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Monstre, de Gérard Depardieu

Publié le 09 décembre 2017 par Francisrichard
Monstre, de Gérard Depardieu

Oser être.

Et vivre libre.

Chaque jour, plus libre encore.

Telle est la devise que Gérard Depardieu met en pratique. Et sa plume en témoigne, livre après livre:

On parle de harcèlement sexuel, mais tout est devenu harcèlement - le politique, les médias, la société, cette information lancinante.

Çaparle trop.

Trop de mots pour être honnête.

Les mots, il a appris à les dire, sans parfois les comprendre, avec Jean-Laurent Cochet, à les retenir pour savoir sentir les silences, avec Claude Régy. Ce ne sont pas les mots eux-mêmes qui comptent d'ailleurs pour lui, mais leur musique, qu'il ressent bien avant eux.

Il aime le vécu (Ressentir. Tout est là.):

Dans l'alphabet de la création, le désir et la vie viennent avant l'idée.

Il aime le naturel:

Ça sort comme ça sort.

Je n'ai aucune précaution.

C'est un risque? Ça ne fait rien.

Tant mieux, même.

Il aime l'absence de calcul, la poésie, le déséquilibre, ce qui nous échappe:

L'imprévisible est plus important que la chimie.

Il aime ceux qui sont dans les marges:

Pas forcément parce qu'ils sont dans les marges, mais surtout parce que ceux qui les y ont mis sont des cons.

Il sait qu'on ne peut pas faire le bien de quelqu'un malgré lui et qu'on peut trouver la voie du bien après avoir commis un acte monstrueux:

Ainsi, le bien peut être terrifiant comme le mal peut être rédempteur.

C'est la raison pour laquelle je ne pourrai jamais juger personne.

Moi, je laisse les gens s'occuper d'eux-mêmes.

S'ils en crèvent, ça s'appelle la liberté.

Chacun en fait ce qu'il veut.

Il aime les êtres capables d'errances, coupables de monstruosités:

Sans excès, on est souvent mort sans le savoir.

C'est pourquoi il aime des acteurs tels que Marlon Brando ou Michel Simon, des cinéastes tels que Maurice Pialat ou Marguerite Duras, le cinéma italien:

Dans les films de Risi, de Monicelli, de Scola, de Fellini, de Pasolini, de Ferreri, de Leone, la question n'est pas de savoir si on était un monstre ou si on était humain, les deux ne s'opposaient pas, on était toujours un peu les deux à la fois.

Il aime les gens:

C'est en allant vers les autres que j'ai connu mes plus belles émotions, en m'oubliant que j'ai le mieux vécu. En n'existant plus que j'ai le plus existé.

C'est peut-être la seule chose qui me tient en vie, le désir des autres.

Il aime Stefan Zweig:

Quand on lit son très beau livre sur Erasme, où l'obscurité a le visage de l'intégrisme protestant. ou son autobiographie, Le Monde d'hier, où elle a les traits du nazisme, on pense forcément à ce qui est à nouveau en train de prendre notre monde, de nous le dérober.

Il aime les voyages:

Je suis toujours surpris par la vie et les pays que je traverse, par les gens que je rencontre.

Et c'est en se surprenant qu'on apprend des choses sur les autres et sur soi-même, pas dans le confort.

Il aime ceux qui posent les questions parce que, seuls, ils sont vivants:

Quand on est jeune, on cherche souvent des réponses, mais plus le temps passe et plus j'aime les questions.

Les gens qui ont les réponses m'emmerdent.

Il se prépare à la mort, paisiblement:

La mort est chose normale, sage.

Elle respecte le cycle de la nature.

Sans doute mélange-t-il un peu tout, dans ces pages, mais il s'en fout:

C'est ma façon...

Et, au lieu d'embrouiller l'esprit, ce joyeux mélange le façonne bel et bien aux yeux du lecteur, sans jamais l'ennuyer.

Francis Richard

Monstre, Gérard Depardieu, 224 pages, Cherche Midi

Livres précédents:

Ça s'est fait comme ça, 176 pages XO Editions (2014)

Innocent, 192 pages Cherche Midi (2015)


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