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POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : Le surpoids et l'obésité, meilleurs ennemis de la rémission

Publié le 05 décembre 2017 par Santelog @santelog
POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : Le surpoids et l'obésité, meilleurs ennemis de la rémission

Le surpoids apparaît ici comme un facteur majeur d'échec des thérapies de la PR. L'équipe de la Weill Cornell Medical School (New York) a examiné les données de la cohorte Canadian Early Arthritis Cohort, un essai multicentrique portant sur des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde précoce, et confirme que les patients en surpoids ou obèses ont des résultats plus mauvais que les patients à poids de santé.

  • Ainsi, sur 982 patients,
  • 32% avaient un IMC sain,
  • 35% étaient en surpoids,
  • et 33% étaient obèses.
  • En 3 ans, 36% des patients ont connu une rémission prolongée.
  • Vs les patients ayant un IMC de santé, les patients en surpoids sont 25% moins susceptibles de connaître une rémission durable,
  • Les patients obèses sont 47% moins susceptibles d'atteindre la rémission, malgré des traitements similaires.

L'impact négatif de l'excès de poids sur le développement de la PR est ainsi démontré et appelle à mieux identifier et rectifier ce facteur de risque chez les patients qui viennent d'être diagnostiqués. Ces résultats ont donc des implications importantes pour les soins cliniques, en regard des taux de surpoids et d'obésité qui continuent d'augmenter, relève le Dr Goodman, auteur principal de l'étude : " Nos résultats soulignent la forte proportion de patients nouvellement diagnostiqués souffrant d'embonpoint ou d'obésité et qui peuvent avoir une maladie plus difficile à traiter. Un facteur qui peut expliquer l'absence de réponse au traitement ".

Un nouveau paradoxe de l'obésité ? Non ! Une seconde étude associe curieusement l'obésité à une réduction du risque de décès prématuré. Cependant, ce nouveau " paradoxe de l'obésité " peut s'expliquer par une perte de poids involontaire (et pathologique) dans les quelques années précédant le décès, plutôt que par un effet véritablement protecteur de l'obésité. Cependant, quoiqu'il en soit, les patients atteints de PR depuis longtemps et qui retrouvent, après une obésité, un IMC normal ou insuffisant présentent un risque de mortalité plus élevé et sont relativement en moins bonne santé que les patients atteints de PR qui restent obèses ou en surpoids. Ici, une équipe du Brigham and Women's Hospital et de la Harvard Medical School évalue l'effet du changement de poids sur le risque de décès, chez 902 femmes ayant reçu un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde vs 7.884 témoins appariés exemptes de PR. Et l'analyse constate :

  • Logiquement : des taux de mortalité plus élevés chez les femmes atteintes de PR vs sans PR ;
  • Parmi les femmes atteintes de PR, 41% décèdent à 17 ans après la période précoce de la maladie ;
  • Parmi les femmes sans PR, 29,2% décèdent à 18,4 ans ;
  • Dans les deux groupes, les femmes ayant présenté une perte de poids sévère (15 kilos ou plus) présentent des taux de mortalité plus élevés.

Une perte importante de poids et le risque de décès sont donc associés, mais de manière similaire en cas ou non de diagnostic de PR, ce qui suggère une cause pathologique sous-jacente à la perte de poids pouvant participer PR ou pas, au risque de décès. Cette perte de poids involontaire ne doit donc pas être interprétée comme un effet protecteur et paradoxal de l'obésité.

L'obésité reste donc bien définitivement un facteur néfaste en cas de diagnostic de polyarthrite rhumatoïde.

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