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Témoignage du sélectionneur de l’EN kabyle de football suite à son arrestation par la police coloniale algérienne

Publié le 11 septembre 2017 par Medzaher
Témoignage du sélectionneur de l’EN kabyle de football suite à son arrestation par la police coloniale algérienneKABYLIE (SIWEL) — Une dizaine de policiers algériens se sont succédé au bureau de la sûreté de la wilaya de Tizi-Ouzou pour interroger pendant plus de six heures Aksel Bellabbaci, le sélectionneur de l’équipe nationale kabyle de football interpellé vendredi 8 septembre à 15 heures à son domicile sis au village de Tala-Σetman (Tala Athmane) pour n’être libéré qu’après minuit passé.
20 policiers coloniaux de la BRI pour un seul homme kabyle…
dont le seul « crime » est de courir derrière un ballon et… accessoirement d’avoir qualifié l’équipe nationale kabyle à la Coupe du monde de football ConIFA 2018 qui se déroulera à Londres du 31/05 au 10/06/2018.
Ils étaient au moins une vingtaine d’éléments de la Brigade algérienne de Recherche et d’Intervention (BRI) à bord de cinq véhicules 4×4 à encercler le domicile du manager kabyle, qui, grâce à une sentinelle à l’entrée du village qui l’a averti, observait leur arrivée depuis son balcon avant de descendre à leur rencontre devant le seuil de sa maison. Il leur a confirmé son identité avant qu’ils ne l’amènent à la Sûreté de wilaya pour « affaire le concernant » (sic).
En langue kabyle
Face aux policiers, s’exprimant exclusivement en kabyle à ses interlocuteurs kabyles et en français aux arabes, c’est avec la force tranquille qui anime tout militant convaincu de défendre une juste et noble cause que celle de libérer son peuple et de marteler son identité kabyle qu’Aksel Bellabbaci s’est farouchement défendu.
Permis de conduire français confisqué
Son permis de conduire français lui a été confisqué, et pour le récupérer, les policiers ont insisté pour qu’il se représente avec son passeport, ce qu’Aksel ne compte pas faire car il doit repartir vers la France ce lundi 11 septembre.
Menace de licencier ses frères de l’université
Ayant manifestement préparé un gros dossier sur le responsable sportif kabyle, rien n’a été laissé au hasard, toute sa généalogie est passée au crible avec à chaque fois que cela est possible une menace caractérisée avec des mesures de rétorsion contre notamment ses frères qui travaillent à l’université de Tizi-Ouzou.
Le drapeau kabyle sur le toit de sa maison
Un policier lui pose une question sur le drapeau kabyle levé sur le toit de sa maison au village et qu’ils avaient constaté lors de son arrestation chez lui, question éludée par un autre policier, comme pour  signifier que cette fois, l’accent devait être mis sur l’équipe nationale kabyle de football.
L’équipe nationale kabyle de football au menu
Après un questionnaire laissant supposer leur ignorance complète des étapes ayant mené l’équipe nationale kabyle jusqu’à la qualification à la phase finale de la coupe du monde de football 2018 organisée par la ConIFA, le sélectionneur kabyle avait l’impression de leur avoir asséné des cours magistraux sur les règles internationales
Des points engrangés pour la qualification au nez et à la barbe de la police algérienne
Le manager kabyle  a découvert qu’au vu de leurs questions, cela révélait leur ignorance que l’équipe nationale kabyle a disputé secrètement, sous leur nez et devant leur barbe, une dizaine de matchs en guise de tournoi, gala, alors que ces derniers comptaient pour la qualification à la Coupe du monde de la ConIFA
Antisémitisme officiel de l’Etat algérien
Devant l’étonnement des policiers que la Kabylie ait pu se qualifier, Aksel Bellabbaci leur a porté l’escouade en leur disant que l’équipe nationale kabyle ne vas pas que participer mais emportera même la Coupe du monde, ce à quoi les fonctionnaires algériens ont rétorqué « c’est normal, car ce sont les Juifs qui sont 
derrière ! ».
L’EN kabyle pour les kabyles
Dédaigneux et ironique, un policier arabe lui a demandé s’il pouvait participer à l’équipe nationale kabyle, ce à quoi le sélectionneur lui a répondu par la négative car il fallait avoir la nationalité kabyle.
S’en est suivie une accusation de racisme de la part des Kabyles, qu’Aksel Bellabbaci a immédiatement réfutée en leur démontrant que c’est le propre même de toutes les sélections nationales d’être composées exclusivement que par des nationaux.
Invitation transmise à l’équipe du Sahara occidental
Et pour enfoncer le clou, le responsable sportif kabyle lui a appris que l’équipe nationale kabyle a même invité officiellement l’équipe du Sahara occidental, autre membre de la ConIFA, à disputer un match amical.
Questions sur Ferhat Mehenni
Appliquant comme à l’accoutumée leur « procédure MAK » réservée aux souverainistes kabyles, les interrogateurs algériens ont voulu connaître sa fonction au sein du MAK-Anavad, ses liens avec le président du Gouvernement provisoire kabyle en exil, Mas Ferhat Mehenni, s’il confirmait qu’il résidait dans un Hôtel 5 étoiles, ce à quoi Aksel leur a rétorqué « non en fait, il a déménagé récemment, maintenant il est dans un Hôtel 6 étoiles »…
Profitant de l’occasion, il leur a même appris qu’il a rendu visite à Nna Wiza, la mère du président Ferhat Mehenni et elle a « béni » le maillot de l’équipe nationale kabyle ainsi que le drapeau de la Kabylie.
Témoignage du sélectionneur de l’EN kabyle de football suite à son arrestation par la police coloniale algérienne
Questions sur le MAK-Anavad
Ayant déclaré qu’il avait laissé son téléphone en France, les policiers chacun son tour lui montrait sur son propre smartphone des photos de rassemblements souverainistes kabyles et des personnalités Kabyles pour savoir s’il les connaissait et quels sont leurs postes ou missions…
Placide, il s’est lui-même proposé de leur indiquer ses participations lors des marches et autres manifestations organisées par le MAK-Anavad dans la diaspora, en leur indiquant même sa position lorsqu’il était de dos sur certaines photos.
Procès-verbal, prise d’empreintes digitales…
Vers 20 heures, pour la rédaction du procès-verbal, changement de bureau, prise des empreintes digitales et redoublement de menaces et de tentatives de dissuasion de continuer son militantisme, on lui demande s’il est musulman, son niveau d’études, son travail, ses revenus, le nom de sa mère, de son père, de ses frères, de ses sœurs, le lieu où il travaille, le nom de ses collègues de travail…
Visite médicale à M’douha
Moins d’une heure plus tard, il a été escorté à la Polyclinique de M’douha pour établir un certificat médical prouvant qu’il n’a subi de sévices corporels, ce qui fut le cas en effet, car les policiers, contrairement à d’autres fois, étaient corrects.
Fixette sur le passeport d’Aksel
De retour à la permanence de la Centrale, c’est à un ballet de visites des proches d’Aksel qu’on assiste, les policiers ont fait appel à tous ses proches, sa famille, ses amis, afin de les dissuader de ramener son passeport car sa relaxe n’est soumise qu’à cette condition : qu’ils aient entre leurs main le passeport d’Askel, comme pour l’empêcher de pouvoir voyager et d’une certaine manière, peut-être pensaient-ils que du coup la Kabylie déclarerait-elle forfait à la Coupe du monde (?), ce qui est ubuesque !
Le chef arabe de la police lui a « juré sur Allah qu’il ne sortira jamais s’il ne présentait pas son passeport », ce à quoi Aksel a répondu du tac au tac avec le juron kabyle : « Jmaɛ Liman que je sortirai sans vous présenter mon passeport ! Sinon, produisez un mandat de perquisition et fouillez ma maison et vous ne le trouverez nulle part dans tous les cas »
La relaxe grâce au soutien des souverainistes
Minuit passé, il a finalement été relâché bel et bien sans présenter son passeport, mais en « sacrifiant » son permis de conduire français qu’ils lui ont confisqué sans même lui remettre un quelconque reçu ! Il a rejoint les militants souverainistes qui s’étaient rassemblés devant le Commissariat central de Tizi-Ouzou pour exiger sa libération immédiate et sans condition, militants qui ont insisté pour l’escorter demain lundi pour son voyage en France et retrouver sa petite fille de 5 ans, Kelyna, qui a fait sa rentrée scolaire sans son papa.
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