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Deuxième espèce

Publié le 14 novembre 2017 par Christophefaurie
En statistique, on parle de risque de première espèce : rejeter une hypothèse alors qu'elle est juste. (Tel médicament guérit bien le cancer.) On parle aussi de risque de deuxième espèce : accepter une hypothèse alors qu'elle est fausse. Il me semble que cette idée s'applique un peu partout, et que ces derniers temps, on s'est surtout intéressé au risque de première espèce. C'est ce qui pourrait être à l'origine de beaucoup de nos problèmes.
Prenons les cas de la justice. Son obsession est de ne pas condamner un innocent. Du coup, elle est extrêmement lente, et elle laisse passer beaucoup de coupables. Ce qui lui fait perdre toute crédibilité.  Paradoxalement, une justice qui ne prend pas le risque de condamner un innocent n'est plus une justice ! (On notera, au passage, que la justice de l'Ouest, est exclusivement de deuxième espèce.)
De même avec le Brexit. La moindre petite vexation bureaucratique était montée en épingle (peut-être même inventée), pour condamner en bloc l'UE. Idem pour la notion de "président des riches". Et ainsi de suite.
Ramener tout à un risque de première espèce est probablement une méthode de sophistique. Elle fait l'hypothèse implicite que le monde n'est pas complexe. Ce qui est faux.

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