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La campagne d'affichage indigne de Robert Ménard, maire de Béziers

Publié le 12 décembre 2017 par Gezale

Savoir d’où l’on parle. C’est essentiel dans tous les domaines. L’expert n’est pas le profane, le journaliste n’est pas le juge, l’élu n’est pas le citoyen. Quand l’un ou l’autre prend la parole, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, il importe de connaître le sens de la représentation qu’il projette. On doit savoir d’où l’orateur parle. Le maire de Béziers, Robert Ménard, à l’origine d’une nouvelle polémique d’affichage a tort quand il affirme : « mes affiches utilisent l’humour. Si on n’a plus le droit d’utiliser l’humour, c’en est fini de Charlie Hebdo » Je ne suis pas certain que les journalistes du journal satirique apprécieront le compliment…si c’en est un. Car un maire — un élu — n’est pas un amuseur ni un histrion. Dans sa fonction de maire, il se doit de respecter la population qu’il a pour tâche de représenter. Quand il s’exprime il le fait du haut de son siège, pas des WC.
Ménard se trompe donc complètement. Les faits : le maire de Béziers lance une campagne d’affichage mettant en scène une femme ligotée sur une voie ferrée prête à être broyée par une locomotive à vapeur. Dans le titre de l’affiche on peut lire : « avec le TGV elle aurait moins souffert ! » Ménard utilise ce moyen pour réclamer une accélération de la construction d’une ligne TGV conduisant les passagers dans sa ville. Il appelle cela de l’humour. Ce n’est même pas de l’humour noir. Il s’agit purement et simplement du rappel d’un fait divers, vrai celui-là, datant de quelques mois. Un fait divers ponctué par la mort de deux personnes.
Ménard affirme urbi et orbi qu’il consulte son épouse avant chacune de ses décisions. J’aimerais savoir si Mme Ménard, députée de la nation, soutenue par le FN, a avalisé cette campagne d’affichage. Si c’est oui, l’élue nationale mérite l’opprobre général et est indigne de la fonction. Si c’est non, elle désavouera son mari…ce qu’elle ne fera évidemment pas.
Plusieurs plaintes, dit-on, vont être déposées contre Ménard et sa campagne d’affichage. L’objectif est évidemment d’obtenir le retrait de ces placards infâmes. La secrétaire d’Etat à l’égalité homme-femme, Marlène Schiappa, a demandé au préfet de diligenter une procédure. Plutôt que d’entendre les justifications emberlificotées de Ménard et l’expression de sa (mauvaise) conscience, souhaitons que la justice rende sa dignité à la femme ligotée, bâillonnée, violentée. Car cette femme est devenue toutes les femmes.

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