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Sur une divergence de fond avec @pensezbibi à propos de #fakenews #antifa

Publié le 31 janvier 2018 par Gédécé @lesechogaucho

D’aucuns, à gauche, notamment chez les insoumis,  sont en train de chouiner sur les mesures diverses et variées, chez les Gafam ou en terme de projet de ce gouvernement (que je combats au moins autant qu’eux), consistant à stopper la propagation des fake news. Leur argumentation ? Ce serait une censure, une atteinte à la liberté d’expression, une tentative de museler l’opposition par un clan journalistique inféodé aux intérêts économiques du monopole qui les détient. Misère de cette argumentation là… S’il faut mentir et propager des rumeurs infondées, irrationnelles et faisant appel au pire de l’âme humaine pour atteindre son adversaire politique, à l’instar des armées de trolls de la fachosphère, qui ne répugnent devant aucune outrance et dégueulasserie pour abaisser et décrédibiliser leur adversaire, alors, ce sera sans moi. Les faits et les propos réels de mes ennemis me suffisent amplement pour cela. Mais il y a plus grave. Au nom de leur positionnement que je considère personnellement comme une lâcheté et une compromission avec l’ennemi du fait d’une passivité coupable, laisser proliférer les sites et les propos banalisant le racisme, le sexisme, l’homo et la transphobie, l’islamophobie, l’antisémitisme, et incitant leurs lecteurs à la haine raciale et religieuse. Tout cela au nom de leur sacro-sainte « lutte contre l’oligarchie » ? Voilà un positionnement bien confus… Cela m’est proprement insupportable, contrairement à ceux qui professent ce genre de positionnements, qui s’arrangent fort bien, visiblement,  de la coexistence de ces sites, propos et personnalités racistes et fascistes… Sans se préoccuper une seconde des dégâts qu’ils provoquent dans la population française, qui se nourrit à des sources si toxiques ? Parier sur le sens critique de chacun.e, quand on a été comme moi professionnel du secteur social, et plus particulièrement dans le secteur psychiatrique, c’est se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude, et ignorer le réel impact de ce genre de sites dangereux, et les risques de passage à l’acte…

Je dois citer ici à présent, le moment étant venu après mûre réflexion,  le déclencheur de ce texte :  une altercation sur twitter que j’ai eue avec le blogueur Bibi, que je connais de puis un bout… Sa croisade légendaire contre le journalisme inféodé est connue des initiés, dont je fus. Quand il emploie ses connaissances spécifiques, accumulées au fil du temps, à démonter les fils d’influence et de manipulation de certains acteurs peu suspects de déontologie journalistique, comme il l’a fait longtemps pour le JDD, je suis preneur, bon client. Mais de là à crier au grand complot quand le monde du journalisme et des réseaux sociaux tente de s’outiller pour lutter contre ce que j’estime être l’un des pires fléaux de cette époque, un outil de manipulation mentale au service de la haine de l’Autre, alors là, je dis stop. Fallait pas me pousser dans les orties : je mords.

Sur une divergence de fond avec @pensezbibi à propos de #fakenews #antifasource

… La censure ? Diantre. Si interdire les propos contraires à la charte d’utilisation de tel ou tel réseau social, dont on doit rappeler utilement qu’ils peuvent être éventuellement constitutifs d’un délit, conformément à ce qui suit, alors, plus besoin de tenter de s’opposer à l’ennemi raciste et fasciste : Bibi leur ouvre carrément la porte !

La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881  qui définit la diffamation, l’injure et l’incitation à la haine raciale est  en effet applicable sur internet. La loi du 29 juillet 1881 a été complétée par des lois successives afin de réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe.

Le délit de diffamation raciale est défini par les articles 29 et 32 al.2 de la loi sur la liberté de la presse comme :

« toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».

Le délit d’injure raciste est défini par les articles 29 al.2 et 33 al.3 de la loi sur la liberté de la presse comme :

« toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait … envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » (source)

Et je ne parle même pas des publications faisant l’apologie du terrorisme, les menaces de mort qui se banalisent, toussa… Les fake news sont pourtant souvent teintées de ce genre de discours de haine que je ne cesserai de combattre par tous les temps et sur tous les toits, ici comme ailleurs. Et malgré une certaine convergence de vue avec Bibi quant aux méfaits d’une certaine presse aux ordres et de journalistes couchés, notre chemin commun s’arrête là. En matière de désintox, de lutte contre les fake news et les discours haineux sur internet, qui se servent du mensonge et tordent le moindre fait divers afin d’assoir leur idéologie dégueulasse en direction de toujours les mêmes, les Décodeurs et Libédésintox font un travail que je respecte, quand ils contribuent à remettre les fachos et les réacs devant leurs déjections et font la démonstration de leur entreprise de désinformation. Le travail de ce genre d’officines, à base de fact checking, de data journalisme et de recoupement tout ce qu’il y a de plus classique, tel que je peux personnellement le pratiquer, pour confondre des manipulateurs, voilà qui me convient fort bien, quant à moi.  Surtout quand on vient de découvrir, comme moi, que certains auteurs vont jusqu’à nourrir de leurs « talents » rédactionnels des textes emplis de fake news, bien éloignés de leurs convictions (que l’on peine à trouver…) et cela sans même l’excuse idéologique, juste pour le simple appât du gain…

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…  Mais puisque la prolifération de ce genre de merde ne dérange pas Bibi… Je crois que nous n’avons plus grand chose à nous dire, malgré un dîner commun, en fait. Chacun ses combats…

(il doit certainement confondre liberté d’expression et d’information avec liberté de manipuler, et de haïr.

#NotInMyName ).


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