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Inhumation ou crémation : quel est le rite funéraire le plus écologique ?

Publié le 14 novembre 2017 par Daniel Leprecheur

Comme tous les ans, les SFVP exposent les différentes études qui ont pu être réalisées au cours de l’année. Pour 2017, ils se sont penchés sur un sujet actuel et pertinent : l’impact écologique des rites funéraires. Quelles sont les principales différences entre la crémation et l’inhumation ? Pour répondre à cette question, les SFVP se sont appuyés sur deux organismes spécialisés en analyse du cycle de vie simplifiée, les sociétés Durapole et Verteego.

L’inhumation équivaut en moyenne à 3,6 crémations

Pour étudier les impacts de l’empreinte carbone de l’inhumation, les deux organismes ont pris en compte plusieurs éléments : la fabrication du cercueil, son transport, ses destinations et l’entretien du cimetière, l’altération du corps du défunt à la fin d’une concession de 30 ans, les émissions liées à sa crémation ou sa mise en ossuaire.

Pour l’incinération, la fabrication du cercueil, de l’urne et leur transport, l’altération du corps du défunt à la remise de l’urne cinéraire jusqu’à sa destination finale (columbarium, cavurne, caveau, dispersion) ont été pris en compte.

Il apparaît que l’inhumation est bien plus polluante que la crémation. En effet, une mise en terre correspond environ à 3,6 crémations, soit plus de 830 kilos d’émissions de CO2. Cela représente finalement près de 11 % des émissions d’un Français moyen sur une année ou encore un trajet de 4.023 km en voiture !

La raison ? La sépulture choisie est souvent fabriquée à l’aide de matériaux particulièrement émissifs en gaz à effet de serre comme le granit et généralement importés de Chine. Ainsi, un enterrement en pleine terre sans monument émettra 182 kg de CO2 alors qu’une inhumation impliquant la mise en place d’un caveau et d’un monument produira 1.252 kg de CO2. Ce bilan plaide en faveur de la crémation mais donne aussi tout leur sens aux cimetières naturels encore peu développés en France.

L’étude démonte également une idée selon laquelle les cercueils en carton ont un faible impact environnemental. En effet, une crémation dans un cercueil en carton, que celui-ci soit importé de Chine ou conçu en France, émet davantage de CO2 par rapport au bois car ce dernier est un meilleur combustible.

L’incinération présente d’autres avantages

En moyenne, la crémation ne produit que 233 kg de CO2, ce qui ne correspond qu’à 3 % des émissions d’un Français moyen ou 1.124 km en voiture. L’étude précise que le gaz produit par la crémation est plus important, représentant à lui seul plus de la moitié des émissions de CO2.

Le choix du crématorium est également déterminant. Par exemple, celui de Champigny-sur-Marne émet plus de gaz à effet de serre que celui du Père-Lachaise (169 kg de CO2 contre 101). Par ailleurs, l’enquête relève que la crémation permettrait la récupération de prothèses réalisées à partir de matériaux précieux en vue de les recycler ou de chauffer les bâtiments.

Des pistes de réflexion pour diminuer le poids du CO2 généré par les activités funéraires

Plusieurs pistes sont avancées pour réduire l’impact écologique des rites funéraires comme : la diminution du poids des cercueils, la réduction des quantités de vernis et de teinte, l’amélioration des performances des équipements ou encore la réduction des trajets. Cette étude doit permettre aux familles d’être guidées dans leurs choix qui ne reposeront désormais plus uniquement sur des critères économiques et culturels mais aussi sociaux et environnementaux.


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