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La région somali d’éthiopie : une crise persistante

Publié le 07 novembre 2017 par Cmasson
La zone n’a pas connu de pleine saison des pluies depuis presque trois ans. « La saison des pluies de cette année était attendue pour début octobre. Nous voilà presque à la fin du mois et nous n’avons eu que deux jours d’une pluie fine. Ce n’est pas suffisant » explique Olivier-Paul, le coordonnateur d’urgence pour Action contre la Faim en Éthiopie.     Les habitants de la région éthiopienne de Somali sont pour la plupart des éleveurs et dépendent de leur bétail pour vivre. La forte sécheresse a malheureusement entraîné la mort de très nombreux chameaux, moutons et chèvres. Ces derniers mois ont décimé les troupeaux et les animaux survivants sont en piteux état. Bien que la région soit aride, le sol reste fertile et les pluies cycliques permettent d’habitude aux gens de cultiver des récoltes qu'ils stockent pour leur propre consommation ou qu'ils vendent pour obtenir des revenus complémentaires. « Pour aider les éleveurs, nous fournissons du fourrage et des soins vétérinaires aux animaux qui leur restent. Ce n’est pas la première fois que les gens font face à une année de pluie insuffisante. Cependant, après trois ans, le mode de vie des éleveurs est sérieusement remis en cause » ajoute Olivier-Paul.    Les pénuries d'eau touchent même les centres médicaux. L'eau est utilisée pour détecter la malnutrition : en effet, pour évaluer l'appétit des enfants, les personnels de santé leur donnent une ration d'aliment thérapeutique prêt à l'emploi, une pâte épaisse, et beaucoup d'eau. « Il nous faut acheter des bouteilles d'eau ou encore prendre de l'eau de la rivière Shebelle. C'est le seul cours d'eau qui n'ait pas séché, mais nous devons traiter son eau avec du chlore local pour qu’elle soit potable. Ce n'est pas une solution durable » raconte Mohamed, le directeur du programme de nutrition.   
Action contre la Faim intervient depuis 15 ans dans la région Somali. « Pendant longtemps, en raison des difficultés d’accès dues aux groupes armés et au manque d’intérêt de la communauté internationale, nous avons été les seuls acteurs humanitaires de la région » souligne Aurélie Carmeille, directrice pays pour Action contre la Faim en Éthiopie. « La crise actuelle a fait venir un plus grand nombre d'acteurs, ce qui est un soulagement pour la population locale, mais les conditions sont si pénibles que nous avons dû élargir notre champ d'intervention. »    En quelques mois, Action contre la Faim est passée de cinq woredas – districts éthiopiens – à dix. « Nous répondons aujourd'hui aux besoins de 160 villages par des programmes de nutrition et de santé, intégrés aux activités liées à la sécurité alimentaire et aux moyens d'existence, à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène, et aux pratiques de soins. Plus de 50 500 personnes ont ainsi bénéficié d'une aide humanitaire. » 
  En raison des crises en cours, le rayon d'intervention d'urgence d’Action contre la Faim a doublé avec le soutien de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO), le Fonds humanitaire éthiopien (EHF), le Bureau américain d'assistance aux catastrophes à l'étranger (OFDA) et le Programme alimentaire mondial.     

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