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Dix de der (suite ...)

Publié le 11 décembre 2017 par Delanopolis
Il n'y a pas que la salle de shoot et la congestion de la circulation pour égayer les habitants du 10ème. Un reportage du Figaro sur les abords du centre d'accueil pour migrants voulu de manière démagogique par Hidalgo nous en apprend de bien bonnes ... Dix de der (suite ...) "Le quartier se réveille doucement, mais eux sont déjà debout, pressés les uns contre les autres, derrière des barrières métalliques, sur un trottoir jonché de détritus. Une masse compacte de plus d’une centaine de migrants, transis de froid, qui s’agrippent, se poussent, s’invectivent, de manière à se rapprocher de l’entrée de la Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile (Pada), au 127, bd de la Villette, dans le Xe arrondissement. « Le trottoir des 40 000 », l’ont baptisé les riverains. Car depuis près de deux ans, ils ont compté que 40 000 personnes avaient dormi, parfois plusieurs nuits d’affilée, sur une centaine de mètres de ce boulevard. Aujourd’hui, ces habitants sont «à bout ». Le 18 décembre, ils attendent « les élus de tous bords » pour signer leur pétition. « Sans un engagement clair sur la fermeture du système avant le 1er janvier », ont-ils écrit au président de la République, ils entameront une grève de la faim.

Étape indispensable pour les demandeurs d’asile primo-arrivants isolés, cet unique centre - un autre existe à Paris pour les familles -, géré par France Terre d’asile, délivre, chaque matin, un certain nombre de rendez-vous, pour l’examen de leur dossier, dans l’une des huit préfectures d’Île-de-France. Mais, devant l’afflux de migrants, il est perpétuellement engorgé. Sous le métro aérien, des grilles empêchent désormais l’installation de campements de fortune… et la traversée des riverains. Des migrants ont planté leur tente un peu plus loin, le long du canal Saint-Martin. Pour être dans les premiers, certains arrivent devant le 127 dès la veille au soir et dorment sur place.

Il est 7 h 30, un camion de police vient de se garer devant la Pada, mais cela n’empêche pas les hommes de s’empoigner. « Je ne pensais pas que ce serait si difficile !, souffle Mahdi, un Syrien de 47 ans. Tous ces gens qui se battent pour une meilleure place… on dirait des animaux. » Quatre ou cinq femmes se trouvent parmi la foule, accrochées à leur baluchon. « Il y a trop de garçons, et les Afghans, ils font des problèmes !, affirme Bachar, un jeune Somalien venu apporter du thé. Hier soir, une Soudanaise a vomi ; elle n’en pouvait plus d’être malmenée. Tout ça dans une odeur épouvantable, car certains ne se sont pas lavés depuis des jours. » Une altercation et quelques coups de poing plus tard, les barrières glissent, des migrants se prennent les pieds dedans, en entraînant d’autres dans leur chute. « Du calme ! », crie un policier. « On est là tous les jours de 7 heures à 23 heures, pour s’assurer qu’ils ne se battent pas, explique-t-il. Si on peut éviter les gaz, on évite, car il y a les femmes enceintes, les riverains… »

Les riverains, justement, « n’en peuvent plus ». Forcée de marcher sur la chaussée, puisque les trottoirs sont perpétuellement occupés, Anne-Marie a plusieurs fois failli être renversée par une voiture. « Un voisin a été brûlé lors d’une opération de gazage, un autre n’a pas trouvé d’infirmière qui accepte de venir chez lui, témoigne Pierre Vuarin, porte-parole du collectif des « habitants associés ». Parfois, le trottoir est complètement imbibé d’urine. Et le nettoyage, c’est pas tous les jours ! Plusieurs habitants sont en dépression, certains ont bradé leur appartement ». Salarié de la Batscop, une entreprise toute proche, Philippe Michielin renchérit : « Cela devient invivable. Le matin, on doit enjamber les matelas devant notre porte. On ne peut plus recevoir de clients. Deux de nos collaborateurs, des Blacks, se font régulièrement interpeller. Et le pire, c’est que ça radicalise la population. » Lors des réunions du collectif, s’inquiète Marie, « des commerçants ont dit qu’ils allaient acheter un fusil ; qu’ils s’en fichaient d’aller en prison, car c’était ça ou la clé sous la porte… » Brahim Saidoun n’en est pas là. Mais le patron du café L’imprévu, en face de la Pada, s’alarme de voir son chiffre d’affaires baisser : « de moins en moins de monde vient déjeuner », déplore-t-il.

Lorsque, ce matin-là à 9 heures, le di- recteur de la Pada et ses employés arrivent, c’est à peine s’ils peuvent se frayer un chemin vers l’entrée. « Reculez, personne ne sera pris aujourd’hui ! », crie un salarié. Un jeune Éthiopien lui saute dessus : « Ça fait trois jours que j’attends ici, trois nuits pour rien ! » Au siège de France Terre d’asile, le directeur général, Pierre Henry, commente : « Nous n’avons pas la responsabilité de l’ordre public sur la voie publique ! C’est le boulot de la police de réguler la file d’attente. La situation dans la rue est indigne. Mais nous, on est fier d’avoir permis, en 2017, à 15 000 personnes d’accéder à leurs droits. »

Les habitants ont écrit partout, « au ministre de l’Intérieur, au préfet de Paris, à la Maire de Paris, aux élus concernés, à l’Office français de l’immigration et de l’intégration ». « Mais tout le monde se renvoie la balle, déplore Pierre Vuarin. Certains ont même admis qu’“il ne fallait pas avoir un accueil attractif”». L’Élysee leur a répondu que « le président a pris connaissance avec attention des difficultés de cohabitation »… et renvoie sur le ministère de l’Intérieur. Maire du Xe, Alexandra Cordebard rappelle qu’« un déménagement de la Pada avant la fin de l’année avait été promis par l’État ». « Avec les préfets de police, de région, je partage le même constat, poursuit-elle. On n’est pas censé tolérer que se créent des bidonvilles à Paris. » Dans l’entourage d’Anne Hidalgo, on précise que « l’État a demandé à la mairie de Paris, et à d’autres, de rechercher des sites ». « On participe beaucoup à l’effort, souligne-t-on, mais on espère qu’on n’est pas les seuls ! » En attendant, les riverains se désespèrent : « On a vu ce que donnait une Pada ; quel autre maire en voudra maintenant ? »

“Plusieurs habitants sont en dépression, certains ont bradé leur appartement ” dit Pierre Vuarin, porte-parole du "collectif des habitants».

A suivre ...

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