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Handicapés: plutôt payer qu’embaucher

Publié le 13 septembre 2017 par Harmonic777888 @phbarraque

Handicapés: plutôt payer qu’embaucherEncore trop de sociétés en France de plus de 20 salariés préfèrent payer une contribution financière à l’AGEFIPH plutôt qu’embaucher des personnes handicapées. Etat des lieux.

C’est un sport national que de ne pas embaucher les personnes en situation de handicap. Alors que le physicien cosmologiste Stephen Hawking prédit la fin de notre humanité du fond de son fauteuil électrique avec un simple clignement d’œil, nombre de sociétés françaises ignorent, voire méprisent, les personnes en situation de handicap en ne les embauchant pas. Et quand elles les « supportent » dans leurs entreprises, c’est pour leurs pourrir la vie au quotidien en rendant leur poste de travail inaccessible, en n’équipant pas les portes palières d’ouverture électrique ou leurs locaux de toilettes handicapées. Les DRH ferment les yeux, la médecine du travail aussi. Tout ce petit monde feint de s’étonner et ce type de situation perdure. Il y a mille et une façons de renvoyer le handicap à la case de départ même si vous êtes super diplômé.

Bien sûr, il y a des sociétés « bonnes élèves » qui jouent le jeu et qui ne le regrettent pas tant sur le plan humain que professionnel. Elles ont de plus bénéficié de nombreuses aides et subventions à l’embauche et à l’aménagement de l’espace travail. Les résistances viennent essentiellement, et comme toujours, des mentalités bien ancrées dans la société française conservatrice.

En effet, depuis la loi du 11 février 2005, les entreprises de plus de 20 salariés doivent respecter un quota de 6% de salariés handicapés, mais beaucoup, pour se mettre en règle avec les dispositions légales, choisissent de verser leur dîme à l’Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion professionnelle des personnes handicapées plutôt que de « s’embêter » à créer des conditions favorables à l’embauche. Elles versent parfois des sommes astronomiques à l’AGEFIPH pour s’épargner la vue quotidienne de fauteuils roulants et autres maladies invalidantes. Certaines ont même une « commission handicap », pour la frime, alors qu’elles ne sont pas les plus vertueuses.

Au royaume de l’hypocrisie, les sociétés françaises sont des championnes toutes catégories de ce type de discrimination – parmi d’autres. Le vivre ensemble, c’est beau pour communiquer, c’est valorisant pour l’image de l’entreprise, mais pas chez nous!

  • Philippe Barraqué, co-auteur du livre Handicap, un challenge au quotidien (éditions Jouvence), expert santé

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