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FATIGUE : Mais pourquoi le bâillement est-il si communicatif ?

Publié le 09 septembre 2017 par Santelog @santelog
FATIGUE : Mais pourquoi le bâillement est-il si communicatif ?

Le bâillement, " contagieux " ? Et même, pourquoi serait-ce important ? Cette étude de l'Université de Nottingham suggère que cette propension humaine à reproduire le bâillement est bien réelle et déclenchée automatiquement par des réflexes primitifs dans le cortex moteur primaire, une zone du cerveau responsable de la fonction motrice. Au-delà du côté anecdotique de la communicabilité de ce réflexe, ces travaux de l'Université de Notttingham présentés dans la revue Current Biology éclairent l'association entre l'excitabilité motrice et l'apparition d'échophénomènes dans plusieurs conditions liées à une excitation accrue et / ou à une diminution de l'inhibition physiologique, dont l'épilepsie, l'autisme ou encore le syndrome de Gilles de la Tourette.

En fait, notre capacité à résister au bâillement lorsque quelqu'un d'autre bâille près de nous est vraiment limitée. Et cette envie de bâiller est même augmentée lorsqu'on essaie de résister. Si nous tentons d'étouffer un bâillement, cela changera la façon dont nous bâillons, mais cela ne changera pas notre propension à bâiller, une propension bien individuelle pour chacun d'entre nous.

  • De nombreuses formes d'échophénomènes : Stephen Jackson, auteur principal et professeur de neuroscience cognitive explique que cet échophénomène n'est pas limité au bâillement. Ainsi répéter systématiquement les mots d'un autre ou la fin de ses phrases (écholalie) ou reproduire ses actions (échopraxie) sont différentes formes de propension courantes à la répétition.
  • Des échophénomènes non exclusivement humains : ils ne sont en effet pas seulement un trait humain et sont retrouvés également chez certains animaux comme les chimpanzés ou les chiens.
  • Des échophénomènes observés dans un large éventail de conditions cliniques : ces phénomènes liés à une excitabilité corticale accrue et / ou à une diminution de l'inhibition physiologique sont retrouvés dans certaines formes de démence, Parkinson, l'épilepsie, l'autisme et le syndrome de Gilles de la Tourette.

La base neurale des échophénomènes était jusque-là inconnue. Alors, pour tester le lien entre l'excitabilité du cortex moteur et éclaircir la base neurale du bâillement communicatif, l'équipe de recherche de Nottingham a utilisé la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), pratiquée chez 36 adultes visionnant des clips vidéo avec quelqu'un d'autre en train de bâiller. Les participants ont été invités à se laisser aller à bailler ou à résister. L'intensité de l'envie de bâiller perçue par chaque participant a été enregistrée. L'expérience montre que

  • réprimer le bâillement augmente son envie ;
  • la stimulation électrique augmente l'envie de bailler en augmentant l'excitabilité et, ce faisant, augmente le caractère communicatif du bâillement.
  • la propension de chaque participant à bailler de manière " contagieuse " est déterminée par l'excitabilité corticale et l'inhibition physiologique du cortex moteur primaire.

Ces données sont loin d'être anecdotiques. Elles permettent de mieux comprendre comment les altérations de l'excitabilité corticale peuvent favoriser certains troubles neurologiques, ou du moins certains de leurs symptômes et d'identifier de nouvelles méthodes pour les inverser. En particulier, la stimulation magnétique transcrânienne apparaît ici comme une technique prometteuse pour modérer des déséquilibres d'excitabilité des réseaux neuronaux.

Équipe de rédaction Santélog


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