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Klimt, un exilé du réel

Publié le 06 février 2018 par Sylvainrakotoarison

" Il n'existe pas d'autoportrait de moi. Je ne m'intéresse pas à ma propre personne comme "objet de représentation", mais aux autres êtres, surtout féminins, et plus encore aux apparitions. " (Klimt).
Klimt, un exilé du réel
Le peintre autrichien Gustav Klimt est mort il y a un siècle, le 6 février 1918 à Vienne, à l'âge de 55 ans (né le 14 juillet 1862). Selon certains, des suites d'un accident vasculaire cérébral qui l'a rendu à moitié paralysé à partir du 11 janvier 1918 et selon d'autres, de la grippe espagnole.
À ma connaissance, curieusement, aucune rétrospective n'a lieu à cette occasion. Il y en a eu une à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance du maître en 2012 dans plusieurs grands musées de Vienne, une autre organisée par la Pinacothèque de Paris en 2015 avec l'exposition "Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne", avec la reconstitution notamment de la monumentale frise Beethoven.
Klimt, un exilé du réel
Je profite donc de ce centenaire pour proposer sans prétention quelques œuvres que j'ai beaucoup appréciées de ce grand peintre très particulier, symboliste, qui a été comparé à "un exilé du réel", selon l'expression de Jean-Luc Douin, critique de cinéma du journal "Le Monde" qui a commenté le 25 avril 2006 le film de Raoul Ruiz consacré à la vie de Gustav Klimt (joué par John Malkovich) et sorti le 26 avril 2006.
Klimt, un exilé du réel
Issu d'une famille d'artistes, Gustav Klimt fut un artiste très "multiformes", à la fois peintre, dessinateur, graveur, mais aussi décorateur, céramiste et même styliste. Il a laissé au moins 3 700 dessins (en fait, bien plus, certains ont été détruits) et 230 tableaux. Il fut l'un des principaux artistes de l'Art nouveau et l'un des fondateurs de la Sécession de Vienne (mouvement artistique autrichien créé le 3 avril 1897).
Klimt, un exilé du réel
Klimt, un exilé du réel
Ses styles sont parfois très différents. Ses compositions sont issues d'une créativité débordante, qui reprend souvent des thèmes de l'Antiquité et aussi les thèmes de la vie et de la mort. Il a commencé comme peintre décorateur à l'âge de 17 ans et s'est fait rapidement une excellente réputation. Il répondait alors aux demandes souvent académiques. Son talent a même été reconnu par l'empereur François-Joseph qui l'a décoré lui-même de la Croix d'or du mérite artistique en 1888.
Klimt, un exilé du réel
Klimt, un exilé du réel
Un peu plus tard, à partir de 1890, Klimt a commencé à prendre réellement son envol, à s'écarter du classicisme ordinaire et du naturalisme, et à laisser son imagination l'emporter. Sa philosophie d'artiste fut alors comme un titre d'émission médiatique bien plus tard, on ne peut pas plaire à tout le monde : " Si l'on ne peut, par ses actions et son art, plaire à tous, il faut choisir de plaire à un petit nombre. Plaire à beaucoup n'est pas une solution. ". En tout cas, plaire à beaucoup n'est pas une solution d'originalité.
Klimt, un exilé du réel
Parmi ses fréquentations, il y a eu le grand écrivain autrichien Arthur Schnitzler (1962-1931), et il fut inspiré aussi par la psychanalyse de Sigmund Freud (1856-1939). Très engagé dans ce mouvement artistique autrichien (la Sécession), il a fondé et dirigé la revue "Ver sacrum" ("Printemps sacré" selon une expression de Tite-Live), qui a paru de janvier 1898 à décembre 1903, et dans ce mouvement d'avant-garde, avec ses amis, il comptait donner l'occasion de mélanger l'art aux choses utilitaires.
Klimt, un exilé du réel
Ce mélange se faisait aussi entre les arts, et en particulier entre la musique et la peinture (comme ce fut le cas, entre autres, avec Boulez plus tard). Ainsi, pour l'architecte Josef Hoffmann (1870-1956), lui aussi très impliqué dans la Sécession de Vienne, Klimt a peint en 1902 une gigantesque fresque en l'honneur de Beethoven, la frise Beethoven, de plus de 34 mètres de large et de plus de 2 mètres de haut, actuellement exposée dans le Palais de la Sécession (construit à Vienne en 1897).
Klimt, un exilé du réel
Cette peinture fut dévoilée lors de la 14 e exposition de la Sécession, sous forme de sept panneaux qui honorent la Neuvième Symphonie de Beethoven. Gustav Mahler (1860-1911) l'approuva et, selon Wikipédia, " elle [représentait] l'aspiration au bonheur de l'humanité souffrante qui cherche son apaisement dans les arts ". Les trois gorgones font référence aux trois arts : peinture, sculpture et architecture.
Klimt, un exilé du réel
L'un des tableaux les plus connus de Klimt est "Le Baiser" (1908) qui présente un couple s'embrassant dans une sorte de divine musique, sur une falaise de fleurs.
Klimt, un exilé du réel
L'amour peut donc rapidement tomber de son piédestal. Beaucoup considèrent que l'homme est Klimt lui-même (l'un des rares tableaux où il se serait peint lui-même) et la femme serait la styliste Émilie Flöge (1874-1952), une de ses (nombreuses) compagnes avec qui il habitait au château Kammer.
Klimt, un exilé du réel
Plus d'un cinquième de ses toiles montre des paysages de son environnement quotidien, généralement sans personnage.
Klimt, un exilé du réel
Durant les dix dernières années de sa vie, Klimt a peint de nombreuses toiles représentant souvent des femmes nues et sensuelles, principalement sans relief et avec beaucoup d'ornements (dans certaines œuvres, il utilisait même l'or qu'il avait découvert avec les mosaïques byzantines de Ravenne).
Klimt, un exilé du réel
Klimt, un exilé du réel
Klimt, un exilé du réel
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Klimt, un exilé du réel
"L'Espoir" (1903), qui a plusieurs versions, représente une femme enceinte qui attend son enfant devant des personnages plutôt de désolation et de mort.
Klimt, un exilé du réel
L'un des tableaux de Klimt les plus émouvants est d'ailleurs "Vie et Mort" (1911) qui représente le contraste entre les forces de vie (il y a même un bébé) et les forces de mort. Cette œuvre a été récompensée par le premier prix de l'Exposition internationale de Rome en 1911.
Klimt, un exilé du réel
Le petit échantillon que j'ai reproduit ici montre la grande diversité de l'œuvre de Klimt et sa grande capacité à parler de la vie, de l'amour et de la mort par des images qui lui sont propres.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (05 février 2018)
http://www.rakotoarison.eu
(Les reproductions des œuvres proviennent de Wikipédia).
Pour aller plus loin :
Gustav Klimt.
Paula Modersohn-Becker.
David Hamilton.
Georges Méliès.
Klimt, un exilé du réel
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180206-klimt.html


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