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Nouveau règlement sur l'agriculture biologique : la France doit aller plus loin

Publié le 05 décembre 2017 par Bioaddict @bioaddict
Il faut aller plus loin que le nouveau règlement européen sur l'agriculture biologique pour conforter une bio exigeante, tel est l'avis de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab). Et rien ne s'oppose à ce que la France adopte un label complémentaire au label européen. Nouveau règlement sur l'agriculture biologique : la France doit aller plus loin ¤¤ Il faut "garantir une agriculture bio en phase avec ses principes fondateurs et assurer la confiance des consommateur-rice-s" explique la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab). OK
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Plusieurs points du nouveau règlement européen de l'agriculture biologique voté le 22 novembre à Bruxelles et qui entrera en application début 2021, affaiblissent ce mode de production selon la FNAB, le principal syndicat des agriculteurs biologiques de France. Le premier point concerne la possibilité d'espacer les contrôles pour les opérateurs qui ont passé trois années sans irrégularité.

" La fin du contrôle annuel systématique pour tous les opérateurs économiques est un retour en arrière sur les principes fondateurs de la bio qui ouvre la porte à des abus alors que les paysan-ne-s du réseau FNAB défendent une bio exigeante ", regrette la Fnab. Sa crainte : une perte de confiance des consommateurs. D'autant que la mixité entre bio et non bio est autorisée dans une même exploitation ou dans une même entreprise.

Pour une origine vraiment régionale des aliments pour animaux

Les autres critiques concernent l'élevage. La Fnab regrette que l'origine de l'alimentation animale ne soit pas plus précise. Selon le règlement, la nourriture doit provenir en majorité de la région où se situe l'élevage mais cette définition n'est pas interprétée de la même manière par les 28 Etats-membres. Pour certains, " la région " est à l'échelle du pays tout entier. " En réaffirmant l'importance du lien au sol, tant végétal qu'alimentaire, le texte pose les bases d'une agriculture biologique cohérente et territorialisée telle que la défend la FNAB, mais ne va pas au bout de la réflexion ", dénonce le syndicat. Ce lien positif entre la nourriture de l'animal et la terre où il est élevé - appelé lien au sol - évite les importations de pays plus ou moins lointains, et un trop fort développement de l'élevage sur un territoire, avec tous les effets induits et notamment les pollutions.

Limiter la taille des élevages où sont produits les oeufs

Enfin, le règlement de l'UE manque encore de précision sur la taille des élevages de poules pondeuses (celles qui produisent les oeufs). Il limite le nombre de poules à 3000 par lot mais pas le nombre de lots par bâtiment ni le nombre de bâtiments par ferme. En France, les élevages bio restent de taille modeste (autour de 20 000 poules par ferme) mais de plus grands pourraient se développer comme en Italie (jusqu'à 150 000 poules par ferme) alors que les consommateurs ne le souhaitent pas, même en agriculture conventionnelle.

Aussi, la Fnab demande que la France adopte un label complémentaire au règlement européen pour renforcer ces points. Elle va porter sa demande auprès des pouvoirs publics. Elle se réjouit par ailleurs de l'avancée obtenue sur les semences grâce à une forte mobilisation : les semences anciennes seront désormais accessibles aux agriculteurs bio qui pourront les multiplier, les échanger et les vendre.

Anne-Françoise Roger


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