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D’une semaine de travail à deux nuits en prison

Publié le 03 décembre 2017 par Réverbères
D’une semaine de travail à deux nuits en prisonAinsi donc, un professeur d’université marocain invité pour une semaine de travail par l’Université libre de Bruxelles s’est retrouvé emprisonné au Centre fermé 127bis de Steenokkerzeel. Je passe les détails que vous trouverez dans vos médias préférés. Simplement, cela aurait pu m’arriver des centaines de fois. Mais cela ne m’est jamais arrivé. Ça n’arrive en fait qu’en Belgique. Celle de MM. Francken et Michel.
J’ai parcouru le monde entier pour aller « travailler » avec simplement un « visa touristique ». Mes missions duraient en moyenne une semaine et il n’y avait donc aucune raison de déposer une demande pour un visa professionnel. Ça se passe comme ça dans tous les pays du monde, des centaines de fois par jour (voire, des milliers…).
Pour tout dire, j’avais quand même compris qu’il valait mieux respecter certaines « règles » pour se faciliter la vie. Par exemple, vivant en Flandres tout au long de ma carrière professionnelle, j’étais né à « Ukkel » alors que l’évidence était pour moi d’être né à « Uccle ». J’ai vite compris que la concordance entre mon passeport et le bout de papier que je remplissais avant d’entrer dans un pays était préférable au respect de mon évidence linguistique ! J’avais aussi compris qu’il ne servait à rien de m’escrimer à dire quel était mon vrai métier « Consultant en éducation et en formation », ce qui semblait du chinois même au Vietnam… Bien plus simple d’écrire que j’étais « Enseignant » alors que je ne l’étais plus. Ça m’évitait d’être confronté à la bêtise d’un contrôleur quelconque.
Le professeur Hakkou en a rencontré un ! Pas de chance pour lui. Il s’est retrouvé deux nuits en « prison ». Le contrôleur en question n’a rien compris à la situation, tout simplement parce que personne ne lui a jamais demandé de comprendre. Juste d’appliquer des règles, aussi stupides soient-elles.
Ce qui est à nouveau grave dans cette affaire, c’est la réaction de notre secrétaire d’État, M. Theo Francken. Dans un premier temps, il a juré que la Police des Frontières n’avait fait que ce qu’elle devait, qu’il n’y avait « aucune erreur ». Par la suite, je l’ai vu moins sûr de lui. Son discours devenait « Mais où est l’erreur ? », voulant ainsi déporter le poids de l’erreur qu’il commençait à reconnaître.
Une fois de plus, cet incident ne changera strictement rien. M. Francken continuera à mener sa politique d’exclusion et d’enfermement, avec la bénédiction du Premier ministre, M. Charles Michel, pourtant diplômé de l’Université libre de Bruxelles. Il est pour lui plus important d’obéir aux sbires de la N-VA que de respecter ses propres pensées libérales.
N’empêche, n’est-on pas tombé bien bas ? Tout en sachant que M. Hakkou, professeur d’université, vice-président de l’Université Mohamed Premier, située à Oujda, avait quand même un avantage de poids par rapport au commun des mortels…

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