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Seal Team (2017) : des hommes parfaits

Publié le 17 octobre 2017 par Jfcd @enseriestv

Seal Team est une nouvelle série diffusée depuis la fin septembre sur les ondes de CBS aux États-Unis et de Global au Canada. Chaque semaine, on suit une unité d’élite appartenant à la Navy Seal dans leurs missions hautement dangereuses un peu partout à travers le monde. Commandée par l’officier supérieur Jason Hayes (David Boreanaz), les membres de l’équipe tentent de conjuguer leur travail avec leurs vies personnelles et au bout du compte, ils s’en tirent très bien. C’est justement là où le bât blesse puisqu’on a affaire à un groupe de surhommes que rien n’ébranle ; ce qui les rend extrêmement ennuyeux. Sinon, il est difficile d’expliquer en quoi la nouveauté de CBS a réussi alors que The Brave à NBC mange la poussière.

Seal Team (2017) : des hommes parfaits

Contre vents et marées

La Seal est une équipe pour le moins soudée. Sous le commandement de Jason, nous retrouvons ses meilleurs amis Ray (Neil Brwon Jr.), Sony (A.J. Buckley) et Mandy (Jessica Paré), mais l’unité du groupe est mise à mal avec l’arrivée de Clay (Max Thieriot), une jeune recrue prometteuse, mais qui a tendance à n’en faire qu’à sa tête. Le différend entre ce dernier et Jason éclate d’ailleurs au grand jour dès leur première mission au Libéria. C’est que l’équipe est dépêchée sur place afin d’arrêter Abu Samir Al-Masri, l’une des têtes de l’ISIS qui est de passage et que la CIA souhaite ardemment interroger. Cependant, le plan initial tombe à l’eau alors qu’ils doivent aussi porter secours à un otage qui se retrouve entre les griffes du malfrat recherché. N’écoutant que son instinct, Clay l’abat. Résultat, la jeune femme a la vie sauve, mais l’objet de convoitise de la CIA n’est plus. Dans le second épisode, ils s’en vont tous en Syrie, mais ils se doivent de diverger de leur mission alors qu’ils atterrissent dans un hôpital bondé de civils ; les premières victimes de la guerre qui sévit au pays. Sinon, la semaine suivante nous retrouvons l’équipe dans la mer de Chine méridionale puisqu’ils doivent porter secours à un groupe de chercheurs tenus captifs dans un bateau.

Seal Team (2017) : des hommes parfaitsL’une des premières scènes de Seal Team donne amplement le ton : on a Jason qui se retrouve chez le psychologue et celle-ci tente de lui tirer les vers du nez quant à un épisode traumatisant, mais sans succès. C’est que son protégé Nate (Daniel Gillies) est mort lors d’une mission et il se sent responsable. Mais voilà, plutôt que de crever l’abcès, il se ferme comme une huitre et quitte en pleine séance pour aller une fois de plus secourir la veuve et l’orphelin. En principe, cette séquence vise à donner de la profondeur au personnage principal, mais puisqu’on n’y donne pas vraiment suite, l’exercice était inutile. En effet, c’est à peine si on revient sur le sujet dans l’épisode #2 sauf à la fin lorsqu’il met dans une boite la photo de Nate. Ce qu’on en comprend ? Mieux vaut enfouir ses traumatismes plutôt que d’y faire face et dans ce cas-ci, ça semble fonctionner. Chaque semaine, nous ne suivons donc pas des mauviettes qui s’apitoient sur leur sort, mais plutôt des hommes ; des « vrais » qui sont à leur zénith quand ils sont dans le cœur de l’action. Ses collègues ne sont pas en reste. Clay par exemple ne réfléchit pas, il écoute son instinct. On a beau le sermonner lorsqu’il abat un potentiel informateur, reste qu’il gagne malgré tout l’estime de ses coéquipiers.

Comme si ce n’était pas assez, en plus de performer dans des missions en zone ennemies, tous ces soldats sont évidemment des hommes exemplaires au foyer. C’est qu’à chaque fin d’épisode, on croit nécessaire de nous montrer sans arrêt le même petit montage de ces hommes qui rentrent au bercail embrasser leurs femmes et jouer avec leurs enfants. Par exemple, dans le pilote, on met l’accent sur le fait que Jason soit toujours en mission et son épouse Alana (Michaela McManus) se fait du sang d’encre à l’idée qu’il rate le récital de sa fille Emma (Kerri Medders). Évidemment, il rentre à temps et tout le monde est content. Bref, la perfection ennuie et Seal Team en abuse allègrement.

Seal Team (2017) : des hommes parfaits

Des soldats multidisciplinaires

On ne peut s’empêcher de comparer la nouveauté de CBS à The Brave de NBC qui joue dans les mêmes eaux. Cette dernière après trois épisodes compte une moyenne de 5,42 millions de téléspectateurs par semaine avec un taux de 1,18 chez les 18-49 ans. Sur papier, la série n’est pas nécessairement un échec. Par contre, quand on considère la promotion exhaustive qui a été faite avant son lancement et surtout le fait qu’elle soit diffusée immédiatement après la très plébiscitée The Voice, on aurait pu s’attendre à beaucoup plus. Ça va autrement mieux pour Seal Team. Sur nos écrans tout de suite après Survivor, elle rassemble un auditoire de 8,76 millions pour un taux de 1,31. Pourtant, à plus d’un niveau, les deux nouveautés se rejoignent… dans leurs défauts. Dans un cas comme dans l’autre, on a des troupes qui chaque semaine se déplacent à travers le monde pour mener à bien leur mission. Dans la série de CBS, on a même droit à une espèce de « fourre-tout » scénaristique puisque les soldats un jour deviennent de véritables espions, un autre on les voit faire de la plongée et plus tard, ils sont dans un hôpital à soigner les blessés. Cette polyvalence, par ailleurs peu réaliste, explique peut-être sa prééminence sur The Brave. De plus, cette dernière nous ennuyait profondément la moitié des épisodes avec une partie de son casting qui passait tout son temps devant les écrans à surveiller les faits et gestes des soldats, soit, un doublon inutile du téléspectateur.

Il faut aussi prendre en compte le public qui compose CBS dont l’âge médian est de 61 ans : le plus vieux de tous les networks. Avec son schéma maison/mission/maison, Seal Team a tout d’une série pantouflarde qui ne risque pas de donner des mots de tête à son public. Cellule familiale qui résiste à tout, des soldats qui bottent les fesses des méchants étrangers : qu’est-auditoire on ne peut plus conservateur peut exiger de plus ? Justement, celui-ci sera comblé puisqu’après seulement trois semaines de diffusion, CBS a annoncé qu’elle renouvelait Seal Team pour une saison complète… de 22 épisodes.

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