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Les Rohingyas, une histoire dans la souffrance

Publié le 27 septembre 2017 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Rédacteurs et stagiaires: cliquez sur cette barre pour vous connecter en back-office de la rédaction! Recherche par tags (mots-clés) Recherche d'évènements (agenda) Leur histoire commence sous la colonisation britannique. La Birmanie n’existe pas encore, elle est vue comme une extension de l’Inde, un ensemble de 135 ethnies qui n’ont jamais été unies. En 1824, les Bengalis sont incorporés dans l’armée britannique pour étendre l’empire vers l’est. Ils vont alors se battre pour la Couronne pendant les guerres anglo-birmanes. Installés sur les terres de l’Arakan, ils sont devenus peu à peu des Rohingyas, même si l’origine et la date de cette nouvelle appellation n’est pas encore déterminée. L'indépendance birmane, en 1948, va bouleverser l’équilibre des populations. Même s'ils possèdent alors le droit de participer à la vie politique, les musulmans sont mis au ban de la société, associés aux colonisateurs.

L’instauration de régimes militaires en 1962 va empirer leur sort déjà précaire, en aggravant la ségrégation et les exactions.Dans les années 1970 et 1980, le régime militaire va progressivement en faire des apatrides, sans quasiment aucun droit. Ils sont ainsi interdits de voyage et ont un accès très limité à l’éducation et aux soins. En 1982, une loi a spécifié que seuls les groupes ethniques présents sur le territoire avant 1823, antérieurement à la colonisation britannique, pouvaient obtenir la nationalité birmane. Les Rohingyas, venus du Bengale, sont donc exclus des 135 minorités répertoriées. Ils sont d’ailleurs toujours appelés bengalis par les birmans, pour souligner leur statut de clandestins indésirables.

Considérés comme apatrides dans ce pays bouddhiste, ils n'ont pas accès au marché du travail, aux écoles et aux hopitaux. Les Rohingyas sont de langue indo-européenne, et vivent principalement dans l’État de Rakhine, à l’ouest du pays. Au nombre de 1,3 million, ils représentent 5% de la population birmane, et sont rejetés par la majorité bouddhiste du pays qui ne les considère pas comme faisant partie de l’identité birmane.

En 2012, à la suite d’un viol supposé d’une femme bouddhiste par un Rohingya, des représailles démesurées ont fait près de 200 morts et chassées des centaines de milliers de Rohingyas de leur foyer. Les exactions se sont accrues en 2016, et depuis le 25 août 2017, ils subissent les représailles de l’armée birmane suite à l’attaque de postes de polices par des rebelles rohingyas. On dénombre plusieurs centaines de morts du coté Rohingyas. Aujourd’hui, plus de 120.000 Rohingyas vivent dans des camps et plus de 400.000 ont fui vers le Bangladesh. Ceux qui ont réussi à franchir la frontière livrent des récits terrifiants de ce qu’ils ont subi: tortures, massacres, viols en réunion… On estime aujourd’hui à 20.000 le nombre de personnes bloquées entre les deux pays, sans ressources, et dans une situation humanitaire critique.

Depuis ces violences, la Birmanie fait face aux critiques grandissantes de la communauté internationale, au risque que cette pression accentue les tensions dans ce pays au puissant sentiment nationaliste. Critiquée pour sa passivité, la conseillère d’État Aung San Suu Kyi et prix Nobel de la paix est en réalité pieds et poings liés dans cet État gouverné par l’armée, confrontée à une situation qui ne pourra pas se résoudre de l’intérieur.


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