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The Avengers. L'exorcisme par l'image

Par Balndorn

The Avengers. L'exorcisme par l'image
Une séance d'exorcisme collectif. Une conjuration des vieux démons. Une chanson de geste sublimant la peur. Voilà ce qu'est Avengers.         S'est-on au juste jamais demandé ce que vengeaient ceux que l'on nomme les « Vengeurs », si ce n'est une décennie d'affronts pour le pays à la bannière étoilée ? N'est-il pas évident que la bataille finale du premier opus, avec ses tours détruites, ses pompiers héroïques, ses citoyens terrorisés par des attaques terroristes, est une remise en scène de l'Histoire récente, traumatique, celle du 11-Septembre ?
  Mais, à la manière du désastre militaire de Roncevaux sublimé en martyre chrétien héroïque dans La Chanson de Roland, le jour de la honte nationale devient, au cinéma, celui de la renaissance d'une Amérique triomphante et fière d'elle-même.     

  Il faut voir à quel point le 11-Septembre est transfiguré dans ce climax du film.             Les terroristes d'abord, qui, d'étrangers fanatisés, barbus et jugés barbares, deviennent à l'écran des espèces d'Orcs hideux, cruels, à exterminer jusqu'au dernier. Le même procédé que dans 300. Transformer l'adversaire historique en autre absolu, en adversaire de la condition humaine tout entière, c'est :  - d'une part faire d'un conflit politique, dont la responsabilité est partagée entre les différents protagonistes (Al-Qaïda a certes attaqué les États-Unis mais elle est le produit de leurs interventions multiples au Moyen-Orient, de leur soutien à Israël et de celui qu'ils avaient apporté aux moudjahidin afghans pendant l'invasion soviétique), une guerre cosmique et manichéenne, dans laquelle les Américains, réduction métonymique de toute l'humanité, ne sont que les victimes de grands méchants animés par la seule soif de conquête et de destruction        - et d'autre part justifier une politique quasi-génocidaire envers des populations dont on nie jusqu'à l'humanité et ainsi se targuer de mener la lutte du Bien contre le Mal. On vous l'avait bien dit, sous les méchants barbus, il n'y a pas d'âme.        Et puis il y a ces héros, absents le jour fatidique. Le film garde toutefois l'héroïsme réel des pompiers et des policiers, mais il n'est plus au-devant de la scène. Symboles nationaux (Captain America et Iron-Man), divinités (Thor et Hulk) et combattants hors-pair (Faucon et Black Widow) sont de retour. America is back !      
  En somme, que fallait-il pour que l'Amérique redore son blason ? Des héros unifiés. La team ultime pour vaincre un mal sans précédent. Comment surmonter les divisions des intérêts égoïstes ? C'est toute l'intrigue d'Avengers.              Avengers marque vraiment une date dans l'histoire du film de super-héros. Après une décennie sombre et mélancolique (les Spider-Man de Raimi, les X-Men, les Batman de Nolan, Daredevil), dominée par la politique destructrice et liberticide de Bush, voici le retour des héros solaires, ceux qui portent haut les valeurs de leur pays. À présent, l'heure n'est plus à la crise interne, à la question de savoir si le super-héros est légitime ; l'Obamania triomphale et optimiste a gagné les super-héros. Il est temps d'aller de l'avant.   Superheroes bless America 


The Avengers. L'exorcisme par l'image

The Avengers, de Joss Whedon, 2012
Maxime

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