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PARKINSON: L’odorat en question

Publié le 11 octobre 2017 par Santelog @santelog
PARKINSON: L’odorat en question

La perte de l'odorat a déjà été documentée comme un signe de déclin cognitif et précurseur d'Alzheimer. Cette étude du Max-Planck-Gesellschaft élargit ce lien à la maladie de Parkinson, en montrant qu'elle implique une dégénérescence du système olfactif. Des travaux expliquent dans la revue Brain, comment les glomérules olfactifs, de petites structures sphériques présentent dans le bulbe et impliquées dans traitement de l'information olfactive sont réduites en nombre et différemment distribuées chez les patients parkinsoniens.

9 patients parkinsoniens sur 10 souffrent de déficiences de l'odorat dans les premiers stades de la maladie et parfois même des années avant l'apparition des symptômes moteurs caractéristiques de la maladie. L'hypothèse du vecteur olfactif pour la maladie de Parkinson soutient que des facteurs environnementaux, (virus, métaux, composés chimiques dont pesticides), sont des facteurs de risque ou même des causes de la maladie. Car aucun autre système sensoriel que le système olfactif n'est en contact aussi étroit avec l'environnement extérieur. L'hypothèse soutient ainsi que l'agent pathogène introduit dans le bulbe olfactif à partir de la cavité nasale pourrait déclencher -ou favoriser- la maladie de Parkinson qui pourrait ensuite se répandre progressivement à d'autres zones du cerveau. Cette étude montre qu'en effet, le volume total occupé par les unités fonctionnelles du bulbe olfactif, les glomérules, est réduit à la moitié de celui des personnes exemptes de parkinson.

Un volume glomérulaire réduit de plus de 50% : les chercheurs ont comparé les bulbes olfactifs des personnes atteintes ou non de la maladie de Parkinson à partir d'échantillons post mortem. Les chercheurs ont traité chimiquement les bulbes olfactifs post-mortem, coupé des sections minces de dix micromètres sur toute leur longueur et coloré les sections avec des anticorps marqués par fluorescence. Les sections étiquetées ont ensuite été analysées, les images ont été reconstituées en 3D, permettant ainsi l'analyse globale des bulbes olfactifs. Lorsque les chercheurs comparent les volumes des bulbes olfactifs de cas et de témoins, ils constatent que :

  • le volume occupé par les glomérules est réduit, chez les cas, de plus de la moitié ;
  • la distribution des glomérules est modifiée. Les bulbes olfactifs de témoins présentent 70% de leur volume glomérulaire dans la moitié inférieure du bulbe olfactif, ce n'est que 44% chez les patients parkinsoniens. Une constatation, selon les chercheurs, conforme à l'hypothèse du virus olfactif de la maladie de Parkinson.
  • Enfin, plus le nombre de corps de Lewy est élevé, plus le volume glomérulaire est réduit, ce qui suggèrent toujours selon les auteurs, que les corps de Lewy sont bien la cause de la réduction du volume glomérulaire.
Les chercheurs travaillent maintenant à identifier quel type de neurones dans l'appareil olfactif est prioritairement affecté dans la maladie de Parkinson.

Équipe de rédaction Santélog


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