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Interview de LINESTORY

Publié le 11 octobre 2017 par Paristonkar @ParisTonkar

Interview de LINESTORY
A quel moment as-tu vu tes premiers tags et tes premiers graffes ?
J’ai eu une révélation pour la peinture, il y a deux ans. Je ne peignais pas avant. Aujourd’hui je ne peux plus m’arrêter, j’ai enfin trouvé le moyen d’expression que j’ai cherché toute ma vie. Ma rencontre avec l’aérosol est complètement hasardeuse. J’étais curieuse de découvrir différentes techniques de peinture, j’ai donc testé une bombe de couleur noire sur un médium en bois. Ça a été le coup de foudre, c’est la technique que j’utilise le plus aujourd’hui dans mes peintures. La première fois que j’ai approché le graff, c’est grâce à une rencontre que j’ai faite. L’artiste graffeur NEXER. Nous avons complètement flashé sur nos univers artistiques respectifs. Il m’a beaucoup appris sur le graff et nous avons décidé de faire une collaboration qui a donné lieu à notre premier mur : « AIR » en octobre 2017.

Interview de LINESTORY

Où as-tu peint la première fois ?
A l’époque je travaillais dans une entreprise d’évènementiel dans le 91. Ils avaient un grand dépôt de fabrication de décors. C’est là où j’ai vraiment peint mon premier tableau. C’est à ce moment la que j’ai découvert le bois en tant que médium. J’ai eu une connexion si forte avec cette matière que c’est quasiment le seul support que j’utilise aujourd’hui.

Interview de LINESTORY

Et où as-tu posé ton premier tag ?
Plutôt mon graff même si je ne me considère pas comme une graffeuse. Le graffiti, c’est une grande prise de risque, l’appartenance à des crews et un état d’esprit général qui est impressionnant, une vraie communauté. Je suis plutôt « loup solitaire » dans ma peinture mais je n’ai aucune limite sur mes supports du coup, lorsque NEXER m’a proposé une collaboration sur un mur, j’ai adoré l’idée et j’ai foncé. Notre premier graff est né cet été sur un mur de 12 x 4 mètres dans le Parc du Cerisier à Argenteuil.

Interview de LINESTORY
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Quel est ton pseudo depuis le début ?
Linestory. C’était une évidence. Ce pseudo est le reflet de ma propre histoire avec la peinture et en même temps de mon identité graphique. Je retranscris chaque émotion, ressenti, rencontre, mon monde en général par des abstractions géométriques et organiques. Chaque peinture est une histoire en elle même. Et comme tout a commencé par un rêve intense de lignes que j’ai fait en pleine nuit il y a deux ans, c’est aussi l’histoire de ces lignes qui ont changées ma vie.

Qui as-tu croisé à tes débuts ?
Mes débuts datent d’il y a deux ans donc ça fait très peu de temps. Nexer est le seul graffeur avec qui j’ai réellement concrétisé une peinture et avec qui j’ai d’autres projets en cours. Mais j’ai eu la chance d’avoir rencontré Shaka et échangé avec lui lorsque j’étais au lycée. J’avais beaucoup observé ces dessins à l’époque et quand je vois aujourd’hui le travail qu’il réalise je trouve ça beau.

As-tu peint des métros ou des trains en France ?
Non. Mais si on m’y invite ça sera avec plaisir (rires)…

Quels étaient les endroits où tu as peint à tes débuts ?
Mes 10 premières peintures sur bois ont été réalisées dans un dépôt dans l’Essonne. J’ai rapidement eu tellement besoin de peindre que j’ai dû trouver un atelier. Je me suis installée dans un grand garage que j’ai réaménagé en atelier dans le 91 à Draveil. Et c’est devenu ma bulle, l’endroit où je n’ai plus aucune protection et où mes émotions peuvent sortir en peinture. C’était fou, en six mois j’ai peint une cinquantaine de toiles. Je me souviens encore de cette énergie intense.

Interview de LINESTORY

Peux-tu nous parler de ton premier crew ?
Étant donné que mon domaine c’est plutôt la peinture et le dessin plus que le graff en tant que tel je n’ai pas (encore) fait partie d’un crew. En revanche, mes collaborations avec des artistes comme Nexer ou MadyMadShadow (écrivain, auteur compositeur) sont toutes le fruit d’une rencontre humaine et d’un grand désir de s’exprimer ensemble à un moment donné. Ça forme en quelque sorte un petit crew non ? (Rires)

Interview de LINESTORY

Elle change tout le temps au fur et à mesure des rencontres, des échanges et des envies. Pas de limites pour ma pratique et une certaine spontanéité dans les collaborations. J’adore ça.

Interview de LINESTORY

Quel est ton mur le fou ?
« AIR ». Ce mur est dans le parc du Cerisier à Argenteuil. Le cadre était dingue : un mur isolé au milieu de la nature. On entendait les oiseaux chanter. C’était très apaisant pour peindre. C’est la collaboration avec Nexer qui a été la plus intense pour le moment. On avait tellement envie de concrétiser notre rencontre par une peinture qu’on a presque pas préparé le mur en amont. L’exercice était nouveau autant pour lui que pour moi. Pour deux raisons : dans le procédé de création lui même parce qu’on était deux sur le même mur, et dans le rendu sur le mur parce qu’on a réalisé une peinture plutôt abstraite pour un graff. Ça sortait de ses habitudes de graff. Je me souviens encore à la fin il m’a dit : «  tu me fais découvrir le graff sous une autre forme ». On s’est à peine parlé en réalisant le mur, on savait exactement quoi poser et où le poser pour trouver l’équilibre entre nos deux styles. On a tellement ressenti la peinture qu’on a lancée un projet de 3 autres murs sur le thème des 4 éléments. L’Air c’est fait. Le prochain sera sur l’Eau, probablement sur un mur dans l’Essonne.

As-tu des influences ?
Le monde qui nous entoure et ce que nous vivons tous les jours sont suffisants pour moi.
Je suis fascinée par les comportements vivants en général et notre appartenance à un cosmos qui nous dépasse. J’observe beaucoup la lumière et la nature et les petits détails que je découvre dans n’importe quelle situation. On me dit souvent que « je phase ». Oui, je pars dans mon esprit et j’écoute ce que je ressens pour être le plus fidèle à cette émotion que je vais ensuite peindre.

Une envie folle que tu voudrais réaliser un jour ?
J’ai des envies de gigantesque en ce moment. Peindre sur un building à New York dans l’ultra urbain. Ou au contraire, à l’opposé peindre ma géométrie dans un endroit totalement éloigné de toute présence humaine. Me retrouver seule en connexion avec une nature sauvage et peindre pendant des heures, voilà la folie !

Peux-tu nous donner quelques anecdotes ou des événements bizarres qui te sont arrivés ?
L’évènement le plus bizarre est quand même ce rêve qui a tout déclenché. Rêver et se réveiller en continuant de voir des lignes apparaître et disparaître autour de soi en pleine nuit ce n’est pas banal. C’était tellement étrange cette intensité que ça m’a donnée envie de la suivre et de voir ce que ça pouvait donner. Quand je vois ce que je fais aujourd’hui je suis heureuse d’avoir écouté mon instinct. Dans le même style, depuis que j’ai commencé je vois des signes forts de temps en temps. Par exemple, un jour j’étais en train de peindre et je ressentais une intensité particulière. J’utilisais des dégradés de rouge assez fort qui symbolisaient à la fois la lumière et la passion. J’étais dehors et il faisait beau. Des petites ombres créées par les feuilles d’un arbre sont apparues sur ma peinture. Et tout à coup, j’aperçois une forme de cœur très nette par rapport aux autres ombres. Le cœur est resté net sur ma peinture pendant 5 minutes. C’était assez perturbant. Quand vous voyez ce genre de choses, vous vous dites que vous êtes à votre place.

Interview de LINESTORY

Crédit photos : LINESTORY – Clémence Lerondeau
Site : www.linestory.wix
Facebook/insta : Linestory – Clémence Lerondeau



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