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[Critique] Les Heures Sombres

Par Wolvy128 @Wolvy128

[Critique] Les Heures Sombres

[Critique] Les Heures Sombres
Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill (Gary Oldman) est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.

Quasiment 10 ans jour pour jour après la sortie de Reviens-Moi, le réalisateur britannique Joe Wright replonge dans la Seconde Guerre Mondiale avec Les Heures Sombres. Non plus pour y raconter l’histoire d’amour tragique entre un jeune couple anglais trop vite séparé, mais pour décrire quelques jours clés de la vie de Winston Churchill, l’un des plus célèbres Premier Ministre du Royaume-Uni. Parfait contrepoint du Dunkerque de Christopher Nolan, pour ses nombreuses révélations des décisions politiques qui ont mené à l’incroyable opération de sauvetage, le film vaut surtout pour la performance magistrale de Gary Oldman. Enfoui sous les prothèses faciales et les effets numériques, l’acteur délivre en effet une interprétation sensationnelle, embrassant avec brio la personnalité singulière de cette grande figure politique du 20e siècle. Pas étonnant, dès lors, qu’il éclipse totalement les – pourtant convaincants – Ben Mendelsohn, Lily James et autre Kristin Scott Thomas. Certes, le rôle comprend tous les ingrédients nécessaires à une prestation mémorable, mais il faut néanmoins reconnaître que le comédien était, au départ, loin d’être le candidat idéal pour prêter ses traits à Churchill.

[Critique] Les Heures Sombres
Au-delà de la performance de Gary Oldman, le long-métrage peut également s’appuyer sur une réalisation enlevée et une photographie soignée (signée Bruno Delbonnel), loin de l’académisme habituellement de rigueur pour ce genre de production. Effectivement, si une certaine retenue est tout de même perceptible dans la mise en scène de Joe Wright, le cinéaste délivre toutefois quelques plans de toute beauté, à l’image par exemple de cette conclusion vibrante. Dans son déroulé, le récit reste par contre un brin académique, se cantonnant à une leçon d’histoire, certes grandiose, mais quelque peu classique pour qui connaît un minimum le parcours du personnage. Le film risque ainsi, fort logiquement, d’intéresser plus particulièrement le public francophone, certainement moins au fait de la vie de Churchill. Plutôt rythmé, le récit captive sans problème pendant deux heures, bien aidé par les fulgurances verbales du héros. On regrettera cependant les facilités scénaristiques de quelques séquences, en particulier celle du métro. Malgré l’émotion palpable qu’elle dégage, l’écriture paraît au mieux opportuniste, au pire carrément invraisemblable.

Porté par un Gary Oldman impérial, Les Heures Sombres est donc un drame historique vibrant. Loin de l’académisme habituel de ce genre de biopics, le film offre une formidable leçon d’histoire sur l’une des grandes figures politiques du siècle dernier. Superbe réalisation de Joe Wright !


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