara, et par la richesse de son organe et la grandeur de-son exécution, elle sut revêtir cette belle création jugée inabordable, de couleurs nouvelles. Tout Berlin parle encore avec orgueil des magnifiques représentations données l'année dernière au Grand-Théâtre-Royal, alors que Roger passa deux mois dans cette ville. Le Prophète, interprété par ces deux grands artistes, vit sa vogue renaître ; l'ouvrage était donné sous les yeux du maître et son exécution qui attirait les spectateurs de toutes les parties de l'Allemagne pouvait défier toute comparaison. Dès ce moment, Mlle Wagner, sur le talent de laquelle Meyerbeer avait jeté les yeux pour son rôle de l'Africaine, vit sa réputation atteindre son apogée. C'est alors qu'elle reçut successivement des propositions d'engagement des directeurs rivaux des théâtres italiens de Londres. Mlle Wagner est une grande personne, trop grande peut-être, car à côté d'elle les autres artistes ont quelque peu l'air de pygmées : sa voix de poitrine est d'une puissance colossale d'autant plus rare, que ses notes élevées sont aussi devenues fort belles et très éclatantes. Elle possède ce qu'on appelle le feu sacré, l'inspiration, et chante magistralement les différents rôles de Roméo, d'Arsace, ceux de Fidès, Valentine, Valentine, etc. Advienne maintenant l'Africaine, et Paris jugera s'il y a lieu de ratifier la réputation que l'Allemagne artistique a faite à la jeune et déjà célèbre cantatrice. [...]" .


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