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Le «New York Times» fait de la pub à Al-Qaeda au Maghreb

Publié le 03 juillet 2008 par Alyusi

Une longue interview audio, transcrite en arabe et en anglais et un très long papier de Michael Moss, aidé par une série de quatre autres correspondants, lui donne l’assurance d’un impact quasi-planétaire.

En surtitre de l’article de Michael Moss, «A threat renewed», «La menace renouvelée». Tout un programme en somme pour un pays dont le militarisme planétaire s’alimente de la menace que représenterait Al-Qaeda partout. La teneur de l’interview est d’un grand classique, très propagandiste, mais elle contient ce qui «plaît» aux Américains qui «pensent et décident»: une menace terroriste algérienne pressante, une extension du rayon d’action d’Al-Qaeda. Car dans toute l’interview de Droudkel, ce que retiendront les Américains qui lisent le «New York Times» et ses reprises dans les milliers de journaux des Etats-Unis, ce seront quelques phrases qui effraient. «Si l’administration américaine considère que sa guerre contre les musulmans est légitime, qu’est-ce qui peut faire croire que notre guerre sur son territoire n’est pas légitime?». Et pour corser la menace, le chef d’Al-Qaeda au Maghreb, énonce la sentence: «Tout le monde doit savoir que nous n’hésiterons pas à cibler les intérêts américains à chaque fois que nous le pouvons et n’importe où sur cette planète». Frayeur assurée pour l’Américain moyen, même si, à l’examen des faits, le rayon d’action d’Al-Qaeda au Maghreb est limité à quelques wilayas d’Algérie et des actions présumées en Mauritanie. Mais une interview menaçante est suffisante pour placer l’ex-GSPC comme un maillon décisif de la nébuleuse d’Al-Qaeda. Il n’y a rien de nouveau dans le domaine du terrorisme algérien qui justifierait cette importance accordée par le grand journal américain, à Al-Qaeda au Maghreb.

Il y en a si peu que vue d’Algérie, on peut admettre qu’Abdelmalek Droudkel a réalisé son plus grand coup médiatique, mais cela n’en fait pas l’évènement majeur. Car ce qui suscite le plus d’intérêt et de question, c’est bien le «New York Times». C’est lui l’évènement majeur. Son intérêt et la surface qu’il vient d’accorder au chef d’Al-Qaeda au Maghreb ne correspondent pas à une nécessité médiatique.

Car, par quel bout on le prend, ce “groupe terroriste” n’est nuisible qu’en Algérie, en dépit des lectures des «spécialistes» -chargés, en général, de redire ce que les services recommandent en «off»- qui n’arrêtent pas de prédire son débordement sur l’Europe. Avec le «New York Times», c’est un stade de plus dans le grossissement de l’importance d’Al-Qaeda au Maghreb.

Le grand journal ne semble pas s’offrir un «scoop» seulement, il met en scène une Algérie qui tangue et qui serait, comme les pays où l’on mène des guerres, une source de menaces. Et en dépit des assurances publiques que les relations sont «bonnes» et «excellentes», voire même des flatteries des officiels américains qui disent «qu’ils ont appris beaucoup de l’Algérie en matière de lutte antiterroriste», tout ne baigne pas. Que ce soit pour les hydrocarbures ou pour l’Africom, il y a des causes de divergences majeures qui font que Droudkel n’est pas l’évènement, mais bien le «New York Times». Et derrière lui, l’establishment américain. A suivre…

L’article du New-York Times


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