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Le tour de rien : le lac

Publié le 05 novembre 2017 par Nicolas Esse

C’est un lac qui s’appellerait vacances.
C’est un lac bleu qui s’appellerait orange.
C’est un lac qui fait le gros dos dans le poing refermé des montagnes.
Un lac tendu.
Un lac piégé.

160 ou 180 kilomètres de ligne de ceinture.
Deux pays.
Un million de paysages multipliés par trois soleils et un troupeau de nuages.
Une respiration.
Un plan d’eau pour réfléchir le ciel.
Pour noyer le tracé des routes.
Effacer les tristes stigmates du béton,
Les enseignes clinquantes,
Monsieur Bricolage.
Faites vous-même votre maison.
Mais oui, construisez-le vous-même votre home en carton ! Mettez-y tout votre cœur. Sur les façades, étalez vos couleurs, mauve, vert pistache, jaune poussin ou caca d’oie. La cuisine sera design et la pelouse en contreplaqué. Un deck en teck et un barbecue pour l’été.

Les barres d’immeubles et leurs squares en plastique.
Toutes les géométries vulgaires qui encrassent le regard.
Il suffit de tourner la tête.
À vélo, défilent 160 ou 180 kilomètres.
D’un côté, tour à tour,
Des murs de pierre sèche.
L’envol d’oiseaux rares.
Un pan de montagne
Qui s’écroule
Devant le vide sidéral
Des zones commerciales.
De l’autre côté, de l’eau, des nuages et du vent.
L’aube bleue et l’or du crépuscule.
Les vraies couleurs.
Les vraies odeurs.

Hiver comme été,
Je fais
Le tour du lac,
Le tour du ciel.
Les mains sur le guidon,
La tête dans les étoiles,
Je suis la course du soleil.



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