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Paul de Thurn et Taxis en Lohengrin

Publié le 19 janvier 2018 par Luc Roger @munichandco

Paul de Thurn et Taxis en Lohengrin

in Samuel Below, Dem Toten die Ehre


Paul Maximilian Lamoral, prince de Thurn et Taxis (en allemand : Paul Maximilian Lamoral Fürst von Thurn und Taxis), né le 27 mai 1843 au château de Donaustauf près de Ratisbonne et décédé le 10 mars 1879 à Cannes, est le troisième enfant de Maximilien Karl, 6e prince de Thurn et Taxis et de sa seconde épouse, la princesse Mathilde Sophie de Oettingen-Oettingen et Oettingen-Spielberg.

Son amitié avec Louis II de Bavière
À la demande de son père au roi Maximilien II de Bavière, il est nommé le 15 novembre 1861 comme sous-lieutenant dans le 2e régiment d’artillerie bavaroise et est affecté, le 1er mai 1863, comme officier d'ordonnance du prince héritier Louis. Louis et Paul deviennent des amis proches, après avoir passé trois semaines ensemble à Berchtesgaden en septembre 1863. Au cours d’une promenade, ils rencontrent un jeune bûcheron qui fascine Louis. Après l'accession de Louis au trône en 1864, Paul est promu aide de camp personnel du roi. Les deux années suivantes, Paul von Thurn und Taxis devient le plus proche ami et le confident du monarque, qui lui donna le surnom de Fidèle Friedrich :
« Laissez-moi vous assurer que, toujours je favoriserai avec la même sincérité les sentiments de gratitude et d’amour fidèle qui je vous porte dans mon cœur. Rappelez-vous de notre amour, votre fidèle, Louis. (Lettre de Louis II à Paul). »
Bien que cet engouement pour Paul, comme celui pour Richard Wagner, n'a probablement pas été sexuellement exprimé, il avait des rumeurs à Munich que Louis était l'amant de son aide de camp. Paul semble avoir tenu un journal, mais comme toutes les archives de la famille Thurn und Taxis à Ratisbonne, il a été détruit.
Dans une lettre envoyée par Paul à Louis de son appartement au Türkenstrasse 82 à Munich, le 5 mai 1866, il écrit :
« Cher bien-aimé Louis ! Je suis en train de terminer mon journal avec la pensée de ces belles heures que nous avons passées ensemble ce soir-là, il y a une semaine, qui m'ont fait l'homme le plus heureux sur terre ... Ah, Louis, Louis, je vous suis dévoué ! Je ne supportais pas les gens autour de moi ; je me suis assis sans bouger et, dans ma pensée, j'étais avec vous ... Comme mon cœur battait quand, comme je passais devant la Residenz, j'ai vu une lumière à votre fenêtre »(1). 
Paul et Louis partagent leur passion pour Richard Wagner et le théâtre. Paul était d'ailleurs doué d'une belle voix et a chanté devant le roi à plusieurs reprises. Wagner a accompagné Paul dans des extraits de l'opéra Lohengrin, à l'occasion du 20e anniversaire du roi le 25 août 1865 à Hohenschwangau. Paul, habillé en Lohengrinportait une armure en argent brillant et était tiré sur le lac par un cygne artificiel. Le paysage entier était illuminé par la lumière électrique.
Après que Richard Wagner est forcé de quitter Munich, le 10 décembre 1865, le prince Paul von Taxis est un messager discret et un intermédiaire entre Louis et Wagner. Louis avait apparemment caressé l'idée d'abdiquer afin de suivre son héros en exil, mais Wagner avec l'aide de Paul l'en dissuade. Louis et Paul séjournent tous deux incognito à la Villa de Wagner à Tribschen pendant le mois de mai 1866. En utilisant le pseudonyme « Friedrich Melloc », Paul se rend de nouveau à Tribschen, le 6 août 1866, cette fois sans Louis, pour convaincre Wagner de revenir à Munich.
Dans une lettre de Paul à Louis, datée du 7 août 1866, il écrit :
« Je viens de quitter le cercle intime de de nos chers amis (Richard et Cosima Wagner) . Ils se sont retirés dans la petite et confortable chambre que nous avons partagée quand nous étions ensemble ici ... beau souvenir ! ... Ils vous présentent leurs plus sincères salutations. Que Dieu vous protège et vous garde sur le trône. C'est leur souhait et le mien, parce que seulement alors que nous pourrons atteindre notre idéal élevé. Les résultats de ma mission vous seront rapportés oralement, et je crois que vous les approuverez … Mais maintenant, bonne nuit, dans mes pensées, je vous salue mille fois. Votre sincère et fidèle Friedrich (2). »
Mais bientôt la relation entre Paul et Louis se détériore. On tente de discréditer, par jalousie sans doute, Paul aux yeux de Louis qui prend comme argent comptant les rumeurs de frivolité concernant de Paul.
Les sentiments de Louis pour son ami ont évolué et se sont transformés en un grand amour. Mais Louis est soupçonneux. Il est troublé par des petits faits qu'il amplifie au point de devenir insupportables : un bafouillement, une hésitation, un mauvais choix, un retard, une explication évasive, ... Louis décide de se séparer de son ami, sans lui donner d'explications. Quand il apprend sa disgrâce, Paul envoie quelques lettres poignantes au roi, sans réponse. Une lettre de décembre 1866 est significative :
« Mon bien-aimé Louis ! Qu'est-ce au nom de tous les Saints à votre Friedrich a fait contre vous ? Que veut dire cette absence d'écrit , pas de bonne nuit, d' Auf Wiedersehen ? Comment puis-je exprimer ce que je ne peux pas dire, mais ma main tremblante peut vous montrer mon inquiétude intérieure. Je n'ai pas l'intention de vous blesser. Oubliez. Soyez bien à nouveau avec moi. Mais je crains le pire et je ne supporte pas cela. Que mes mots nous réconcilient. Amen! Pardonnez à votre malheureux Friedrich. » (3)
Après leur rupture définitive jusqu'à Paul ne verra plus jamais Louis.
(1)↑ Desmond Chapman-Huston, Tragédie fantastique. La Vie de Louis II de Bavière, Hachette, 1957, traduction par Anne-Marie Soulac de : (en) Desmond Chapman-Huston, Bavarian Fantasy. The Story of Ludwig II. 1955. p. 94-95  (2) Id. . p. 109-110  (3) Id. pp 112-113 
Source du texte: Wikipedia à l'article Paul de Thurn et Taxis

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