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Carnet littéraire – Coups de coeur

Publié le 23 octobre 2017 par Alex75

« Ce que doit faire le (prochain) président », Agnès Verdier-Molinié, Albin Michel

Etait-ce inconvenant de suggérer ce que DEVAIT faire le prochain président, en pleine campagne, il y a quelques mois de cela ? Non : car ceci est plus un plan qu’un programme. C’est une obligation morale de résultat. La situation de la France est en effet à haut risque. Elus, syndicats, gestionnaires, ministres en portent la responsabilité. Nous avons pourtant toutes les clés pour éviter le mur. En sortant de l’asphyxie fiscale et de la prolifération des normes et des lois. On croit que c’est impossible de réformer notre pays car tout – les dépenses folles, le chômage, la dette – est à reconstruire ? C’est juste qu’il faut « faire le job », maintenant. La feuille de route est là, il suffit de la mettre en oeuvre.

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation iFRAP, un think tank qui évalue les politiques publiques. Elle est intervenue régulièrement sur les thématiques de la campagne présidentielle et a déjà publié entre autres, avec succès, On va dans le mur ! Au travers cet ouvrage publié avant l’élection d’Emmanuel Macron, elle livre quelques pistes de réformes bien éclairantes.

« Tout ce qu’il ne faut pas dire », Bertrand Soubelet, Plon

Le 18 décembre 2013, Bertrand Soubelet, général de corps d’armée et directeur des Opérations et de l’Emploi de la Gendarmerie, a été écarté pour avoir dit la vérité : la sécurité dans notre pays n’est pas assurée comme elle le devrait. Que s’est-il passé ? Au Palais-Bourbon, devant les députés, ce jour-là, il a expliqué, en toute franchise, les difficultés que rencontre la gendarmerie : six mille emplois supprimés, une procédure trop complexe, une justice sans moyens, des délinquants dans la nature malgré l’engagement des gendarmes et des magistrats, des coupables mieux considérés que les victimes. A ce titre, Bertrand Soubelet ne peut s’empêcher de penser aux attentats de janvier et au carnage de novembre 2015. C’est le résultat de plus de trente ans de mollesse dans la lutte contre l’insécurité, analyse-t-il. 

Des pressions ont été exercées sur lui pour le faire quitter la gendarmerie qui a été sa vie pendant trente-cinq ans. Désormais personne ne peut lui opposer un pseudo devoir de réserve, d’où ce livre. Son diagnostic est simple : la sécurité est l’affaire de tous. Il est temps de réagir, grand temps. Il y a urgence. Notre société est en danger. Jamais le danger n’a été aussi menaçant. Il ne fait pas de polémique, il ne roule pas pour un parti politique. Simplement, il alerte. Parce qu’il aime son pays.

« Sans autorité, quelle liberté ? », Bertrand Soubelet, Editions de l’Observatoire

« La France va dans le mur ». « On ne peut plus continuer comme ça » : tous les citoyens font ce constat d’échec, quand les politiques, eux, s’obstinent à rester aveugles, à diviser au lieu de rassembler. Qu’il s’agisse de la justice ou du maintien de la tranquilité publique, il est grand temps d’apporter les remèdes pour guérir un système malade. 

De son poste, Bertrand Soubelet a vu ce que la société française comportait d’espoir, de besoin de changement et d’institutions fortes. Il a vu aussi, ses zones de non-droit et ses exclusions. Il faut s’indigner, lutter, rétablir une autorité bienveillante. Il a été l’un des plus hauts responsables de la gendarmerie française. A la demande des élus de la République, il a expliqué les carences et les défis, auxquels nous devions faire face. Cette vérité, détaillée dans un livre, lui a coûté cher : Tout ce qu’il ne faut pas dire. Ayant provoqué son exclusion de cette institution. Désormais libre de parole et loin de la « Grande Muette », il ne veut plus rien cacher.

« Le monde au défi », Hubert Védrine, Fayard

Pour Hubert Védrine, la « communauté internationale » est un objectif, pas encore une réalité. Ni les idéaux de l’ONU, ni le marché global n’ont suffi à la fonder. Le monde est éclaté, le pouvoir est émietté, les mentalités s’opposent, chaque peuple est mû par ses propres passions et ses intérêts immédiats.. Et si la cohésion de l’humanité se créait autour de la vie sur la planète ?

Dans ce nouvel opus, Hubert Védrine trace un portrait lucide de notre monde et tente de jeter un pont entre la géopolitique et l’écologie. Il nous livre, là, un éclairage clair et puissant, sans langue de bois, sur la réalité du monde d’aujourd’hui par l’ancien ministre des Affaires étrangères. 

« Un fauteuil sur la Seine », Amin Maalouf, Grasset

En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l’Académie française depuis 1634, Amin Maalouf nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles de l’histoire de France. Son premier occupant se noie dans la Seine, Montherlant se suicide dans son appartement avec vue sur la Seine, et l’Académie elle-même siège dans un périmètre longé par la Seine, entre le Louvre et le quai Conti : unité d’un lieu à partir duquel se déploie le kaléidoscope de l’Histoire.

Le pouvoir des rois et des cardinaux, des hommes d’épée et des négociateurs, l’autorité grandissante ou déclinante des philosophes et des savants, l’influence des poètes, des librettistes, des dramaturges et des romanciers : autant de visages de la gloire qui nous parlent des âges différents de la Nation. On revisite ici la révocation de l’Edit de Nantes, la Fronde et le jansénisme, l’expulsion des jésuites et l’émergence de la franc-maçonnerie, la Révolution de 1789, l’insurrection du 13 Vendémiaire et le coup d’Etat du 18 Brumaire, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l’invention de l’anesthésie et celle des funérailles nationales, l’affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXe siècle…

A partir d’un simple fauteuil, lieu de mémoire fragile et chaleureux posé sur les bords de la Seine, Amin Maalouf nous fait redécouvrir à la fois la permanence et les métamorphoses de notre « génie national ».

« Des hommes qui lisent », Edouard Philippe, JCLattès

Des hommes qui lisent est le récit d’un homme par les livres qu’il a aimé, qui l’ont marqué : des livres qui ont fait de lui un fils, un père, un citoyen, un homme politique. Il explique un engagement, une vision, une pensée, des doutes et des choix.

Edouard Philippe et Premier ministre. Il a été député et maire du Havre. Il est l’auteur de deux romans écrits avec Gilles Boyer : L’Heure de vérité et Dans l’ombre.

« La France est-elle finie », Jean-Pierre Chevènement, Fayard

La France va-t-elle se résigner à sortir définitivement de l’Histoire pour devenir un simple parc d’attractions, à l’extrémité occidentale d’une Europe elle-même marginalisée ? Ou bien trouvera-t-elle la force de redevenir une nation de citoyens dont elle a fourni le modèle, pour offrir un avenir à sa jeunesse et continuer son histoire ?

Dans ce livre décapant, Jean-Pierre Chevènement éclaire le chemin par lequel nous en sommes arrivés là. Au moment où la monnaie unique, créée il y a vingt ans à Maastricht, prend l’eau, il montre comment le « pari pascalien » de François Mitterrand sur un au-delà des nations appelé « Europe » n’a pas seulement recouvert le ralliement de la gauche française au néo-libéralisme, mais s’enracine dans un doute plus ancien de nos élites sur la France.

Méditation sur le destin de notre pays entre de Gaulle et Mitterrand, il rend enfin lisible, dans toute sa cohérence, l’histoire de notre dernier siècle. Il fournit ainsi les clés qui peuvent permettre un retour de la France du XXIe siècle au premier rang des nations.

Jean-Pierre Chevènement est l’un des artisans décisifs du Congrès d’Epinay (1971) qui a refondé le Parti socialiste, il est l’auteur des programmes de ce parti en 1972 et 1979 et l’un des négociateurs du Programme commun de la gauche (1972). Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000 (Recherche, Industrie, Education nationale, Défense, Intérieur), il défend depuis longtemps l’idée d’une « autre politique ». Président d’honneur du MRC, sénateur du Territoire de Belfort, il est aussi vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

« Un défi de civilisation », Jean-Pierre Chevènement, Fayard

Sidération : les attentats et le spectre de la guerre civile nous ont pris à l’improviste. Comme en 1870 et en 1940, la France se redécouvre un ennemi qu’elle n’avait pas vu venir et qu’elle peine d’ailleurs à définir. D’abord comprendre : nommer les maux, mais avec de justes mots. La gravité des attentats tient aux faiblesses qu’ils révèlent et que nos élites ont laissé se creuser au fil des ans. Pour remonter aux causes, déplaçons notre regard du terrorisme djihadiste mondialisé vers une « globalisation » devenue folle. Cette globalisation a modifié la hiérarchie des puissances, créé des fractures sociales, géographiques, générationnelles, miné la démocratie, suscité frustrations et rejets, particulièrement dans le monde musulman. Elle a mis en crise le modèle républicain et périmé le projet européen initié par la France après 1945.

Le fond de l’affaire ne serait-il pas que nous ne savons plus aujourd’hui qui nous sommes ni ce que nous voulons faire ? Face à une globalisation, mère d’un nouveau chaos mondial, la France a encore les moyens de faire face, en donnant vie, de concert avec l’Allemagne, au projet d’Europe européenne, de l’Atlantique à l’Oural, que le général de Gaulle avait conçu pour elle. Seul levier pour peser au XXIe siècle entre les Etats-Unis et la Chine, et renouer avec l’universel en ouvrant au monde, y compris musulman, un horizon de progrès. Dans les épreuves, des forces de résilience insoupçonnées sont en train de surgir, qui sont aussi des forces spirituelles : regain d’un patriotisme républicain, à la fois de principes et enracine dans toute notre histoire, laïcité éclairée par la Raison, universalisme du réel. Le bateau France a encore les moyens de se redresser. Jean-Pierre Chevènement dessine la carte d’une confiance retrouvée. Le bateau France n’a besoin que d’un cap : un projet politique qui soit aussi un projet de civilisation.

« Alstom, scandale d’Etat », Jean-Michel Quatrepoint, Fayard

Le 19 décembre 2014, presqu’à la sauvette, les actionnaires d’Alstom décident de vendre à l’américain General Electric les activités énergie du groupe, un des leaders mondiaux pour l’équipement des centrales électriques. Une bonne affaire pour GE. Une mauvaise pour la France. Après Pechiney, Arcelor, Alcatel, c’est le dernier acte du grand démantèlement de l’industrie française. La France perd le contrôle d’un secteur stratégique : l’électricité, l’un des piliers de la croissance économique du XXIe siècle. D’Alstom, il ne reste que la branche Transport.

De la fabrication des turbines Arabelle indispensables à la nouvelle génération des EPR à la maintenance du parc existant de centrales nucléaires, c’est toute la filière nucléaire française qui est ainsi déstabilisée. Au moment même où Areva est en grande difficulté. Il n’y aura pas d’« Airbus européen » de l’énergie non plus.Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? Pourquoi n’a-t-on pas négocié un accord équilibré ? Pourquoi l’État n’a-t-il rien vu venir ? Quel rôle ont joué les deux ministres, Montebourg, puis Macron ? Oui, il y a bien une affaire Alstom.

Jean-Michel Quatrepoint mène une enquête serrée autour de ce dossier. Il raconte la nouvelle stratégie des États-Unis pour faire main basse sur les fleurons industriels européens, et français en particulier. Notre classe dirigeante se révèle impuissante à faire prévaloir les intérêts du pays. Jean Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l’Agefi, de la Tribune et du Nouvel Economiste. Il a été pendant quinze ans le patron de La Lettre A. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont La Crise globale (Mille et une nuits, 2008) et Le Choc des empires (Gallimard, 2014).

« Bandes à part, Pour en finir avec la violence », Jean-Claude Barreau, Plon

Des territoires interdits. Voilà ce que sont devenues nos cités HLM. La violence, le racket, le trafic de drogue, la corruption, les émeutes y règnent en maîtres. Et de très jeunes bandes d’adolescents y entretiennent une terreur contre laquelle la police ne peut plus rien… Comment venir à bout de ces zones de non-droit, dans lesquelles même les médecins n’osent plus se hasarder la nuit ?

Jean-claude Barreau, ancien prêtre, ancien éducateur de rue dans le XVIIIe arrondissement (auprès des blousons noirs, dans les années 1960-70) de Paris et conseiller particulier de François Mitterrand – mais aussi de Charles Pasqua – dans les années 1980, livre sa réponse. Une réponse ? Non. Un véritable plan de campagne. Son ouvrage (sorti en 2002) tranche dans un débat d’actualité brûlante, propose des solutions originales et nous donne enfin l’espoir d’une paix retrouvée dans nos banlieues…

« Luke Rhinehart, L’homme dé », George Powers Cockcroft

Le psychanalyste Luke Rhinehart a décidé de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence. Très vite, le « syndrome du dé » se répand dans la population. Et les autorités s’inquiètent. Marié, âgé de 32 ans, habitant à New-York, Luke Rhinehart est recherché par le FBI. Motif : subversion de la vie quotidienne. Le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d’en finir pour toujours avec la civilisation. Assez troublant…

L’Homme-dé, manifeste subversif affirmant le droit à l’expression de tous les fantasmes, est devenu très vite une sorte de mot de passe pour initiés. Après sa publication quasi clandestine en France (1971), il fait désormais partie des « livres cultes » dont la lecture s’impose à chacun. 

Né en 1932, Georges Powers Cockcroft, alias Luke Rhinehart, a enseigné la littérature et la psychologie. Il vit à Majorque.

« Changez d’alimentation », Pr Henri Joyeux, Pocket

Notre organisme est heureusement très cohérent. Si nous lui donnons les bons aliments, nous avons le maximum de chances de rester en excellente santé. Quels sont alors les aliments à éviter ? Quels sont ceux qui, au contraire, peuvent nous permettre de préserver, voire d’améliorer notre santé ? Comment une bonne nutrition peut-elle freiner ou stopper les symptômes de nombreuses maladies ? Peut-on se protéger contre le cancer ? Et que penser du gluten, du lait et de la viande ?

Dans ce livre, le professeur Joyeux répond à toutes ces questions, et bien d’autres, et permet à chacun de savoir comment se nourrir. 

Chirurgien cancérologue et chirurgien des hôpitaux, professeur honoraire à la faculté de médecine de Montpellier, Henri Joyeux a publié de nombreux ouvrages consacrés à la santé, et notamment à l’alimentation.


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