Magazine Côté Femmes

Soldes et vendeuses, tango passionné

Publié le 01 juillet 2008 par Mawquise

Pétrie de bonnes intentions, j’avais clamé haut et fort “que cette année les soldes on attendrait la fin rapport qu’on suffoque dans cette vague de moches lâchées dans toute la ville à la recherche de ze pièce qu’allait te révolutionner une penderie déjà bien flippante de beauferie, et aussi que dans le fond, on avait besoin de rien“.

J’ai tenu 8 jours.

Souvent femme varie“, il paraît.

Pff, connards ouais.

Respire lecteur, que tu ne vas pas assister à un déballage de chiffons.

Ceci dit, tu ne fais que reculer pour mieux sauter, chiffons il y aura, j’ai des quotas à remplir moi.

Comme je n’aime pas faire les boutiques for the sake of the boutiques, je me suis intéressée à la psychologie de la vendeuse en prêt-à-porter haut de gamme.

T’as remarqué comme c’est vilain, cette façon qu’ont les vendeuses H&M, Zara &Co. de clairement de conchier quand tu as le malheur de croiser leur chemin? Elles sont aigries, haineuses, perfides, fourbes, vulgaires; elles ont la méchanceté chevillée à l’âme.

Alors moi j’ai dit “sus aux frustrées, je veux de la vendeuse-guimauve“.

Non parce que je veux bien lâcher une blinde en boutique, mais faut que le service suive, on est pas des Goths.

Magnifique entrée chez Sandro en glissé-délié du jeu de jambes, suivi d’un petit numéro de claquettes tapeti tapeta tapeti tapeta, je jubile et j’irradie: y’a au moins 35m² par personne dans la boutique, ô Joie.

Par contre, tel le morceau de lapin dans un champ, tu as 24 vendeuses-guimauves qui font un piqué sur toi, prêtes à s’entre-déchirer pour avoir tes faveurs.

Et vas-y que ça s’arrête plus:

Bonjoûûûûûûr, je peux vous aider?

“Non, merci, je regarde” (genre la femme de base fait les soldes avec une liste pré-établie, on s’esclaffe, pardonnez-moi)

(une autre) “Si vous voulez on a le même modèle de robe en vert

“Oui mais si tu veux là, je la regarde en bleu et en plus attends: j’ai une gueule à porter du vert???”

(une autre) “On a un étage aussi, si vous voulez

“Mais putain, je viens d’arriver, y’a le feu au flaques là ou bien?!!”

(une autre) “On a reçu plein de débardeurs tye-and-dye, ils sont ravissants, en bleu et rose, vous ne trouvez pas?

“Ok madame, tu viens de m’achever, je me casse”.

Ah bah oui mais je suis bêtassou moi aussi, j’avais oublié que le défaut majeur de la vendeuse-guimauve, c’est de rester collée à tes basques et de te prendre pour une trépanée.

Deuxième tentative, même but, autre lieu, en cabine, j’essaye un débardeur American Vintage:

Ooooh cette couleeeuuuuur! Ca vous va superbement bien, ça rappelle vos yeux!

(on ne lui a pas rétorqué que “tu m’as prise pour un lapin de trois semaine ma grande? tu crois pas que c’est un peu fait exprès?”, juste un très stupide et très niais “ah? hu hu“)(ah bah faut se mettre au niveau hein)

Puis, j’esquisse trois entrechats en robette devant les miroir:

C’est très très TREEEEES joli cette robe, les tons, la coupe, non vraiment ça vous va très bien“.

En même temps gamine, je suis bien tentée de penser que tu serais allée jusqu’à me dire que je ressemblais à Naomi Campbell pour me la faire acheter, la robe.

Au final j’ai tout acheté, rapport que cachons-le nous pas (là faut remettre les mots dans l’ordre, “youpi” que tu cries!), un peu de flagornerie ne fait pas de mal en ces temps de disette sentimentalo-affective.

Et vendeuse haut-de-gamme ou vendeuse cheapos, même combat: faire fuir le client.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Mawquise 21 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine