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[Critique] Phantom Thread

Par Wolvy128 @Wolvy128

[Critique] Phantom Thread

[Critique] Phantom Thread
Dans le Londres glamour des années 50, le célèbre couturier Reynold Woodcock (Daniel Day-Lewis) et sa sœur Cyril (Lesley Manville) sont au cœur de la mode britannique, habillant la famille royale, les stars de cinéma, les héritières, les mondains et les dames dans le style reconnaissable de la Maison Woodcock. Les femmes défilent dans la vie de Woodcock, apportant à ce célibataire endurci inspiration et compagnie, jusqu’au jour où il rencontre Alma (Vicky Krieps), une jeune femme au caractère fort qui deviendra rapidement sa muse et son amante. Lui qui contrôlait et planifiait sa vie au millimètre près, le voici bouleversé par l’amour.

Quasiment 10 ans jour pour jour après la sortie de There will be blood, Daniel Day-Lewis s’offre, avec Phantom Thread, une nouvelle collaboration d’exception avec le réalisateur Paul Thomas Anderson. Des retrouvailles attendues qui marquent aussi la fin d’une brillante carrière, l’acteur britannique ayant annoncé qu’il devrait probablement s’agir de son tout dernier rôle au cinéma. Et quel rôle ! Toujours aussi charismatique, le comédien fait en effet des merveilles dans la peau de ce couturier maniaque, habitué à un train de vie extrêmement rigoureux et codifié. Un train de vie qui fait vraiment partie intégrante du film puisque si le cinéaste s’attache longuement à retranscrire ses subtiles caractéristiques dans les premières minutes du récit, c’est pour mieux les bouleverser par la suite. Un bouleversement symbolisé ici par l’arrivée d’Alma, formidable Vicky Krieps, dans la demeure du créateur. Bruyante, espiègle et pleine de vie, la jeune femme se révèle en effet totalement à l’opposé du couturier, chamboulant sa routine si bien huilée. Pourtant, malgré les disputes et les désagréments, chaque protagoniste semble progressivement trouver un équilibre, amenant la relation à un niveau de complicité pour le moins inattendu.

[Critique] Phantom Thread
A travers cette relation surprenante, le long-métrage traite bien évidemment du rapport à la muse et à la création, ici en perpétuelle évolution, mais également de l’amour, sous une forme que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir sur grand écran, en tout cas pas avec cette qualité d’écriture et de traitement. C’est incontestablement dans cette dimension singulière que réside tout l’intérêt de Phantom Thread. Si Alma réfrène dans un premier temps sa véritable nature, croyant que Reynolds lui sera redevable et qu’elle pourra le façonner à sa guise, elle refuse en effet par la suite de céder devant son inflexibilité, lui montrant, par un jeu de manipulations malsain, à quel point il a besoin d’elle. Un jeu auquel se prête tour à tour chacun des amants, révélant non seulement leur conscience de la situation mais aussi la toxicité de leurs sentiments (pourtant bien réels). Techniquement, le film se démarque également par une photographie élégante et une mise en scène soyeuse, bien que plus classique que les standards de Paul Thomas Anderson. Au rayon des réserves, on regrettera au revanche la durée excessive du projet (plus de 2 heures) et l’omniprésence de la bande originale de Jonny Greenwood, par ailleurs très belle.

Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson signe donc un drame étourdissant sur le rapport à la muse et à la création, mais aussi sur l’amour, dans tout ce qu’il a de plus transcendant et vénéneux. Emmené par un duo d’acteurs flamboyants, superbes Daniel Day-Lewis et Vicky Krieps, le film impressionne par la subtilité de son traitement et la complexité de ses émotions.


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