Magazine Conso

Fashion Week Masculine Automne/Hiver 2018 : Jour 6 La fin de l’été

Publié le 22 janvier 2018 par Pascal Iakovou @luxsure

Fin de l' Automne/Hiver 2018-2019, avant même qu'il n'est débuté. Fin des pluies de doudounes colorées, des pulls à motifs montagnards, des franges westerns, des pantalons à pinces, des jeans oversizes, des pointes de jaunes et imprimés pythons. Une fin d'hiver, aussi triste qu'une fin d'été. Une nostalgie d'un futur inconnu nous envahi : au défilé Agnès B. on entend " I "ll miss you all summer ". Épisode fleur bleues pour une journée ou la délicatesse est mise en avant : dans les cuirs de Dunhill London ou de Paul Smith, ou les imprimés du défilé Kenzo qui s'est conclut sur un Slow.

L'été, les amours de plage, et le capital jeunesse qui s'évapore au contact des rayons brûlants du soleil. Tout se barre encore. La mort : le nouveau combat ? . La vie d'Alaïa s'en est allé en novembre dernier. Son corps ( son enveloppe charnelle pour être biblique) s'en est allé - mais son oeuvre elle, est là à jamais. Hissée telle les sculptures de notre civilisation dans une exposition orchestrée par Olivier Saillard. Soixante pièces coutures choisi par Azzedine Alaïa lui-même, visible jusqu'au 10 juin 2018 au 10 rue de la Verrerie.

Pour l'occasion de nombreux artistes sont venus rendre hommage au couturier. Orlan, qui se bat pour affranchir le visage de la femme lance: " Je demandais son âge à un petit garçon pour briser la glace. Là il baisse la tête et me répond : apparemment c'est six-six ans...mais j'ai cinq ans : il a tout compris! "

Alors est-là le combat à mener, revenir en arrière comme Benjamin Button? NON

Refuser de rejoindre l'image d'un soi qui vieillit ?

Si penser en termes de tendances, qui vont et reviennent était dépassé : la mode ou la mémoire du futur. Par delà les étés et les hivers, la jeunesse et la vieillesse la mode nous projette dans le perpétuel mouvement du devenir. Alors il est bien triste de quitter cette semaine.

Dunhill London : cuir à perpétuité

Une collection dite en cohérence avec son héritage. Fondée en 1893 par Alfred Dunhill, Dunhill London fabriquait des selles pour cheveaux. Un peu notre Hermés. Depuis un an la marque renait grâce aux créations de Mark Weston, ex de chez Burberry. Un travail qui se concentre autour du cuir, soit quelque chose qui habite, qui enferme. Pour refuser cette assignation à héritage, le créateur se détache avec timidité de la garde robe rigide des hommes d'affaires par des blousons de motards. On reste dans une virilité qui répond au imagerie de le pop culture : Marlon Brando à Wall Street ?

Agnès B , Songe d'une nuit d'été

Le pouvoir de fascination d'une nuit d'été vient peut être de la magie du souvenir qu'il imprime : il transcende les temps, il survit aux hivers et s'élague des points de tristesses. De même, les vêtements d' Agnès B. aident à surmonter les saisons de froids. Pour cette collection la créatrice nous propose un voyage dans le trombinoscope des amours passé et à venir. Diverses beauté, divers style : des sweats à capuche imprimé habillent les artistes d'art urbain, protégé par la créatrice. Mais Agnès B. ne se contente pas d'explorer le street wear: c'est également ce jeune hippie aux vestes en mouton retourné et cheveux longs que l'on suit dans une caravane; ce jeune premier à casquette et pantalon de laine que l'on a rencontré à Saint-Malo, ce rockeur de garage avec ses cuirs et pantalons slims ou ce Mister Big ,dandy insaisissable. Une célébration de la beauté masculine- des beautés en somme.

Kenzo : Le contre Blow-Up?

Un show qui présente autant de modèle masculins que féminins. Pour cette tendre collection, Kenzo joue la carte vintage avec des imprimés fleuri, des robes cocktails, des chemises légères et des pochettes pleines de joyaux. Un retour dans l'élégance des années cinquantes. Des époques non-vécues mais imaginé et réinventer au fils des films et des musiques. Une époque qui permet de se bercer d'illusions. Une époque dépoussiéré de fantasme avec le Blow-up d'Antonioni : derrière les tonnes de laque, les robes Courrèges, et les unes de féminins sans failles; la vacuité du temps hantait déjà l'époque. Kenzo semble dire " Slow down ".

Fashion Week Masculine Automne/Hiver 2018 : Jour 6 La fin de l’été

La Recherche de la fontaine de jouvence : une quête qui traverse les civilisations. Si la mode refusait finalement cette assignation à la jeunesse. Avec des beautés diverses chez Agnès B. , le retour d'un tailoring sans tabou, chez Paul Smith ou Dunhill London, Paris nous montre que la production de la jeunesse n'est pas un marché sans péril. Une fashion Week qui n'est pas tombé entièrement dans l'athleisure, le sportwear, ou l'urbain sporto-montagneu fluo. Des nouveaux noms ont trouvés leurs place sans éradiquer les anciens.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un moment fleurs bleues, car après tout la rose bleu est la réponse à de nombreuses énigmes. Une fashion week moins compliquée que l'épisode 8 de la saison trois de Twin Peaks. Hommage à Lynch, que l'on retrouve chez Christian Dada. Entre Eraserhead et Blue Velvet, un hommage à un homme qui met le temps au coeur de sa réflexion. Lynch prenait justement un an ce 20 janvier. Enfin peut-être ? ( Cf Orlan)


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Pascal Iakovou 72539 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines